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jeudi 2 avril 2015

Le Loup qui mangeait n'importe quoi - Manu Larcenet & Christophe Donner




C’est l’histoire d’un loup affamé un peu crétin.
Prêt à manger tout ce qu’il croise sur son chemin.
Une histoire en rimes et souvent alexandrins.


Il était une fois une histoire qui devrait ravir les plus petits. Une histoire dans laquelle Christophe Donner emprunte les codes traditionnels des fables et des contes pour mieux les détourner et pour mieux s’en amuser. Il était une fois un loup tellement affamé qu’il est prêt à dévorer tous les animaux et les enfants qui vont croiser son chemin sans réfléchir aux conséquences pour ses victimes ou pour lui-même. La petite dose de frayeur inhérente aux contes et bien présente mais elle est largement contrebalancée par le côté un peu scatologique de l’histoire. En effet, on parle ici de rots, de pets et de doigts dans le nez, de quoi ravir et faire rire les jeunes lecteurs.

Au niveau des illustrations, c’est d’abord dans le personnage du loup qu’on reconnait bien l’univers de Manu Larcenet. Ensuite on appréciera le travail sur les fonds, les ombres, les couleurs qui semblent parfois été griffées, projetée, et la symbolique des grosses taches rouges presque toujours contrebalancées par la douceur d’un délicat petit oiseau. Une alternance d’émotions et de sensations se dégage et fait de cet album jeunesse une vraie réussite à côté de laquelle il serait vraiment dommage de passer.

Le Loup qui mangeait n’importe quoi de Donner et Larcenet, une histoire à dévorer !



"Le porc, tremblant de peur face à son bourreau,
Lâcha un pet, deux pet, et ce fut un de trop.
-Ah, ça ! fit le loup, c'est pire que du camembert !
Loin de la porcherie et de tes congénères,
Du pourceau, du goret, tu gardes les manières."

ISBN 978 2 7404 3108 5
32 pages
2013
14,50€

jeudi 22 mai 2014

Blast - 4 - Pourvu ques les bouddhistes se trompent - Manu Larcenet




Un ciel aussi lourd que noir comme une chape de plomb qui s’abat sur la ville… Dès sa première planche, Manu Larcenet annonce la couleur, le quatrième et dernier opus de Blast sera noir, très noir…

L’interrogatoire, ou plutôt le récit, de Polza Mancini se poursuit face aux deux policiers jusqu’à un final sidérant. On apprend enfin toute la vérité sur les destins de Polza, Carole et son père. Pour le meilleur et pour le pire. Des personnages à la psychologie étonnamment riche avec chacun leur part de souffrance et de noirceur.

Graphiquement, il fait aussi très fort, avec une œuvre surprenante, variée et surtout novatrice. Dessins, ombres chinoises, dessins d’enfants, jaillissements de couleurs, collages, noirs… Sa grande force est aussi de faire cohabiter d’une case à l’autre, une scène champêtre, un oiseau, un insecte, avec une scène d’une violence inouïe, un meurtre, une mare de sang…

Je ressors de cette aventure une fois de plus totalement conquis par l’immense talent de Manu Larcenet qui se joue de nous avec un indéniable talent et nous livre ici un roman graphique à la noirceur éblouissante !

Vous n’avez désormais plus qu’une seule issue, vous laisser emporter par le blast…



ISBN 978 2205 07273 0
202 pages
2014

D'autres avis sur Babelio
Mes billets sur les tome 1 et tome 2



mercredi 18 septembre 2013

Le retour à la terre - 3 - Le vaste monde

Jean-Yves Ferri
Manu Larcenet

Poisson Pilote
Dargaud
ISBN 2 205 05625 5
48 pages

(Acheté sur Priceminister)


Mes impressions 

Karoutcho les gens !

Grandes nouvelles aux Ravenelles, ça y est Mariette est enceinte. Manu va être papa. Dingue non ? N’allez pas croire que toutes ces questions et ses angoisses existentielles aient disparu pour autant, ce serait mal connaitre notre auteur de « dessin animé » préféré. Mais qu’est-ce que je raconte moi ? Les habitants des Ravenelles me déteignent dessus on dirait ! Je voulais bien sûr écrire notre auteur de bande dessinée préféré, j’ai nommé Manu Larssinet.

C’est donc plongé dans la lecture intensive du célèbre J’attends un enfant de Laurence Pernoud qu’on le retrouve, totalement absorbé par son sujet, tel un théologien étudiant la Bible avec passion. Il se lève, mange et se couche avec Laurence Pernoud, si je puis dire. L’angoisse de la naissance du bébé, le chemin pour aller jusqu’à la maternité, le choix du prénom, tout y passe, avec humour et tendresse bien sûr. 

