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lundi 16 décembre 2019

La Seizième clé - Eric Senabre


"Du jour où il s'était mis à compter, Oswald avait su que le seize serait pour lui un nombre à part. Un talisman ? Une malédiction ? Après toutes ces années, il hésitait encore." 

C’est toujours un événement pour moi de m’immerger dans l’univers d’Éric Senabre. Entre rêves et réalité, des histoires destinées aux ados, ce que je ne suis plus depuis longtemps, mais qui chaque fois me captivent notamment Le Dernier songe de Lord Scriven ou Le Vallon du sommeil sans fin, deux enquêtes de Banerjee, le fameux détective des rêves.

Au cœur de La Seizième clé, le jeune Oswald qui vit à Hemyock, un incroyable manoir constitué de multiples tours et tourelles, de sombres et sinueux couloirs, de pièces qui semblent s’imbriquer et évoluer au fil du temps.

Éloigné de sa famille au prétexte d’une mystérieuse maladie mais entouré d’une armada de gens de maison, tous plus dévoués les uns que les autres à son bien-être, maître Oswald, comme on l’appelle respectueusement, se consacre essentiellement à sa passion pour la poésie des mots. Une existence de rêve ponctuée chaque année par la rituelle cérémonie d’anniversaire.

La récurrence du chiffre 16 semble marquer son existence et à l’approche de son seizième anniversaire, son petit train-train quotidien va se trouver irrémédiablement bouleversé…


Tout commence dans une ambiance british telle que l’auteur les affectionne. L’arrivée inopinée d’un personnage surgit de nulle part et la découverte d’un étonnant passage secret ajoutent à l’équation et donnent à cette histoire des accents d’Alice au pays des merveilles.

Quand chiffres, poésie, chant, danse et distorsion du temps se combinent pour ajouter au trouble du lecteur attentif, le plaisir est une fois de plus au rendez-vous.


Vous aussi, prenez le temps de tourner La Seizième clé et laissez-vous envoûter par une autre réalité…


Merci à Babelio et Didier Jeunesse !

ISBN 9782278091683
224 pages
2019
15€

mercredi 12 décembre 2018

Le vallon du sommeil sans fin - Éric Senabre


"Un cauchemar, à l'origine, renvoie à une sensation toute particulière. Un état dans lequel on étouffe comme si quelque chose appuyait très fort sur notre poitrine. Généralement, il en résulte une paralysie, partielle ou totale, qui rend la situation plus terrible encore."

Longtemps je les ai attendus et après 2 ans d'attente, enfin les voilà revenus. Qui donc ? Mais Arjuna Banerjee et Christopher Carandini, of course ! le fameux détective des rêves et son assistant, journaliste reconverti. Je les ai rencontrés dans Le dernier songe de Lord Scriven, une enquête finement troussée et à l'ambiance "so british" dont je m'étais régalée.

Ensemble, ils forment un duo à la Sherlock et Watson et cette fois, sont épaulés par la compagne de Christopher, Lenora, qui n'est pas sans rappeler une certaine Mary Morstan, atout charme bienvenu.

Cette fois, ils sont amenés à mener l'enquête dans une station thermale dans laquelle plusieurs personnes se retrouvent plongées dans un sommeil dont rien ne semble pouvoir les tirer, un sommeil sans fin…

Plus incroyable encore, avant d'être réduits à l'état de créatures au sommeil agité par d'effroyables cauchemars, une Ombre aussi oppressante que malveillante se serait jetée sur eux !

Sommeil sans fin, créature démoniaque ou apparition, nos détectives du rêve vont avoir fort à faire pour découvrir quels funestes desseins sont en jeu et plus encore pour démêler le rêve de la réalité et la réalité du rêve…

"[...] le rêve est mon terrain de travail ; c'est une réalité, pour moi, au même titre que l'éveil. En réalité, je n'y mets aucune différence. Ce sont les continuités l'une de l'autre, comme le jour et la nuit."

C'est toujours avec le même plaisir que je retrouve le talent de conteur d'Éric Senabre. L'ambiance "so british" demeure. le duo d'enquêteur est toujours aussi complémentaire, leur complicité faite d'amitié et de respect fonctionne encore à merveille et la touche féminine ajoutée avec le personnage de Lenora ne gâche rien. Si on ne s'ennuie pas une seconde, l'enquête prend son temps, ses méandres sont nombreux et les surprises ne manquent pas dont une de taille, quoique pas si grande mais "Chut !", je ne vous en dis pas plus…

J'ajouterai seulement qu'avec Éric Senabre, le plaisir de lecture est comme Le vallon du sommeil, sans fin !


Merci à Babelio et aux Éditions Didier Jeunesse !

ISBN 978 2 278 08368 2
288 pages
2018
15,90€
 

mardi 14 juin 2016

Sublutetia - 1 - La révolte de Hutan - Éric Senabre



"Les Sublutetiens étaient habitués à vivre de peu, se consacrant au bien de la communauté plutôt qu'à leur propriété personnelle ; ce qu'ils laissaient derrière eux était, de fait, bien plus précieux que des objets. C'était une certaine idée de l'harmonie, du partage, de la vie en communauté qui, là-haut, n'existait que dans les livres." 

Eric Senabre est vraiment un conteur de talent !

