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mardi 21 mars 2017

Tsunami mexicain - Joe R. Lansdale



Traduit de l'américain par Bernard Blanc

Putain qu’ça fait du bien !

Un bail que je n’étais pas reparti faire un tour au Texas chez mes deux potes Hap et Leonard.

Quand je suis arrivé, Hap venait de sauver la vie d’une gosse qui s’était fait salement tabasser et amocher par un malade. Elle en a même perdu un œil. Terrible. Le hasard a voulu que la môme soit la fille du propriétaire de l’usine de poulet dans laquelle il bosse. Le gars, tellement heureux que sa fille ait survécu, a offert 100 000 dollars à Hap en signe de sa reconnaissance.

Hap a d’abord refusé. Pas son style d’accepter du pognon comme ça. Pis, finalement, il s’est ravisé. Après tout, pourquoi refuser ? Et puis, je crois qu’il avait besoin d’oublier sa rupture avec Brett. Alors  il a décidé de nous offrir un petit voyage.

Du coup, nous voilà partis tous les trois pour une croisière direction le Mexique. Mais alors, comment vous dire, pas le genre La Croisière s’amuse, plutôt la croisière sanglante !

Déjà, les choses ont mal commencé sur le bateau, pas vraiment à la hauteur de nos espérances, et à terre ça s’est pas arrangé. Hap a trouvé le moyen de se dégoter un joli petit lot. Autant elle avait un joli petit cul, autant c’était un vrai nid à emmerdes. Après la croisière, la galère !

Quand on s’est fait attaquer par une bande de tarés, j’ai bien cru qu’on allait y rester. Un truc de malades, de vrais tueurs qui vous dézinguent la tête et réfléchissent après. J’avais l’impression d’être dans un Tarantino, gare aux éclaboussures ! Plus d’une fois, j’ai failli faire dans mon froc. Heureusement Hap et Leonard, en baston comme en amitié, ils assurent !

Bon, je ne peux pas tout vous raconter mais sachez que si  j’ai bien flippé, je me suis aussi bien marré, ils ont toujours de ces conneries à sortir ces deux-là !

Ah, j’m’en souviendrais de cette escapade au Mexique ! Putain qu’c’était bon !

 
Serie Noire
ISBN 978 2 07 030910 8
351 pages
2001/2007
21,50€
 

mardi 9 septembre 2014

Tape-cul - Joe R. Lansdale





Septembre est déjà bien entamé et je ne vous ai toujours pas raconté mon dernier voyage. Direction donc l’East Texas pour une petite visite à mes deux vieux potes Hap et Leonard. Quand je me suis pointé, comme un cheveu sur la soupe, ça chauffait dur. Leonard en avait plein le cul de devoir ramasser les slips sales, jaunes devant et marrons derrière, de Hap qui prenait de plus en plus ses aises. A la décharge de Hap, je crois qu’il était un peu perdu, entre l’envie de se mettre en ménage avec Brett, sa flamboyante infirmière rousse au tempérament de feu, et la peur que ce changement vienne mettre à mal leur relation. Je me suis donc fait tout petit, enfin, autant que faire se peut bien sûr.

C’est justement grâce ou à cause de Brett que la tournure de mon séjour a pris un sacré virage. Apprenant que sa fille Tillie, prostituée de son, triste, état, était retenu plus ou moins prisonnière par un maquereau de la pire espèce, elle était déterminée à la tirer de ses griffes. L’aventure s’annonçait risquée. Impossible de connaitre vraiment les risques encourus sur place ni même si Tillie voudrait sortir des dites griffes. Mais Brett était déterminée et ce que Brett veut, Brett l’obtient. Sacrée bonne femme ! Aucune hésitation pour Hap et du coup, aucune hésitation pour Leonard qui n’est pas du genre à laisser son pote prendre des coups et des risques sans bouger le petit doigt.

