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samedi 7 juin 2014

Il a jamais tué personne, mon papa - Jean-Louis Fournier





Dans Il a jamais tué personne, mon papa, Jean-Louis Fournier laisse la place au petit Jean-Louis qu’il a été pour nous parler de son papa. Un papa bien original. Un papa docteur. Un papa très aimé par ses patients. Un papa qui ne fait pas payer ses patients les plus pauvres. Ou qui se fait payer en cadeaux de toutes sortes et aussi en verres d’alcool… Eh oui, le papa de Jean-Louis est alcoolique. Et à l’école, ses petits camarades ne se gênent pas pour lui faire remarquer. Les enfants sont souvient bien cruels entre eux et que dire des adultes… 

« Le pire, ça a été à la fête de l’école, le jour où la maitresse est venue vers moi, pas contente, et m’a dit : « Jean-Louis, je vous avais demandé de vous mettre en dimanche. »

J’ai pas osé répondre que j’étais en dimanche. » 

Ce n’est pas drôle tous les jours à la maison. Papa boit trop, ne ramène pas assez d’argent pour subvenir aux besoins de la famille. Maman est souvent fâchée à cause de lui. Alors ils se disputent. Parfois, Jean-Louis a même un peu peur de lui. Le papa de Jean-Louis, c’est un peu Dr Jekyll et Mr Hyde et Mr Hyde, il lui fait très peur…

En plus, Jean-Louis a souvent l’impression que son papa ne l’aime pas vraiment et se demande bien pourquoi…

Impossible de ne pas être touché par les mots d’enfants du petit Jean-Louis Fournier devenu grand et qui après les douleurs et les terreurs a su ici rendre un bel hommage à un papa trop tôt disparu en mêlant souvenirs, regrets et un humour dont lui seul a le secret. 

« Mon père est mort à quarante-trois ans, j’avais quinze ans.

 Aujourd’hui, je suis plus vieux que lui.

Je regrette de ne pas l’avoir mieux connu.

Je ne lui en veux pas. » 

J’ai encore une fois trouvé cet émouvant petit livre dans un de mes vide-greniers du dimanche matin. J’ai eu le plaisir d’y découvrir une dédicace qui ne m’est évidemment pas destinée mais qui à elle-seule résume parfaitement le destin de ce papa hors-norme : 

« Il n’a jamais tué personne, mon papa,

sauf lui

avec préméditation.

Amicalement.

Jean-Louis Fournier »




 ISBN 978 2 253 14867 8
151 pages
1999

mercredi 16 janvier 2013

Ça m'agace ! - Jean-Louis Fournier





Quatrième de couverture:

Il y aura toujours une mite dans ma commode, un moustique dans ma chambre, un camion devant moi, un serveur vocal pour me répondre, un humoriste qui ne me fait pas rire. Et un désespéré pressé, pour se jeter sous mon TGV. Je ne serai jamais content. 
                                                                                                                                  Jean-Louis Fournier

Prix Femina 2008 pour Où on va papa ?, Jean-Louis Fournier est l'auteur de nombreux livres dont Grammaire française et impertinente, Mouchons nos morveux, Mon dernier cheveu noir et Veuf. Il est l'interprète des adaptations de ses livres au théâtre du Rond-Point. 


Mes impressions: 

Ça m’agace ! Un titre prometteur quand il est signé Jean-Louis Fournier, auteur dont j’apprécie tant l’humour pince sans rire.

Il met en avant ici tous ces petits agacements du quotidien, ces petits riens qui nous irritent sans véritablement nous gêner  mais qu’on ne peut généralement s’empêcher de mentionner.

C’est parfois très drôle, parfois un peu moins mais toujours assez juste et on sourit encore plus quand il nous arrive de se reconnaitre dans ces agacements.

Par exemple, le musicien dans le métro qui joue tellement faux qu’on lui  donnerait volontiers de l’argent pour qu’il cesse sa pollution sonore qui nous agresse les tympans. Eh bien, je peux vous dire que je l’ai vécu cet agacement !

Et ce moustique qui s’obstine à me tourner autour alors que la seule chose que je veux, c’est dormir ? Et ces pigeons qui me gratifient de leurs fientes ? Et les gens qui laissent le moteur de leur voiture tourner pour rien si ce n’est le plaisir de polluer notre environnement ?

Vous, je ne sais pas mais moi, ça m’agace !

Un grand merci à Cristina pour cet excellent choix. 


Jean-Louis Fournier


Extraits: 

"Un vrai humoriste ne rit pas, il fait rire. Le public, qui n'est pas aussi bête qu'il le pense, n'a plus besoin de rire si l'humoriste a ri avant lui. En riant, il commet une faute professionnelle."

"L'ingénieur qui a conçu la poubelle à roulettes a dû se poser la question suivante: comment faire le plus de bruit possible avec une poubelle ?"

"Les plus dangereux pour la jeunesse sont les vieux cons."   