Après avoir succombé à l’ambiance nimbée de surnaturel du Dernier songe de Lord Scriven, j’ai poursuivi ma découverte de cet auteur avec son premier roman, Sublutetia. Autre lieu, autre époque, immersion immédiate dans le sous-sol de Paris, claustrophobes s’abstenir !

Tout commence par une banale sortie scolaire. Banale jusqu’à ce que deux élèves, Nathan et Keren, ratent leur rame de métro. S’ils prennent tout simplement la suivante, tout va se compliquer quand ils vont se retrouver là où ils n’auraient jamais dû aller…

De couloirs de métro désaffectés en tunnels aussi sombres qu’angoissants, ils aboutissent encore plus profondément, au-delà même des catacombes, dans une cité secrète, une ville sous la ville, la bien nommée Sublutetia.

Mais leur périple va être semé d’embuches. De la conduite d’une locomotive d’un autre âge, à la rencontre des habitants qui peuplent cette cité, qu’ils comptent bien garder secrètes, en passant par  la confrontation avec une tribu d’orang-outan, bien décidée à défendre son territoire, les rebondissements sont nombreux et l’histoire vraiment prenante.

Une écriture accrocheuse, de belles valeurs mises en avant et un imaginaire fabuleux sont au centre de ce premier tome. La découverte de cette ville et de la vie sous terraine est intrigante et dépaysante. Si on pense bien évidemment à des auteurs comme Jules Verne, ce monde m’a rappelé celui décrit dans la série américaine des années 80 La Belle et La Bête avec cette confrontation entre le monde d’en haut et le monde d’en bas, Surfaciens et Sublutetiens ici.

Hâte de me plonger dans le tome 2 voir si la magie opère à nouveau… 

"Nous savons ce que sont internet, les téléphones portables, mais nous ne les utilisons pas. Et pourquoi ? Parce que nous sommes libres ! Libres ! Vous autres, Surfaciens être devenus esclaves de vos techniques."

ISBN978 2 278 05923 2
282 pages
2012
14€

lundi 23 mai 2016

Le Dernier songe de Lord Scriven - Éric Senabre



« Gentleman cherche secrétaire particulier 
pour surveiller son sommeil.

Se présenter au 30 Portobello Road 
et demander une théière. »

Ex journaliste récemment mis sur la liste noire de toutes les rédactions londoniennes pour avoir trop bien fait son travail et révélé les agissements contestables d’un riche industriel, c’est en répondant à cette annonce pour le moins surprenante que Christopher Carandini va devenir l’assistant de l’étrange Arjuna Banerjee, le détective des rêves.

Banerjee a une particularité, c’est en rêvant qu’il parvient à résoudre les enquêtes qui lui sont confiées. Mais attention, en aucun cas ses rêves ne doivent dépasser vingt-six minutes. Une des tâches premières de Christopher est de veiller à ce qu’il ne rêve jamais plus longtemps mais il n’est pas au bout de ses surprises…

Après quelques menues affaires à la résolution simplissime, les deux hommes vont être confrontés à une étrange affaire, le décès de Lord Scriven, retrouvé vraisemblablement assassiné dans un espace clos. L’énigme s’annonce cette fois plus ardue…

C’est un véritable page turner pour ados que nous livre Éric Senabre avec Le Dernier songe de Lord Scriven. Le duo d’enquêteur fonctionne à merveille. Au fil des pages, la complicité qui se noue entre les deux hommes contribue beaucoup au plaisir de lecture. Toute ressemblance avec un célèbre duo n’est pas purement fortuite, la filiation avec Watson et Sherlock Holmes est assumée par l’auteur.

L’enquête est brillamment menée et réserve son lot de surprises et de rebondissements. L’ambiance british, les rues de Londres, les vieux manoirs, leurs salons feutrés et leurs bibliothèques aux ouvrages reliés de cuir, les maîtres et les valets, tout y est. Ajoutez à cela une bonne dose de surnaturel pour pimenter le tout et vous obtenez une lecture sacrément plaisante.

Un nouveau duo d’enquêteurs est né et je n’ai qu’une hâte, découvrir leurs futures aventures ! 



  Merci à Babelio et aux éditions Didier Jeunesse !
 
"Le 30 Portobello Road abritait une boutique d’antiquaire, au sein de laquelle régnait un désordre très organisé. C’est une spécialité toute britannique que de pouvoir donner une apparence de bazar à un soigneux agencement d’objets. On fait semblant d’entasser, mais en réalité, on dispose de manière réfléchie, on brique ce qui doit briller, on laisse le reste sous une rassurante couche de poussière. C’était un bel endroit, suffisamment grand, qui sentait bon la cire et le bois."

"[...] le temps donne l'apparence du rêve aux souvenirs qu'on aurait cru les plus vifs."  

"Remettez-moi votre arme, monsieur Brown.
- Vos yeux ! Vos yeux ! Qui êtes-vous, espèce de démon ? lança Brown dans un hoquet.
- Peut-être ne suis-je qu'un rêve, monsieur Brown. Quel mal pourrait vous faire un rêve ?"


Le billet qui m'a donné envie de découvrir ce livre sur le blog Petites Madeleines

ISBN 978 2 278 059508
256 pages
2016
14,20€
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