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mercredi 25 février 2015

Un Ours en hiver - John Yeoman & Quentin Blake

Traduction de Camille Fabien




C’est au hasard d’une vente de livres d’occasion que je suis tombé sur ce livre jeunesse. Publié originellement en 1969 mais seulement en 1988 en France, Un Ours en hiver de John Yeoman bénéficie des illustrations de Quentin Blake et c’est ce qui a retenu mon attention. Même si le nom ne vous dit rien, vous le connaissez forcément, Quentin Blake est, entre autre connu, pour avoir illustré les livres de Roald Dahl. De plus, j’ai déjà pu apprécier le duo à l’œuvre par le passé dans Allez, les oiseaux ! que j’avais beaucoup apprécié. Je ne pouvais donc pas passer à côté.

L’ours ne le sait pas encore mais il est observé. Le cochon, la poule, l’écureuil et le hérisson se demande ce qu’il peut bien fabriquer en cette fin d’été. Il ramasse des branchages, des feuilles et de la mousse bien épaisse. Les quatre amis finissent par aller le questionner et l’ours leur montre un plan. Un plan ? Oui, le plan de sa future maison dans laquelle il va pouvoir paisiblement passer l’hiver.

L’ours se fait railler. Mais une fois l’hiver venu, la morsure du froid et le vent glacial laissent les quatre amis totalement désemparé, ne sachant comment faire pour passer cette sombre période. Ils se rendent chez l’ours qui les accueille volontiers. Mais une fois au chaud, lui ne pense qu’à poursuivre son hibernation alors qu’eux ne songent qu’à s’amuser. L’ours ne retrouvera sa tranquillité qu’une fois le printemps venu et le cochon, la poule, l’écureuil et le hérisson partis sous d’autres cieux. D’hivernale, son hibernation devient printanière…

Une histoire destinée aux plus petits qui m’a un peu laissé sur ma faim. Partage et tolérance de la part de l’ours sont au bien sûr rendez-vous. Mais les « envahisseurs » ne semblent pas tirer la moindre leçon de leur attitude ce qui est tout de même un peu dommage. Je serai curieux d’avoir le regard d’un jeune public sur ce livre.

N’en reste pas moins les illustrations de Quentin Blake qui suffisent à mon bonheur. Des traits rapides à l’encre de chine, des touches de couleurs à l’aquarelle, des feuilles mortes qui virevoltent au fil des pages et l’atmosphère est mise en place…

Un livre qui de loin m’a ramené, sans doute à cause de l’ours et des illustrations, au dyptique de Mélanie Rutten L’Ombre de chacun et la Source des jours, la profondeur en moins.

Un livre  qui m’a peut-être aussi interpelé parce que chaque année à cette saison, je me sens un peu en hibernation, comme Un Ours en hiver…



Livre retraduit et réédité chez Gallimard sous le titre Le Drôle d'Hiver d'Ours, 
la comparaison doit être intéressante...
ISBN 2 218 01669 9
23 pages
1969/1988
 

lundi 8 avril 2013

Allez, les oiseaux ! - John Yeoman & Quentin Blake


Gallimard Jeunesse
ISBN2 07 0511831 0
32 pages

(acheté dans un vide-grenier)


Quatrième de couverture:

Que se passait-il au temps où les oiseaux ne savaient pas voler? Ils trottinaient dans les rues et envahissaient les maisons. Chez les Tiredaile, comme partout, la situation était devenue intenable. Par bonheur, M. Tiredaile avait l'âme d'un grand inventeur…

Cette aventure, délicieusement aérienne, nous permet de retrouver le célèbre tandem de l'humour que forment John Yeoman et Quentin Blake.

Mes impressions:


« Il y a longtemps, longtemps, bien avant ta naissance, les oiseaux ne savaient pas voler.
 Je vais te raconter comment ils apprirent. »

Eh oui, autrefois les oiseaux ne savaient pas voler, alors ils se promenaient partout sur les routes où ils créaient des bouchons. Le soir, sans la moindre gêne, ils rentraient au chaud dans les maisons où ils répandaient des plumes partout allant jusqu’à boucher les aspirateurs. Tout cela compliquait beaucoup la vie des humains, embarrassés dans leurs déplacements de peur d’en écraser. La famille Tiredaile se demandait que faire pour éviter ces désagréments.

M. Tiredaile en parfait bricoleur-inventeur, ajouta donc des ailes et des ballons sur les vélos des membres de la famille afin de pouvoir se déplacer et d’occuper tout l’espace libre dans les airs. Si les oiseaux occupaient la terre, les hommes occuperaient les airs. Mais soudain, les oiseaux qui les observaient, se saisirent chacun d’un ballon et ce qui devait arriver, arriva…

Une jolie petite histoire pleine de poésie et d’humour à découvrir dès 5 ans. Les petits comme les grands, dont je suis, pourront se régaler avec les illustrations tout de suite identifiables du grand Quentin Blake que j’ai chaque fois un grand plaisir à retrouver. Je suis toujours transporté par la magie de son trait unique alliant simplicité, légèreté et créativité.

Allez, les oiseaux ! A découvrir absolument pour tous ceux qui ont su garder leur âme d’enfant…

    Quentin Blake

Découvrez son blog en cliquant ICI.


dimanche 6 janvier 2013

Clown - Quentin Blake









Mes impressions: 

Même s’il a quelques ouvrages à son actif, Quentin Blake est surtout connu pour avoir illustré les livres de Roald Dahl, pour ma part c’est en lisant Matilda que je l’ai découvert.

J’avais particulièrement été marqué par la simplicité, la pertinence et la parfaite adéquation du dessin avec l’histoire. Je trouve que le trait d’encre noir d’apparence irrégulier et vif, souligné par la mise en couleur à l’aquarelle, confère à son travail un style unique et rapidement identifiable.

