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lundi 9 mars 2020

Alma a adoré - Psychose en héritage - Sébastien Rongier


"En choisissant Anthony Perkins, Alfred Hitchcock amplifie l'identité paradoxale de Norman Bates envisagé des sa nomination par Robert Bloch. En effet, Norman, c'est " nor man" c'est quelqu'un qui n'est ni un homme ni une femme "neither woman nor man", sous la domination d'une femme, sa mère, Norma qui n'est pas véritablement une mère non plus "nor Ma". L'identité de Norman est autant un piège par lequel il attire ses victimes, que l'appât (a bait en anglais signifiant "appât", or de bait à Bates, il n'y a évidemment qu'un pas)."

Existe-t-il film plus iconique que Psychose d’Hitchcock ? Autant d’éléments d’un film devenus de véritables emblèmes de la pop culture ? 

Hitchcock est sans doute un des réalisateurs les plus universellement connus. La scène de la douche est devenue culte, même chose pour la musique angoissante de Bernard Herrmann. Le manoir des Bates inspiré par un tableau d’Edward Hopper est lui aussi connu de tous, véritablement emblème gothique de la maison de l’horreur maintes et maintes fois copiée, jamais égalée.

La notion d’héritage citée dans le sous-titre prend vraiment tout son sens au fil de la lecture. En effet, au-delà de l’analyse du film lui-même, c’est aussi son impact culturel au fil des soixante années écoulées. Par exemple, son influence sur des réalisateurs tels que Brian de Palma, Coppola ou David Fincher. Je me souviens encore mon premier visionnage, il y a des années, de certains films de De Palma comme Body Double et la parenté qui m’avait sauté aux yeux, même parenté que j’ai retrouvée il y a un ou deux ans à peine en découvrant Obsession.

Il évoque évidemment le remake plan par plan de Gus van Sant. Ce qui m’a le plus chagriné dans cette version étant de ne pas y retrouver le fameux manoir Bates d’origine, sans doute l’élément le plus symbolique du film à mes yeux.

Les suites faites à l’original sont également traitées, suites dont une est même réalisée par Anthony Perkins lui-même (se détache-t-on jamais d’un tel rôle ?), de même que la série Bates Motel. Enfin j’ai beaucoup aimé découvrir les différences avec le roman de Robert Bloch dont le film s’inspire et les suites imaginées par le romancier qu’il faut absolument que je lise très vite.

Comme vous pouvez le constater, une lecture aussi réjouissante que passionnante qui m’a encore appris beaucoup sur l’impact de ce réalisateur que j’aime tant. Pour finir, je vous laisse découvrir le lien étonnant entre Psychose et la ville de Perpignan…

Dans Alma a adoré – Psychose en héritage, Sébastien Rongier nous livre un essai captivant sur un film devenu phénomène, une publication Marest Éditeur évidemment !


 
Merci à Babelio et Marest Éditeur !


ISBN 979 10 96535 24 8
176 pages
2019
19,00€

mardi 25 février 2020

Sur ses traces - Thierry Clech


« Je me souviens de la première fois où j’ai vu Vertigo, dans un cinéma du quartier de la gare. Ce devait au début des années 1980. Quel âge avais-je ? Peut-être vingt ans. Peut-être moins. Je ne parviens plus à m’en souvenir précisément. » 

Dans une ville dont le nom n’est pas cité, un homme se réveille après s’être endormi devant son film préféré. Quand il réalise que sa compagne a disparu, Il est à son tour pris de Sueurs froides, titre de ce film d’Hitchcock qu’il visionnait avant de se laisser emporter dans les limbes du sommeil.

Comment a-t-il pu s’endormir ainsi devant ce film qu’il idolâtre pourtant, jusqu’à l’obsession diraient certains, et comment Constance a-t-elle pu disparaître sans laisser la moindre trace ? Un vertige le saisit…

S’en suit alors une déambulation dans la ville sans nom. La neige a tout recouvert de son épais manteau blanc créant ainsi une atmosphère ouatée atténuant bruits et sensations. Comme avançant à demi chancelant dans un long tunnel blanc feutré, le narrateur part à la recherche de Constance.

Tout au long de sa quête, entre suppositions et crainte, des réminiscences de son existence se mêlent aux images du film, à la poursuite éperdue de Scottie, le héros de Vertigo, pour lui aussi retrouver sa chère disparue.

Les silhouettes de Scottie et Madeleine, James Stewart et Kim Novak, hantent notre lecture. Ils nous apparaissent nimbés dans le halo lumineux verdâtre de l’enseigne de l’hôtel Empire à San Francisco ou peut-être est-ce simplement l’enseigne de la pharmacie jouxtant l’appartement du narrateur. 

Sur ses traces, Thierry Clech nous propose un texte aux accents cinématographiques vertigineux, poétique et troublant, l’errance d’un homme ayant peut-être La Mort aux trousses




Le billet de Yann qui m'a donné envie de lire ce livre sur le blog Aire(s) Libre(s) !

ISBN 979 10 96535 25 5
120 pages
2019
12€
 
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