"-Tu parais anxieux, Manu…

-Bien sûr que je le suis ! Je n’ai jamais été père, encore !

-Dis donc ! Parce que j’ai déjà été mère, moi, peut-être ?!

-Mais Mariette, ça n’a rien à voir !! Vous, les filles, vous avez un terrible instinct maternel ! Alors que nous les hommes, nous ne sommes, au fond, que des enfants… Tu parais anxieuse, Mariette…" 

Pour le reste, si de nouveaux personnages font leur apparition, tous les personnages récurrents de la série sont là, le Maire, l’ermite, plus déjanté que jamais, Hector et Esope et bien entendu ma préférée, la seule et l’unique, l’inénarrable mémé Mortemont. Toujours un mot pour faire plaisir ou faire frémir, c’est selon, mais pour me faire rire, ça c’est à chaque fois.

Un volume encore meilleur que les précédents. La mise en abyme poussée à l’extrême est une réussite, totalement jubilatoire notamment quand on voit Ferri, le scénariste, débarquer avec le premier volume de leur nouvelle série Le Retour à la terre, narrant le quotidien un peu décalé de Manu aux Ravenelles. 

"Dites donc vous l’avez pas ratée, là, la mémé au foulard !" dixit la mémé Mortemont… Tout simplement désopilant.

Le retour à la terre, le vaste monde, à découvrir sans perdre une seconde !




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Ferri & Larcenet

 

dimanche 15 septembre 2013

Le retour à la terre - 2 - Les projets

Jean-Yves Ferri
Manu Larcenet

Poisson Pilote
Dargaud
ISBN 2 205 05732 4
48 pages

(Acheté sur Priceminister)


Mes impressions: 

Bien acclimatés à la vie au grand air, sain et pur des Ravenelles, Mariette et Manu décident qu’il est temps de penser à faire un bébé. Enfin, Pour être exact, c’est surtout Mariette qui y pense. Manu, lui, pense plutôt à faire un…potager ! Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas encore demain que les envies de maternité de Mariette vont être comblées.

Ce n’est pas qu’il n’aurait pas envie mais plutôt que l’idée le terrorise. Un enfant ? Alors qu’il ne se sent pas vraiment lui-même adulte, quelle horreur !!… Quand en plus la très avenante mémé Mortemont s’en mêle, avec toute la délicatesse et la diplomatie qui la caractérise, il élude, fait mine de ne pas comprendre mais intérieurement, c’est la panique ! Enfin pour lui, parce que pour nous c’est vraiment hilarant.

Manu est toujours le même, plein de doutes, en perpétuel questionnement, avec son côté trouillard amusant et ses petites lâchetés attendrissantes. Quant à ses confrontations avec les gens du cru, M. Henri ou le Maire, elles sont épiques. Si elles ne vous arrachent pas le moindre sourire, je ne peux plus rien pour vous. Moi, en tout cas, j’adore !

Le retour à la terre, les projets, du très bon Larcenet !




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dimanche 28 juillet 2013

Blast - 2 - L'évangile selon Saint Jacky

Manu Larcenet

Dargaud
ISBN 978-2-205-06759-0
204 pages
2011

(Acheté Espace Culturel Leclerc)



Quatrième de couverture:

Je mens. Je mens toujours. Je dis que je ne me souviens de rien, que je suis né du matin. Je dis que je comprends, qu'à votre place, sans doute, j'aurais ri aussi. Je mens pour un peu de repos, d'indulgence, pour le pardon de ma dissemblance. Je mens aussi pour ne pas vous massacrer à mon tour. 

Je mens toujours car, en réalité, je me souviens de tout.

