« En français, ru
signifie « petit ruisseau » et, au figuré, « écoulement (de
larmes, de sang, d’argent) » (Le Robert historique). En vietnamien, ru signifie « berceuse », « bercer ». »
Dans Ru, Kim Thúy nous
raconte son étonnant destin de jeune réfugiée, boat people obligée de fuir son
Vietnam natal pour le Canada. Elle tisse un émouvant patchwork de souvenirs,
les fragments d’une vie vraiment pas ordinaire.
Portée par une écriture fine,
sensible, pleine de tendresse et de poésie, Kim Thúy nous livre une histoire riche en émotions qui va droit au
cœur. Souvenirs tantôt légers et drôles, tantôt graves et douloureux, sensations
provoquées par la profusion d’images, de couleurs, de parfums, d’odeurs ou de
saveurs qui surgissent à la lecture comme au fil de l’eau.
Une histoire qui ne peut pas
laisser indifférent. Je ne trouve pas vraiment les mots comme je le voudrais mais
si j’ai un conseil à vous donner, c’est de vous laisser bercer par la douce
mélodie des mots de Kim Thúy …
Un très beau livre... |
"Si une marque d'affection peut parfois être comprise comme une offense,
peut-être que le geste d'aimer n'est pas universel : il doit être
traduit d'une langue à l'autre, il doit être appris. Dans le cas du
vietnamien, il est possible de classifier, de quantifier le geste
d'aimer par des mots spécifiques : aimer par goût (thich), aimer sans
être amoureux (thu'o'ng), aimer amoureusement (yêu), aimer avec ivresse
(mê), aimer aveuglément (mù quang), aimer par gratitude (tinh nghia). Il
est donc impossible d'aimer tout court, d'aimer dans sa tête."
"Elle était très vieille, tellement vieille que la sueur coulait dans ses
rides comme un ru qui trace un sillon dans la terre. Elle avait le dos
courbé, tellement courbé qu'elle était obligée de descendre les marches à
reculons pour ne pas perdre l’équilibre et débouler la tête la
première."
"On oublie souvent l'existence de toutes ces femmes qui ont porté le
Vietnam sur leur dos pendant que leurs maris et leurs fils portaient
leurs armes sur le leur."
...et un très beau cadeau ! Merci... |
ISBN 978 2 7648 0463 6
145 pages
2009
Je n'ai pas ce livre mais j'ai la théière en fonte, violet foncé. C'est un bon début. Je vais donc me laisser tenter. J'avais déjà lu des avis de Ru mais ne m'étais pas laissée tenter. Il est court ? Je pose la question parce qu'en ce moment je n'ai que des pavés à lire donc je trouve un peu le temps long sur un même livre (aussi sympathique soit-il).
RépondreSupprimerNous voilà cousins de théière ! ;)
SupprimerTrès court, 145 pages mais 145 pages qu'on a envie de lire et de relire...
Et puis la couverture du livre est magnifique !
RépondreSupprimerCe bouquin me fait de l’œil depuis un petit moment, et je crois bien qu'il m'attend à ma médiathèque.
On ressent ton émotion, et puis les extraits choisis de la pure poésie.
Je ne peux que te le conseiller, il devrait te plaire !
SupprimerTon billet est très beau, très touchant... Je n'avais jamais entendu parler de ce livre, il va falloir que je me penche de plus près sur le sujet :-)
RépondreSupprimerMerci Potzi ! Bonne idée oui ! :)
SupprimerJ'ai tellement aimé "Man" du même auteur qu'il faut absolument que je lise celui-là !
RépondreSupprimerEt moi, j'ai tellement aimé celui-ci qu'il faut absolument que je lise "Man" !
SupprimerJe ne connaissais pas du tout, mais évidement je note après une telle chronique!
RépondreSupprimerMerci, j'espère que tu aimeras.
SupprimerQuel beau billet ! Je vais voir si je peux le trouver !
RépondreSupprimerMerci ! J'espère que tu vas le trouver !
SupprimerJe suis fan !!! C'est doux et poétique, je ne le dirai jamais assez ! Cette auteure a une vie incroyable.
RépondreSupprimerDoux et poétique, c'est tout à fait ça ! Quelle vie en effet !
SupprimerJ’arrive ici avec un petit décalage, juste le temps de me réchauffer les mains pour pouvoir appuyer sur les touches et te dire un grand merci pour ce beau billet. Je suis contente que tu l’aies aimé... Je trouve que ses mots pleins de poésie sont à son image : beaux, sincères et sensibles. Si tu voyais en plus comme elle est drôle! Une femme rare que j'adore, et comme il s’en fait peu...
RépondreSupprimer« Il est impossible d’aimer tout court mais il est possible de quantifier le geste d’aimer ». Je trouve que ce sont ces petites touches tendres qui font de ses romans un grand poème…
p.s. : coup de cœur pour la photo du cerisier en fleurs (cherry blossom?) ;-) ^^
Merci à toi pour cette belle découverte et à Kim Thúy pour sa dédicace !
SupprimerUn cadeau puissance deux ! :)
C'est quand même bizarre de boire sa bière dans une théière en fonte... Ne trouves-tu pas ?
RépondreSupprimer"Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse..."
SupprimerJe n'ai pas de théière en fonte, mais plein de variétés de thés et "Ru" sous la main ... Du coup, j'en relis la première page ... Superbe ... d'où vient alors ce sentiment de déception à la lecture de ce roman ? sans doute la comparaison avec une autre très grande écrivaine vietnamienne, Duong Thu Huog, Et le magistral "Terre des oublis".
RépondreSupprimerIl a l'air très bien ce livre, je l'ajoute à mon pense-bête...
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