"Elle rêve de nourritures fantômes. Si on pouvait manger les nuages, les
scintillements sur l’eau, le tremblement des feuilles, toutes choses
disponibles, gratuites."
Une famille comme une autre avec
trois beaux enfants. Les parents tiennent un café, le Balto, lieu de
rendez-vous du village. Mathilde adore son père et fait tout pour lui plaire. Sans
doute pour lui faire oublier le garçon qu’il espérait. Tout semble leur
sourire.
Mais un jour, la tuberculose
frappe la famille. Paulot et Odile deviennent des « tubard ».
L’inconnu, la maladie, la peur de la contagion, tout s’écroule. Comme les amis,
les clients se font rares. Les parents sont envoyés au sanatorium d’Aincourt,
énorme « paquebot » de béton au cœur d’une forêt.
Encore bien jeune, Mathilde va
devoir grandir plus vite que prévu. A la maladie des parents, s’ajoute le bras
de fer avec les services sociaux, la lutte permanente contre la faim, un combat
de chaque instant pour survivre. De petite fille, elle devient le pilier de la
famille. Habitée d’une volonté farouche de s’en sortir, elle se démène pour
tenter de garder un semblant d’unité à la famille et ce ne sont pas les
épreuves qui vont manquer…
On retrouve dans cette histoire
des thèmes communs à l’impressionnant Kinderzimmer,
des corps en souffrance et l’enfermement sous de multiples formes. Au-delà de
l’histoire douloureusement touchante et d’un beau personnage féminin, je garde avant
tout de cette lecture le plaisir de retrouver la plume sensible de Valentine Goby, mélange de concision et
de précision, le sens du mot juste.
Avec Un paquebot dans les arbres,
c’est encore un poignant portrait de femme que nous offre Valentine Goby !
ISBN 978 2 333 06648 2
267 pages
2016
19,80€