Éditions Anne Carrière
ISBN 978 2 8433 7504 0
189 pages

(Offert pour la nouvelle année par une belle moursoise)

mercredi 9 janvier 2013

Pas folle la Noiraude - Jean-Louis Fournier & Gilles Gay






Quatrième de couverture:
-Allo, bonjour docteur, la Noiraude à l'appareil.
-Bonjour la Noiraude, qu'est-ce qui ne va pas encore ?
-Pourquoi parle-t-on de la maladie de la vache folle ?
-C'est un nom qu'on a trouvé comme ça, c'est plus court.
 Et puis c'est plus sympathique qu'encéphalite spongiforme bovine.
-On ne pourrait pas trouver plus court et plus sympathique encore ? 
"La maladie de l'homme fou", par exemple.
-Qu'est-ce que vous voulez dire ?
-Ce ne sont pas les vaches qui sont folles, 
ce sont les hommes.

L'avis d'Anthony :


Pas folle la Noiraude ! Elle a troqué son téléphone en bakélite noire contre un portable dernier cri. Elle a mis ses tenues d’antan au clou pour arborer un bikini affriolant ou encore une nuisette en léopard. 

Pas folle la Noiraude ! Elle est à la pointe de l’écologie, du développement durable, s’inquiète des OGM, des dioxines, de l’encéphalite spongiforme bovine, autrement dit la vache folle…

Pas folle la Noiraude ! Elle a même pris du poil de la bête, elle se rebiffe contre le genre humain qui malmène lamentablement notre planète. « Les hommes deviennent fous » dit-elle. Le monde va à vau-l’eau et nous serions même un peu « con » sur les bords… Si, si, vous avez bien lu, la Noiraude nous traite de cons… Vraiment, où va-t-on ?

Pour ma part, je préférai cette bonne vieille Noiraude dans le rôle de l’éternelle insatisfaite que dans celui de la militante engagée, la frondeuse, l’indignée qui donne des conférences altermondialistes en marge du sommet du G8.

Evidemment, cette Noiraude-là s’adresse aux lecteurs qui sont censés avoir grandi depuis les premiers épisodes de 1978, mais le lecteur que je suis n’adhère pas à sa nouvelle vocation un tantinet moralisatrice. Ce que j’aimais dans les vieux épisodes, c’est qu’elle parlait à l’enfant qui sommeille en moi. Et cet enfant-là n’a pas retrouvé la magie des deux premiers opus…

La Noiraude reste malgré tout mon bovidé préféré : un peu vache la Noiraude !
   
                                                                                                                                                   

 
Stock
ISBN 978-2-234-05364-9
95 pages

(acheté sur www.priceminister.fr)

lundi 29 octobre 2012

Encore la Noiraude - Jean-Louis Fournier & Gilles Gay




Quatrième de couverture:

 -Allô, bonjour Docteur, la Noiraude à l'appareil.
 -Encore la Noiraude... 
-Docteur, pourquoi vous avez dit encore la Noiraude ? 
-J'ai dit encore ? 
-Vous avez dit encore en soupirant. 
-J'ai dit encore comme on dit...j'en veux encore. 
-Ah, vous me rassurez. Ça veut dire qu'on en redemande, 
que tout le monde en veut de la Noiraude ?
 -Là, faut peut-être pas exagérer. 
-Dommage, c'était trop beau...


L'avis d'Anthony :  

Encore la Noiraude ? Encore cette grosse vache ? Je vous entends déjà maugréer...

Eh bien, détrompez-vous, je dis enfin la Noiraude. Elle revient plus incisive et déroutante que jamais. Ses appels téléphoniques confinent au harcèlement: "Docteur, qu'utilisez-vous pour enfiler vos chaussures ?" ou encore "Et le manteau de votre femme, il est en peau de quoi ?" Elle prétexte même un sondage impromptu pour arriver à ses fins: "C'est pour un sondage Docteur, aimez-vous le pot-au-feu un peu, beaucoup, passionnément ?"

Pendant que notre bovidé préféré semble se "rebeefer", son généraliste reste la patience "incarnée": "Bonjour la Noiraude, qu'est-ce qui ne va pas encore ?" Qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Mais rien ne va, pardi ! Elle n'a plus envie de ruminer parce que ça l'énerve... Elle se voudrait sans corne parce que ça fait biche... Et elle se sent persécutée par les chasseurs.

Vous ne pouvez pas comprendre, elle se pose des questions métaphysiques: "Faut-il que je continue toute ma vie de grosse vache à marcher à quatre pattes sans voir le ciel ?" La Noiraude est mal dans sa peau, voilà tout et se dit "qu'il vaut mieux être une grenouille qu'une vache malheureuse".

En tout cas moi, je suis très heureux d'avoir découvert Encore la Noiraude et j'attends la suite avec impatience.

A bientôt la Noiraude !
                                                                                                                                             
 

Jean-Louis Fournier, Gilles Gay et la Noiraude bien sûr !


