dimanche 19 mai 2019

L'Inconnue de l'équation - Xavier Massé

"Quelques secondes plus tard, elle entendit comme un bruit d'explosion. La pénombre qui régnait jusqu'à présent fit subitement place à un jaillissement de lumière.
Stoppée dans son élan, Mireille comprit avec horreur que la maison venait de s'enflammer."
 

Autant vous le dire tout de suite, commencer ce livre, c’est prendre le risque de ne plus pouvoir le lâcher !

Scène de crime ou accident ? Un couple carbonisé. Leur fils entre la vie et la mort. Seules survivantes, une flic arrivée sur place juste avant le drame et la grand-mère sous le choc. On le serait à moins.

Vient ensuite l’interrogatoire pour les deux femmes. Deux interrogatoires. Deux points de vue. Différents forcément.

Parallèlement, on découvre la vie de cette famille aux revers de fortunes, au pluriel et aux deux sens du terme, assez incroyables.

C’est avec ce roman de la dualité et de la deuxième chance, que j’ai littéralement dévoré, que je découvre l’écriture hyper rythmée de Xavier Massé.

Pour savoir quelle est L’inconnue de l’équation, laissez-vous prendre dans ses filets, vous ne le regretterez pas !

De mon côté, je compte bien lire son premier roman et j’attends le prochain avec impatience. Allez, au boulot !




Retrouvez une interview de l'auteur sur le site Collectif Polar !
 
ISBN 9782372580540
238 pages
2019
 9,99€
 (Livre reçu en service de presse)
 

lundi 13 mai 2019

Si près des étoiles - Kate Alcott


Traduit de l'anglais (États-Unis) par Danielle Momont

"Le bonheur, il faut lutter pour l'obtenir. Et dès lors que vous commencez à batailler pour quelque chose, eh bien, vous avez déjà remportez la victoire. Peu importe l'issue."

 Longtemps avant de lire le roman, c’est par son adaptation que j’ai découvert Autant en emporte le vent. J’ai d’abord aimé Scarlett, un beau personnage de femme déterminée qui n’hésite pas à se servir des hommes, sans se soucier du qu’en dira-t-on. Plus tard, je me suis passionné pour ce film, son tournage épique qui a contribué à sa légende dont documentaires et livres se sont largement faits l'écho.

Quand j’ai découvert que Kate Alcott avait décidé d’en faire le cadre de son dernier roman paru en France aux Éditions de L’Archipel, je me suis empressé de le découvrir.


Dans Si près des étoiles, on suit le parcours de Julie Crawford jeune femme débarquant de son Indiana natal à Hollywood dans l’espoir de devenir scénariste. La route va être semée d’embuches. Nous sommes à la fin des années 30, dans un univers masculin et machiste, où la place de la femme n’est envisagée que dans sa cuisine où dans une chambre à coucher…

Mais c’est sans compter la détermination de la jeune femme qui va entrer dans une équipe de scénaristes de la MGM et surtout devenir l’assistante de Carole Lombard, star maison et accessoirement amoureuse d’un certain Clark Gable. Ce dernier a été engagé pour le rôle de Rhett Butler dans la très attendue adaptation du roman de Margaret Mitchell. Le rôle ne lui plait pas du tout. Il a accepté de signer à l’unique condition que la MGM parvienne à convaincre sa femme d’accepter le  divorce et de le laisser enfin libre d’épouser celle qu’il aime, Carole Lombard.

Coups bas, magouilles et histoires d’amour, bienvenue à Hollywood !

Bon, ne vous laissez cependant pas rebuter par cette petite accroche un brin racoleuse, parce que contrairement à ce que sa couverture peut laisser penser, cette histoire est finalement bien moins « paillette » qu’il n’y parait et c’est tant mieux.

Le mélange entre personnages réels et fictifs est particulièrement réussi. Andy Weinstein, dont va s’éprendre Julia est le bras droit du producteur aux légendaires mémos David O. Selznic. Plus que le film d’un réalisateur, ils vont être plusieurs à se succéder, Autant en emporte le vent est devenu la chose de son producteur, Selznic !

Le contexte historique joue un rôle capital. Nous sommes en 1938/1939, les rumeurs de conflits en Europe grondent. L’antisémitisme est au cœur de cette histoire, tout comme le racisme dont furent taxés le roman et le film qu’il aurait été idiot de passer sous silence.

