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dimanche 13 janvier 2019

Andy : Un conte de faits - Typex


« - Je veux que tu me promettes que le petit Andy ira à l'université. Qu'il puisse devenir prêtre, ou ce qu'il voudra... Je te le dis, ce gamin sera notre fierté un jour... » 

S’il est un artiste que la démesure n’a jamais dérangé, bien au contraire, c’est sans aucun doute Andy Warhol.

En cela, s’il était encore de ce monde, cet ouvrage, niveau format, ne pourrait que lui plaire. Un roman graphique imposant de 562 pages pour 1,55 kg à la tranche aussi argentée qu’a pu l’être sa perruque sa chevelure, voilà un objet remarquable au sens premier du terme. Il m’a rappelé un autre livre imposant consacré à une exposition de ses œuvres dont j’ai eu l’occasion de parler ICI.

Graphiquement, Typex l’auteur a fait un travail tout aussi remarquable. Une somme de dessins aux couleurs et styles différents selon les 10 différents chapitres découpant la vie de l’artiste, allant d’une enfance presque monochrome jusqu’à l’apogée de l’artiste avec couleurs et dessins imprégnés de l’esprit « pop art ». 10 chapitres pour 10 livres en un comme l’indique la quatrième de couverture. Un travail de titan.

N’espérait pas une monocorde « Ode à Andy », toute à sa gloire et à son génie. Si génie il est, le portrait est sans doute fidèle mais sans concession. Andy Warhol y apparait bien peu sympathique, personnage complexe et complexé mais égocentrique, égotiste, égoïste, indifférent, ne se souciant que de lui-même et de la publicité autour de son œuvre au détriment de son entourage.

Mais une existence aussi riche est forcément passionnante ne se serait-ce que par ses rencontres avec le tout Hollywood ou le gratin littéraire de l’époque, de quoi ravir les amateurs de « name dropping ». 

Enfin, on s’amusera ou s’étranglera, c’est selon, de le voir souvent plus intéressé par la taille de la « queue » de ses interlocuteurs mâles, plutôt que par leur personnalité… 

Andy, un conte de faits, laissez-vous tenter, si le voyage peut sembler long il vaut sacrément le détour, un ouvrage à la (dé)mesure du personnage !!

Merci à Babelio et aux Éditions Casterman !

ISBN 978 2 203 12737 1
562 pages
2018
35€
 

samedi 2 novembre 2013

SuperWarhol

Sous la direction de
Germano Celant

skira
ISBN 88 8491 635 6
540 pages
2003

(Emprunté à la médiathèque)



Mes impressions: 

Artiste de génie, initiateur du Pop Art, Andy Warhol est sans doute un des artistes contemporains dont le travail est le plus connu du grand public. Sa promiscuité avec les stars, son travail sur les séries de portraits de Marilyn Monroe ou Liz Taylor ou ses séries sur les soupes Campbell ont notamment contribué à sa légende.

« Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, regardez simplement la surface : 
celle de mes tableaux, celle de mes films, de moi-même, et ça c'est moi. 
Il n'y a rien derrière. »

Quand je suis tombé sur cet ouvrage imposant à la médiathèque, je n’ai pas hésité longtemps. Pourquoi imposant me direz-vous ? Parce qu’un livre de 30,5 cm sur 30,5 cm, de plus de 500 pages et de près de 5 kilos, je trouve ça imposant moi, pas vous ? Cette somme est en fait le catalogue d’une exposition qui a eu lieu en 2003 au Grimaldi Forum de Monaco. Elle rassemble un impressionnant aperçu de l’œuvre de cet artiste étonnant.

« De toute manière, le sexe est plus excitant sur l’écran et entre les pages qu’entre les draps.
Que les gosses lisent tout cela, et l’attendent, et puis juste avant qu’ils ne plongent dans la réalité,
annoncez-leur qu’ils ont déjà eu le meilleur, et que c’est déjà derrière eux. »

On retrouve bien sûr les sérigraphies les plus populaires dont je parlais plus haut mais également de moins connues tout aussi magnifiques. J’ai beaucoup aimé Elvis Presley, version cowboy, et encore plus celle intitulée The Kiss, représentant Bela Lugosi, dans son rôle le plus célèbre, la bouche entrouverte, s’apprêtant à pénétrer la chair offerte de la gorge d’une pauvre victime blonde, victime figée pour l’éternité. Immortalisé par le vampire, vampirisée par l’artiste à tout jamais… Ou vice versa !

Stars du show-biz, personnalités politiques, produits de consommation courante, anonymes, Mickey Mouse tout y passe. J’ai été surpris par quelques photos d’accidents, troublantes et stylisées à la touche Warhol. Le strass, l’argent, la mort et le sexe, des thèmes visiblement chers à l’artiste.

« J’ai l’air de travailler plus dur que je ne le fais en réalité,
 parce que tous les tableaux sont des copies exécutées par mes assistants
d’après mes originaux, comme dans une usine ;
nous produisons un tableau par jour et une sculpture par jour et un film par jour. »

Certaines photos pleine page sont si sublimes que je n’avais parfois qu’une envie, arracher la page et mettre la photo sous verre, dans un cadre ! Je vous rassure, je me suis retenu.
Des toiles, des photos, des photos extraites de ses films expérimentaux, sa vie, son œuvre. Le tout entrecoupé de citations tirées de ses propos, visionnaires, acerbes, toujours entre provocation, fatalisme ou honnêteté, qui sait ?!

« Plus on en fait, plus on peut gagner d’argent. »


The Kiss


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