« Chaque chose avait quelque part un chez-soi, quelque part une
place bien à elle. Dans un buisson, une orange pourrie qu’il avait
distraitement lancée en l’air s’était écrasée avec un bruit sourd. Le moindre
caillou avait un endroit où il pouvait retomber ! Avait-on le droit de jeter
ainsi un homme dans le grand bazar du monde, sans but, sans le moindre refuge
derrière soi ? »
Un homme rentre de la Grande
Guerre avec deux doigts en moins. Sacré handicap quand on est tisserand. Contre
toute attente, le retour au village se fait plus compliqué que prévu avec la
désagréable impression qu’il faut être mort au champs d’honneur pour être
considéré comme un héros. Pourquoi ne lui montre-t-on aucune reconnaissance
alors qu’il a lutté pour sa patrie ?
Sa nouvelle existence lui fait
finalement regretter sa condition de prisonnier qui le rendait plus heureux.
Là-bas, au moins, on l’appréciait pour son travail à la ferme et il se sentait
utile dans les tâches qui l’occupaient. Il décide donc de prendre la route et
va faire une rencontre qui va changer sa vie à un point qu’il n’imagine même
pas…
Avec La Marche royale, de l’auteur austro-hongrois Andreas Latzko, les Éditions de La dernière goutte nous
proposent un texte fort et
terriblement actuel qui montre les dérives d’un patriotisme ou d’un
nationalisme exacerbé.
Un livre, petit par son nombre de
pages mais grand par sa qualité et sa portée, qui vous accompagnera longtemps
après sa lecture.
L'avis du Texte Libre
ISBN 978 2 918619 35 2
63 pages
2017
10€