Enfin, l’émancipation féminine est sans doute ce qui le caractérise le plus. Julia mûrit au fil de l’histoire et va croiser plusieurs femmes qui sauront lui montrer la voie, à commencer par Carole Lombard, personnage sans doute le plus attachant du roman. On referme le livre en regrettant de ne pas la connaitre davantage et avec l’envie de redécouvrir ses films.

Très belle surprise, ce roman se révèle extrêmement documenté. Les amoureux du film y trouveront une foule de détails et d’anecdotes. Outre la légèreté liée au monde du cinéma et à ses stars, on découvre l’envers du décor, les professions de l’ombre et les enjeux souvent bien éloignés du septième art…


Un grand merci aux éditions L'Archipel !


 
ISBN 978 2 8098 2610 4
324 pages
2019
22€

jeudi 9 mai 2019

DVD - Le Retour de Mary Poppins - Rob Marshall (2018)


Je me souviens encore, il y a bien longtemps, quand ma grande sœur me lisait Les Aventures de Mary Poppins. Le nom de sa créatrice, la romancière et journaliste Pamela L. Travers ne figurait pas sur la couverture qui portait simplement la mention « Walt Disney présente ». Le nom de Disney était sans doute déjà bien plus vendeur…

C’était un vieux livre, issu de la bibliothèque rose, qui avait dû lui appartenir. J’adorais qu’on me lise des histoires, ce qui a sans doute développé mon goût pour la lecture. J’écoutais donc religieusement ses paroles. Mais par-dessus tout, je me souviens que je passais ensuite des heures à parcourir les illustrations qui sont encore bien ancrées dans ma mémoire. Cette nanny anglaise, virevoltant de toits en conduits de cheminée avec un incroyable sac à un bras et un étonnant parapluie à tête de perroquet de l’autre, faisait vagabonder mon imagination...

Ce n’est que plusieurs décennies plus tard que je découvris enfin intégralement son adaptation avec Julie Andrews. En ces temps-là, seuls quelques extraits étaient parfois diffusés à la télévision, les VHS n’avaient pas encore fait leur apparition, sans parler des DVD. Pour ceux qui se poseraient la question, non, non, je ne suis pas centenaire ! ;)

https://www.imgrum.pw/

Quand j’ai découvert que la talentueuse Emily Blunt (Le Diable s’habille en Prada, La Fille du train, etc…) avait pris de relais, je me suis précipité pour découvrir ce Retour de Mary Poppins. 

Dans cette suite, les enfants sont devenus adultes. Michaël, qui vient de perdre sa femme, se retrouve seul, si ce n’est la présence de sa sœur Jeanne, pour élever ses trois enfants et cumule les problèmes. Heureusement, tel un ange tombé du ciel, débarque à nouveau Mary Poppins pour d’abord remettre un peu d’ordre et enfin redonner espoir et joie de vivre dans leur maison de famille qui est sur le point  d’être saisie.


Comme le premier, ce film musical signé Rob Marshall (Chicago, Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence, Into the woods…) déborde d’inventivité et de loufoquerie : personnages improbables, chansons à gogo et jeux de mots en tous genres.

Mais ce qui fait sa force, c’est surtout qu’il bénéficie d’un casting de premier choix. Outre Emily Blunt, toujours parfaite même si peut-être un peu plus pince sans rire que Julie Andrews, on retrouve Ben Whishaw (inoubliable Jean-Baptiste de Grenouille dans Le Parfum), Emily Mortimer (parfaite dans The Bookshop) et également Julie Walters (Harry Potter, Mamma Mia ! 1 & 2…) dans le rôle de la gouvernante, Colin Firth dans le rôle du méchant banquier, Angela Lansbury dans le rôle de la vendeuse de ballon et la grande Meryl Streep, pas avare en cabotinage dans celui de la farfelue cousine Topsy.

A noter enfin, un clin d’œil de Dyke Van Dyke qui partageait la vedette du premier avec Julie Andrews.

Une pléiade d’acteurs de talents au service d’un joli film à voir en famille même s’il ravira sans doute davantage les petits et qu’il aurait gagné à être un peu plus court.

Quant à savoir s’il figurera parmi les films comiques 2018 préférés des critiques, je vous laisse aller jeter un œil sur Cinetrafic pour vous faire votre opinion.