On s’est donc tous embarqués en direction de la frontière mexicaine pour une expédition semée d’embuches et de rencontres plus pittoresques les unes que les autres. Un vendeur d’armes dégénéré vivant au milieu de nulle part, des chiens de prairie ou ce qu’il en reste, des tueurs à gages, des tatous, étonnantes bestioles, et surtout un nain aussi insupportable que mémorable du nom de Red. Alors lui, c’est sans la moindre vergogne que je lui aurai bien latté la gueule, quelle plaie putain ! Quel casse-couille ! J’ai connu un nain galeux dans une autre vie, bon OK il n’était pas tout à fait nain mais il était vraiment galeux, au propre comme au figuré, mais ce nain teigneux-là, c’est vraiment l’incarnation de l’abjection… En plus, il est tellement saoulant qu’il m’a plus d’une fois fait trouvé ce périple en sa compagnie bien long.

Bon, vous comprenez bien que si je vous écris, c’est que je m’en suis sorti de toute cette pénible histoire et ce ne fut pas le cas de tout le monde. Mais après un vol en rase motte dans un vieux coucou à la carlingue déglinguée, piloté, mais peut-on parler de pilotage dans son cas, par un indécrottable ivrogne, j’ai tendance à faire dans mon froc rien qu’à l’idée de monter dans un avion.

Et dire que j’ai prévu de retourner voir Hap et Leonard un de ces quatre, rien que d’y penser, j’en ai les boyaux qui se tordent et pas seulement de rire…


Couverture d'une édition originale...



"- Cette nana, elle te tient par le zob.
- Le zob. Les couilles. Le coeur. D'accord, elle me tient, mec."

"On s'endormit enlacés, la télé allumée, et quand on se réveilla en fin d'après-midi, un célèbre animateur tentait d'aider une femme blanche, dans une robe à cinq cents dollars, à vendre son livre sur le pouvoir de l'amour. Elle prétendait que, pour que les choses aillent bien, il suffisait de croire en l'amour - et aussitôt celui-ci imprégnait l'air.
La pollution imprègne l'air, chérie, que tu y croies ou non. L'amour exige davantage d'efforts. Et contrairement à la pollution, il arrive que l'amour disparaisse."

"- Je n'ai rien contre vous, mon ami, mais j'aimerais que vous veniez ici et que vous placiez vos mains contre le mur.
Bill regarda Harman. Herman haussa les épaules.
- Je suppose que quand je serai dans cette position, vous ne me demanderez pas de baisser mon pantalon, n'est-ce pas ? fit Bill.
- Seulement si vous en avez envie, répliqua Leonard."

"On n'eut pas envie de faire l'amour, ce qui signifiait qu'on était probablement en route pour une relation solide. On dormit en ensemble, pelotonnés l'un contre l'autre en chiens de fusil." 
 Faites un tour sur le blog Encore du noir 
dont le billet exprime parfaitement mon ressenti de lecteur.
Et d'autres avis sur Babelio !


ISBN 978 2 07 039877 5
326 pages
1997 / 2002




lundi 18 août 2014

Bad Chili - Joe R. Lansdale





Après mes deux précédentes escapades texanes, bon Dieu qu’il me tardait de retrouver mes deux potes, Hap et Leonard ! Donc profitant de mes vacances, j’ai fait fissa, direction l’East Texas et je peux vous dire que je m’en souviendrai longtemps de ce séjour.

Tout a commencé quand Hap s’est fait attaquer par un écureuil ! Non, non, vous ne rêvez pas, vous avez bien lu, par un écureuil ! Et enragé qu’il était le bestiaux en plus ! Moi qui ai pourtant déjà vu un gars se faire attaquer par une biche homophobe, ça m’a scotché ! Avec Leonard, on n’en croyait pas nos yeux ! Et pourtant, un vrai carnage ! Teigneux l’écureuil ! Mais Leonard a vite trouvé une solution. Radicale la solution, comme souvent avec Leonard.

Évidemment aux States, ils n’ont pas la sécu, comme nous, donc pour se faire soigner et surtout pour la prise en charge par les assurances, c’est le parcours du combattant, Hap en sait quelque chose maintenant. Drôle de système de santé quand même, ça fait relativiser… Bon, en même temps, comme on dit, à toute chose malheur est bon, et il a fait la connaissance d’une infirmière, Brett, une rousse flamboyante au tempérament de feu, une sacrée bonne femme et je crois que ça pourrait bien pas mal marcher entre eux.

