J’ai adoré me plonger dans ce
petit recueil de poésie pour le moins macabre. On y fait de drôles de
rencontres plus surprenantes et inquiétantes les unes que les autres. Avec le Petit Enfant Huitre qui donne son titre
au recueil bien entendu, mais aussi L’Enfant
Robot, L’enfant avec des clous dans les yeux, La fille avec plein d’yeux, La
Fille Vaudou, L’enfant Brie, L’enfant Momie, certains que l’on retrouve à
plusieurs reprises et beaucoup d’autres encore que je vous laisse le plaisir de
découvrir.
Des enfants très particuliers
mais toujours émouvants sortis de l’imagination lugubre du réalisateur Tim Burton dont les dessins
accompagnent d’ailleurs ces poèmes. J’avais déjà eu l’occasion d’apprécier ses
talents d’illustrateur dans son livre d’Entretiens
avec Mark Salisbury et bien entendu
dans certains de ces films. On y retrouve sa patte qui nous rappelle aussi bien
Les Noces funèbres que Frankenweenie.
Outre l’inventivité géniale de l’auteur,
le vrai plus de ce livre est de nous offrir en face à face la version originale
de chacun des poèmes. On peut y lire les vrais mots de l’auteur ainsi que les
ajustements et apports inhérents à la traduction de poésie. Il me semble
important de saluer le travail du traducteur, l'écrivain René Belletto.
Amateurs de bluettes,
gentillettes et proprettes, passez votre chemin ! Tout l’univers de Tim Burton rassemblé dans un petit chef
d’œuvre de noirceur que j’ai découvert avec bonheur.
La fille qui fixait, fixait, fixait
La fille faite d'ordures
Il était une fois une nénette
qui d'ordures était faite.
Elle était vraiment cracra
et puait comme un putois.
Elle vivait dans le malheur,
voire en noire dépression, peut-être à cause des heures
passées dans les décharges et leurs vapeurs.
Le seul répit dans sa vie, la seule lueur,
lui vint d'un type nommé
Stan, qui était l'éboueur
du quartier.
Il l'aima d'amour pur
et lui proposa l'anneau,
mais déjà elle avait fait le grand saut
dans le broyeur d'ordures.
Il était une fois une nénette
qui d'ordures était faite.
Elle était vraiment cracra
et puait comme un putois.
Elle vivait dans le malheur,
voire en noire dépression, peut-être à cause des heures
passées dans les décharges et leurs vapeurs.
Le seul répit dans sa vie, la seule lueur,
lui vint d'un type nommé
Stan, qui était l'éboueur
du quartier.
Il l'aima d'amour pur
et lui proposa l'anneau,
mais déjà elle avait fait le grand saut
dans le broyeur d'ordures.
L'enfant avec des clous dans les yeux
Un grand merci à Cristina pour ce joli cadeau de Noël !
ISBN 978 2 264 02768 9
123 pages
1998
7,50€