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé son esthétique et ses effets visuels assez proches de l’original. Certains plans et scènes nous replongent carrément dans l’ambiance du premier dès le générique, peintures, mate painting et personnages animés y sont pour beaucoup je crois.


Un film Disney DVD
 "En DVD, Blu-Ray, coffret Mary Poppins/Le Retour de Mary Poppins 
et en VOD depuis le 26 avril"

 


  Merci à Cinetrafic et Disney !

Rob Marshall
2018
Avec Emily Blunt,  Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw, Emily Mortimer...
 

lundi 6 mai 2019

La Femme aux cartes postales - Jean-Paul Eid & Claude Paiment - Les blablas du weekend chez Nad & manU (7)


Ça fait bien une éternité qu’on n’a pas blablaté mon sweet kinG ! Qu’est-ce que ça m’avait manquée… Alors « La femme aux cartes postales » ? Tu l’as aimée ? Je me suis tellement attachée à cette Rose et son tragique destin, femme forte et fragile fraîchement débarquée de sa Gaspésie natale pour se retrouver au cœur de la métropole au milieu des années 50. Années où le Jazz est en pleine effervescence. Témoin de ses déambulations, je revisite le Montréal d’autrefois et je suis conquise… J’embarque dans un tramway direction rue Ontario. Je croise le Rockhead Paradise. Et je me surprends à m’exprimer à voix haute : « crisse » ! Rufus Rockhead, ce bon vieux tavernier… Je lève mon verre à sa santé. Et si on s’envoyait une carte postale? 

Si je l’ai aimée ? Je l’ai adoré oui ! Au moins 4 fois que je relis son histoire, elle est tellement attachante cette Rosie avec ses rêves plein la tête. Son envie de quitter son village, ses rêves de scènes, de cabarets et une fois dans la place, sa crainte de passer pour « une habitante ». J’ai aimé cette ambiance pleine de fièvre entre jazz, fêtes et jeux. Et puis cette amusante habitude qu’elle a prise de s’envoyer des cartes postales, comme elle aurait pu religieusement écrire dans son journal intime, comme on alimenterait aujourd’hui son blog ou sa page. Et évidemment, par-dessus tout, j’ai adoré « entendre » cet accent québécois qui me manque tant ! :)

Tu l’as lue 4 fois ? Ah ben mautadine ! J’ose à peine te demander pourquoi… (^^) S’envoyer des cartes postales c’est en effet plutôt amusant, une idée qui ne m’a encore jamais traversé l’esprit. J’pense encore préférer qu’elles survolent l’Atlantique vers les marais à grenouilles. D’ailleurs, à quand remonte la dernière ? Elle doit reposer à l’heure qu’il est dans une boîte aux lettres… carte postale représentant les maisons colorées de la métropole. Rosie les a connues, rue St-Hubert… C’était avant ou après la défaite du maire Drapeau en 57. Je ne sais plus… À cette époque, de grands noms résonnaient dans la ville, Dominique Michel, Guy Lafleur, Pauline Julien. Et ce cher ami, Rufus. Rufus Rockhead… J’me demande si son oreille musicale s’était adaptée à l’accent d’ici ? Bonyeux… j’ai une carte postale à terminer, je te reviens…

*[Rufus Rockhead : Homme d'affaires (tavernier) né en 1899 en Jamaïque. Achète une taverne sur la rue Saint-Antoine de Montréal en 1928 et y crée le plus réputé club de nuit de Montréal qui présente les plus grands noms du jazz, du rythm and blues et de soul tels Oscar Peterson, Billie Holliday, Redd Fox, Ella Fitzgerald, Sammy Davis et Louis Armstrong. Décès en 1981.]

Entre présent et passé, entre quête de soi et quête des origines, elle est touchante et inattendue l’histoire de Rosie. Et en plus de m’avoir fait « entendre » l’accent québécois, elle a fait surgir en moi les couleurs chatoyante d’une vie pas comme les autres, malgré le noir et blanc de ses illustrations. Rosie, une femme belle, incroyable, avec un tempérament de feu, inoubliable, une québécoise quoi ! ;)


Merci à toi, ma Nad aux cartes postales pour ce cadeau 
et pour toutes ces cartes qui mettent du soleil dans ma boite à lettres ! <3




 Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains Blablas de Nad et manU !

ISBN 978 2 923841 92 2
232 pages
2016

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