Par contre niveau sentimental, pour Leonard, rien ne va plus, c’est fini entre lui et Raul. Il a vachement changé Raul. Comme quoi, on ne connait jamais vraiment les gens. Leonard va en plus se retrouver accuser de meurtre. Une sacrée partie de cache-cache avec la Police qui commence. Je ne vais pas vous en dire plus mais sachez qu’il ne fait pas bon être gay dans certaines de ces contrées reculées de l’East Texas. Et quand comme Leonard, on cumule en étant noir, l’homophobie, on sait ce que c’est ! Par contre, moi qui pensais en connaitre un rayon sur les trous du cul, j’étais bien loin d’imaginer ce que certains sont prêts à vous fourrer dedans… Pour vous faire du bien ou pas !

"Les gays sont plus souvent des cibles que les femmes ou les Noirs. 
La plupart des gens pensent que si un homo prend une raclée, il n'a que ce qu'il mérite."

En tout cas, je ne regrette pas mon voyage. Malgré les grosses frayeurs et les coups pris dans la gueule, je me suis encore une fois bien marré. Hap et Leonard sont vraiment impayables. Et ils s’aiment ces deux-là. Une amitié vraie, y a pas à dire, ça fait du bien. 

Bad Chili, un plat foutrement réussi !



"L'amour étant ce qu'il est, les problèmes ne semblent pas changer beaucoup quand la personne aimée est du même sexe, sauf qu'il y a beaucoup plus de baise. Gays ou pas, les hommes aiment vraiment le cul [...]." 

"- Si t'es une nénette et que t'aimes le sexe, reprit-elle, t'es une pute. si tu ne l'aimes pas, alors t'es frigide. si tu utilises tes charmes pour pouvoir t'envoyer en l'air, les féministes te détestent, et si tu ne veux pas épouser la première foutue grosse queue qui te tire une crampe, les hommes pensent que t'es une emmerdeuse ou alors on revient au premier cas de figure - t'es une pute."

"Je passai à la salle de bains et je me coiffai. N'empêche que j'avais toujours ce bout de melon déplumé. Je n'étais pas idiot au point d'essayer de rabattre les cheveux dessus. Je veux dire, les gars, vous trouvez ça naturel ? Ça revenait à brandir une pancarte annonçant : JE SUIS CHAUVE, ET EN PLUS REGARDEZ COMME JE SUIS CON ! "


Folio Policier 364
ISBN 2 07 030617 8
359 pages
1997 / 2002


lundi 28 juillet 2014

Le Mambo des deux ours - Joe R. Lansdale



Figurez-vous que je n’ai pas tardé à repartir dans l’Est du Texas retrouver mes deux nouveaux potes. Mais si, vous savez bien, Hap et Leonard, enfin Hap Collins et Leonard Pine, le blanc hétéro et le black homo, rappelez-vous ! Ca y est, vous y êtes ?

Eh bien, quelle aventure ! Cette fois, j’ai bien cru qu’on ne s’en relèverait pas… Je m’explique. Tout a commencé quand on nous a signalé la supposée disparition de Florida. Florida, c’est la sculpturale et ambitieuse avocate black qui a eu une liaison avec Hap. Après le décès de l’oncle de Leonard, c’est elle qui s’est chargé de sa succession, c’est comme ça qu’on l’a connu. Quand son nouveau mec est venu nous dire qu’elle n’avait pas donné de ses nouvelles depuis trop longtemps pour que ce soit normal, on a tous eu un coup au cœur. Hap encore plus évidemment.

Il semblerait qu’elle soit partie à Grovetown pour redonner sa légitimité posthume à un type un peu louche, assassiné dans des circonstances encore plus louches. Oubliez Grovetown, comme prochaine destination pour vos vacances ! C’est un bled paumé tel que je croyais qu’il n’en existait plus. C’est la loi du plus fort qui y règne, enfin surtout la loi du plus blanc d’ailleurs. Le Klan avec un K, ça vous dit quelque chose bien sûr ?! Retour vers un passé que j’espérai révolu et pourtant…

Une fois sur place, on a très vite réalisé que la présence de Florida fourrant son nez partout dans cette ville n’avait pas dû être du goût de tout le monde… Quand on est black, on n’est pas le bienvenue dans ce patelin nauséabond. Difficile pour Leonard de garder son sang-froid face à ces sinistres autochtones qui nous ont méchamment fait savoir qu’on devait foutre le camp pour ne plus jamais revenir. Mais ça, ce serait mal connaitre Leonard…

Pour couronner le tout, après ce déferlement de haine et de violence, ce sont les éléments qui se sont déchainés contre nous. Une pluie torrentielle s’est abattue sur ce foutu patelin. J’ai bien cru qu’on allait tous crever dans ce marécage putride... 