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Mes impressions: 

Ce deuxième volume s’ouvre sur une triste nouvelle, les policiers sont en effet alertés du décès de Carole Oudinot, victime présumée de Polza Mancini. On ignore toujours ce qui lui est réellement arrivé et même s’il a véritablement quelque chose à voir avec son destin tragique. La garde à vue continue pour Polza qui reprend le récit de ses errances, de ses souffrances, de ses délires, de ses plaisirs. Il tire indéniablement une certaine jouissance à s’exposer ainsi face aux deux policiers même s’il a parfois conscience de les dégoûter et qu’il partage leur dégoût. Son vagabondage va lui faire croiser la route d’un autre marginal, le fameux "Saint Jacky", une rencontre pour le moins mémorable…


De la difficulté de s’accepter quand on se sent, quand on est pachydermique ? Accepter le regard des autres ? Accepter les autres ? Devenir un pachyderme pour se protéger du monde extérieur ? S’oublier derrière sa propre carapace de gras pour mieux tenir les autres à distance ou du moins essayer... Et bien d’autres questionnements encore sur la différence, le sens de la vie, ce que l’on est, ce que l’on veut… Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre comme dirait l’autre…

Le plus étrange dans cette lecture, ce sont les questions qui nous assaillent. Qui est vraiment Polza ? Qu’a-t-il vraiment fait ? Qu’est-ce qui l’a vraiment conduit à choisir cette vie marginale ? Pourquoi cette recherche éperdue du Blast ? Qu’est-ce qui se cache derrière ce qui est dit et surtout derrière ce qui est tu ? Où Larcenet veut-il nous emmener ? Mystères, secrets, haine de soi et des autres, fantasmes, divagations, hallucinations, non-dits…

Le plus surprenant, c’est qu’on adhère, on veut savoir, on veut comprendre, on aime ça et on en redemande. Larcenet nous tient et semble ne plus vouloir nous lâcher…Je referme donc ce livre avec beaucoup de questions en tête mais au moins une certitude, je lirai la suite !






Citation:

"Vous êtes sans doute de ceux qui ne se soûlent qu'à la communion du petit neveu ou au remariage de tata Jacqueline...vous pensez qu'en émoussant votre sens ou votre illusion contrôle, l'ivresse vous diminue...c'est une erreur...
L'ivresse n'est pas un asservissement, c'est une libération...c'est le seul moyen de se connaître sans se faire peur."

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dimanche 30 juin 2013

Blast 1. Grasse Carcasse

Manu Larcenet

Dargaud
ISBN 978 2205 06397 4
204 pages
2009

(Lecture partagée avec Cristina)


Quatrième de couverture:

Je pèse lourd. Des tonnes. Alliage écrasant de lard et d'espoirs défaits, je bute sur chaque pierre du chemin. Je tombe et me relève, et tombe encore. Je pèse lourd, ancré au sol,écrasé de pesanteur. Atlas aberrant, je traîne le monde derrière moi. Je pèse lourd. Pire qu'un cheval de trait. pire qu'un char d'assaut.

Je pèse lourd, et pourtant, parfois, je vole.

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Mes impressions: 

Polza Mancini, 38 ans, plus ou moins écrivain, est en garde à vue. Il est interrogé pour que soit faite  la lumière sur… Sur quoi au juste d’ailleurs ? Un acte commis à l’encontre d’une certaine Carole mais quel acte exactement, le mystère demeure…



L’homme dérange parce qu’il dénote. Il est obèse, monstrueusement obèse. La différence dérange, c’est bien connu. Mais que cache cette énormité choquante, dérangeante ? Qu’est-ce qui peut  pousser un individu à vouloir disparaitre sous une telle chape de gras ? Pourquoi s’infliger ça ? Quel peut-être ce mal, ce désespoir qu’il contient sous cette carapace éléphantesque ?

Les policiers tentent de le faire parler, de comprendre, mais font-ils le poids pour mener l’interrogatoire face à ce  suspect au physique et à la personnalité hors normes ?…

Son récit nous permet de découvrir son existence marginale, ses déambulations, ses errances. Un univers sombre, tragique, désespéré, peuplé de personnages protéiformes, de gueules cassées, d’individus en marge, abimés par la vie. Et bien sûr, il est question du blast…

Manu Larcenet nous livre un récit et des dessins déroutants, oniriques, désenchantés, entre poésie et tragédie,  transcendés par une atmosphère sombre, beaucoup de noirs et de gris, mais qu’il parvient à ne jamais rendre totalement pesante ou désespérante. Contre toute attente, il nous ferre, l’empathie fonctionne et une seule envie nous habite, se jeter voracement sur la suite.

Blast de Manu Larcenet, comme une explosion de sentiments entremêlés…
 


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Citation:

"- Je ne le sens pas ce type...
- Pourquoi ?
- C'est toute cette graisse qu'il se trimballe...ça...ça me dégoûte... T'as pas vu ?! Ça ballotte dessous ses bras... Je suis sûr qu'il a des seins, tiens ! Arh ! Rien que d'y penser... Arrête de rigoler ! tu te rends compte à quel point il faut se détester pour s'infliger ça ?!"



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