Stock
ISBN 2-234-05266-1
95 pages

(acheté sur www.priceminister.fr)







mardi 16 octobre 2012

La Noiraude - Jean-Louis Fournier & Gilles Gay









Quatrième de couverture:

- Allô, bonjour Docteur, la Noiraude à l'appareil.
- Bonjour la Noiraude, qu'est-ce qui ne va pas encore ?
- Docteur, c'est affreux, on publie un livre sur moi.
- C'est très bien, la Noiraude ! Il est temps que les lecteurs vous découvrent.
- Oui, mais ils vont découvrir mon coeur de biche qui bat
 au milieu de mes rumsteaks, et ils vont se moquer.
- Au contraire, la Noiraude, 
ils vont vous aimer encore plus...


Mes impressions: 

Est-ce que ça flotte une vache ? Que faire contre les mouches ? Combien faut-il compter de moutons pour s'endormir ? 
Qui donc peut se poser des questions pareilles ? C'est la Noiraude à l'appareil ! 

Ce pauvre bovidé un tantinet neurasthénique et fort susceptible rumine des idées noires quand il se fait traiter de "grosse vache". Naïve, la Noiraude subit sans broncher les méchancetés de Blanchette. Hypocondriaque, elle appelle son vétérinaire pour un oui ou pour un non. Alors, elle aspire à autre chose, elle rêve de quitter le plancher des vaches, de nager la brasse papillon, de s'appeler Gisèle. En fait, elle voudrait être une biche.

Vous avez dit ringarde la Noiraude ? Has been ? Pas du tout ! Elle n'a pas pris une ride. Elle est même en avance sur son temps: elle voyage en Inde et en Amérique, elle lutte contre la corrida, elle fait un bébé toute seule.
Sacrée vache la Noiraude !
                                                                                                                                                (Anthony)



 "Allô, Docteur, la Noiraude à l'appareil."
  
Stock
ISBN 223405172.X
94 pages

(acheté sur www.priceminister.fr)

samedi 18 août 2012

Où on va, Papa ? - Jean-Louis Fournier




Quatrième de couverture:

"Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. [...] Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre. Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. [...] Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux.
Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle.
Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire.
Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien. J'espère quand même que, mises bout à bout, toutes leurs petites joies auront rendu le séjour supportable."
                                                                                                                                            J.-L. F.

Cette longue lettre d'amour, légère et touchante, ne trouvera jamais ses destinataires.C'est une chance de la lire à leur place. (Camille Tenneson, Le Nouvel Observateur)                                                                                        

Une remarquable leçon de vie, sans mélo ni pathos. (Marianne Payot, L'Express.)

                                                                                                             .
Prix Femina 2008


Mes impressions:


Un malheur n’arrivant jamais seul, ce n’est pas un mais deux enfants handicapés que va avoir Jean-Louis Fournier.
Après la stupeur, l’accablement et parfois la honte qui vont le ronger, après avoir plus ou moins tu leur existence, il va choisir l’humour pour exorciser sa douleur. 

« Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une 
patience d'ange, et je ne suis pas un ange. »

Complice de Pierre Desproges qu’il évoque d’ailleurs dans son livre, il va comme lui faire preuve d’un humour noir particulièrement grinçant. Pince sans rire, il suscite parfois des réactions d’effroi de  ses interlocuteurs. Par exemple de la part de Josée qui s’occupe de ses enfants. La scène avec la ventouse est particulièrement hilarante.

C’est toute sa tristesse, sa déception et ses regrets de père n’ayant jamais réellement pu communiquer, au sens traditionnel du terme, avec ses enfants que l’auteur exprime ici. Il est délibérément dans la provocation, il veut susciter les réactions et y parvient sans mal. Il n’hésite pas non plus à en faire parfois un peu trop, le propos n’est pas ici de faire pleurer dans les chaumières. Au contraire, pas de simagrées mais du parler vrai.

 « Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse. Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague. L'air dégagé et souriant, je m'offre le luxe de dire : "Les enfants handicapés, j'ai déjà donné." »

Prendre ce livre au premier degré serait un écueil que certains n’ont pas évité au vu de quelques critiques outragées.

Pour ma part, ce livre m’a ému, touché et amusé souvent. Un livre qu’il faut avoir lu, une écriture simple, concise, efficace sans fioriture.

« Un livre que j’ai écrit pour vous. Pour qu’on ne vous oublie pas, que vous ne soyez pas seulement une photo sur une carte d’invalidité. Pour écrire des choses que je n’ai jamais dites. »

La plus belle des déclarations d’Amour d’un père à ses enfants… 


Jean-Louis Fournier


Un autre regard:

En réaction à ce livre dans lequel elle n'a pas toujours forcément reconnu ses enfants, leur mère a crée un site dans lequel elle donne sa version de leur histoire.

On y apprend que Jean-Louis Fournier semble aussi parfois manquer d'humour.

Douleur contre douleur ?...

Pour découvrir ce site, cliquez ICI

Le Livre de Poche N° 31708
ISBN 978-2-253-12784-0
145 pages

(échangé via www.pochetroc.fr)

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