Le Mambo des deux ours de Joe R. Lansdale, plus qu’une aventure, une expérience marquante, une expérience unique, même pour une grenouille…

ISBN 978 2 07 037962 0
373 pages
1995 / 2000 

Aller faire un tour sur le blog Encore du noir
où vous pourrez, entre autre, découvrir un passage qui m'a bien fait rire...

Et d'autres billets sur Babelio !


vendredi 25 juillet 2014

L'Arbre à bouteilles - Joe R. Lansdale





Je viens de faire connaissance avec deux types formidables. Deux types qui vivent dans une petite ville paumée de l’Est du Texas. Deux types liés par une amitié indéfectible, une amitié que rien ne semble pouvoir ébranler. Hap Collins et Leonard Pine qu’ils s’appellent. Ah oui, j’allais oublier, Hap est blanc et hétéro, tandis que Leonard est noir et gay. Pas le genre de détails sur lesquels je m’attarde en général mais ici, ça a son importance.

Quand je les ai rencontrés, Leonard venait de perdre son oncle, Chester Pine. Le genre de vieux un poil excentrique qui devait d’ailleurs perdre un peu la boule les derniers temps. Figurez-vous qu’il lui a laissé par testament la somme rondelette de 100 000 dollars, rien que ça ! Comment a-t-il pu accumuler une telle somme ? Mystère… Mais le plus étrange, c’est qu’il lui a aussi légué une flopée de bons de réductions pour des repas dans des pizzérias ou autres endroits du même genre. Quand je vous disais qu’il déraillait le vieil oncle Chester !

Mais j’allais oublier, il lui a aussi laissé sa vielle bicoque complètement délabrée. Oubliez le « home sweet home » du légendaire « american way of life », elle ne tient que « par un grand miracle et deux piquets tout droits » comme dirait Yves Duteil ! En plus, elle est située dans un quartier bien pourri juste à côté d’une « crack house ». Voilà qui nous promet quelques moments mémorables…

On s’est donc mis au travail pour vider la baraque des énormes tas de vieux journaux qui l’encombraient pour la restaurer un peu. Leonard hésitait entre la retaper pour y vivre ou la vendre, vu le voisinage… Quand, pendant les travaux, on a trouvé sous le plancher un coffre contenant le squelette découpé d’un gosse, avec Hap on a commencé à douter vraiment de l’oncle Chester. Les revues pédophiles qui étaient avec, ça a été le pompon ! Mais pour Leonard, impossible de croire que son oncle ait pu faire un truc pareil…

Bon, mais je ne vais pas tout vous raconter, Hap fait ça beaucoup mieux que moi. Le bouquin s’appelle L’Arbre à bouteilles en référence à ce truc bizarre qui trône dans le jardin de la maison de son oncle.  C’est violent, c’est noir, c’est glauque mais c’est bien écrit, c’est cash, c’est direct ! On appelle un chat, un chat et une queue, une queue ! Vous allez voir que Leonard n’est pas du genre à se laisser emmerder et que Hap est toujours là pour soutenir son pote, quoi qu’il lui en coûte et quelques soient les risques. Une amitié sincère et vraie comme il en existe peu ! En plus, ces deux gars sont bourrés d’humour et ont un putain de sens de la répartie, ce qui ne gâche rien ! Par contre, après avoir lu ça, je ne suis pas sûr que vous ayez envie d’aller passer vos prochaines vacances dans l’Est du Texas… 

L’arbre à bouteilles de Joe R. Lansdale, je suis venu, j’ai lu, j’ai survécu…

Mucho Mojo, le titre original...

ISBN 2 07 030059 5
350 pages
1994 / 2000

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