Cet album est uniquement constitué d’illustrations, il n’y a pas le moindre texte. Il est en cela idéal pour les amateurs du travail de Blake ou pour de jeunes enfants.

Ici, il est question d’un clown, jouet de chiffon, qui se retrouve jeté à la poubelle avec  d’autres peluches, ourson, lapin, éléphant, perroquet, autruche. Il parvient à s’en extirper, seul, et part chercher de l’aide pour sauver ses amis. Les péripéties vont être au rendez-vous, adultes indifférents, gamins sans  cœur. Jusqu’au moment où ce petit clown va atterrir, au sens propre, chez une petite fille pauvre qui s’occupe seule de son petit frère et qu’il va aider à redonner figure humaine à son foyer bien tristounet avant le retour du travail de sa mère, seule figure parentale présente. En retour, elle lui permettra de retrouver tous ses amis.

En dépit du petit nombre de pages, rejet, abandon, entraide, solidarité, famille et amour sont au cœur d’un joli petit album bien plus profond qu’il n’y parait au premier abord.



 Aperçu d'une double page...


Quentin Blake à sa table de travail...

Gallimard Jeunesse
ISBN 2 07 059142 5
32 pages

(Acheté à Easy Cash Saintes 1,50€)

samedi 12 mai 2012

Matilda - Roald Dahl





 Quatrième de couverture:

Avant même d'avoir cinq ans, Matilda sait lire et écrire, connaît tout Dickens, tout Hemingway, a dévoré Kipling et Steinbeck. Pourtant son existence est loin d'être facile entre une mère indifférente, abrutie par la télévision et un père d'une franche malhonnêteté. Sans oublier mademoiselle Legourdin, la directrice de l'école, personnage redoutable qui voue à tous les enfants une haine implacable. Sous la plume tendre et acerbe de Roald Dahl, les événements vont se précipiter, étranges, terribles, hilarants... 

Mlle Candy


Mes impressions:


Ma première incursion dans l’univers de Roald Dahl remonte à il y a bien longtemps quand je regardais sur FR3, oui vous lisez bien, la surprenante série britannique sorte d’anthologie à la « Hitchcock présente » librement inspirée de son recueil de nouvelles Bizarre, Bizarre. Je riais, parfois frissonnais, c’était toujours totalement inattendu donc j’adorais. Mais c’est beaucoup plus tard avec l’adaptation de son roman «jeunesse» Charlie et la chocolaterie par le génialissime Tim Burton que je l’ai véritablement découvert. Ensuite, c’est l’excellente  critique de Livr0ns-n0us qui a achevé de me convaincre, il me fallait lire Matilda.

Matilda est une délicieuse petite fille de 5 ans, vive et intelligente doté de parents idiots, cupides et détestables, qui a la particularité d’être étonnamment douée pour la lecture. Pour assouvir sa fringale littéraire, elle bénéficie d’abord du soutien de la bibliothécaire de son village, Madame Folyot, qui la fournit en livres, de grands auteurs de préférence (Dickens, Hemingway, Kipling, Austen, Faulkner, Orwell…) car chez les Verdebois, on ne lit pas, «Une gamine doit penser à se faire belle pour décrocher plus tard un bon mari. C'est plus important que les livres […]» dixit Madame Verdebois. Matilda doit d’ailleurs, du moins au début, s’adonner à sa passion en cachette pour éviter leur courroux.

En parlant de courroux, à son entrée à l’école, Matilda se retrouve aussi confrontée à la terrifiante Mademoiselle Legourdin. Ex-championne olympique de lancer de marteau, directrice-garde chiourme, elle aurait davantage sa place dans un pénitencier de haute sécurité que dans une école primaire. Violente, obtuse, borné, je ne vous déconseille de vous mettre en travers de sa route, elle ne ferait de vous qu’une bouchée. Elle hait tous les élèves sans exception « ce ramassis de nabots » et ne rate jamais une occasion de faire preuve d’un autoritarisme et d’une violence aussi démentiels que disproportionnés envers les écoliers sous les prétextes les plus fallacieux.

Heureusement, Matilda va trouver en sa jeune institutrice, Mademoiselle Candy, une interlocutrice à sa mesure, attentionnée, compréhensive, à l’écoute. Elle est la première à s’intéresser aux dons de la petite fille et sans rien révéler de la suite de l’histoire, on peut dire qu’elles vont s’apporter beaucoup l’une à l’autre.

Concernant les quelques illustrations de Quentin Blake, je dois dire que je les trouve parfaite. Elles aèrent le texte et donne vit aux personnages de manière assez subtile. J’y vois plus une évocation des personnages et de leur univers, plutôt qu’une représentation parfaite qui ne laisserait plus aucune place à l’imagination. Elles sont donc un véritable complément au récit de l’auteur.

J’ai pris un immense plaisir à lire ce livre. C’est bien écrit, tantôt drôle, tantôt grave mais toujours juste malgré certains passages frôlant le grand guignol et d’autres flirtant avec le fantastique. Ces moments sont bien amenés, on se prend au jeu, on y croit, on vit ses aventures avec  Matilda. Vous l’aurez compris, je me suis totalement laissé emporter par l’histoire, j’ai passé un excellent moment de divertissement intelligent. C’est donc le premier ouvrage de Roald Dahl que je lis mais assurément pas le dernier.


 Mlle Legourdin

Citations:

"Les dirigeants d'établissements scolaire sont, en général, choisis parce qu'ils font preuve d'éminentes qualités. Ils comprennent les enfants et prennent leurs intérêts à coeur. Ils sont ouverts et compréhensifs. Ils ont un sincère souci de la justice et de l'éducation de ceux qui leur sont confiés. Mlle Legourdin, elle, ne possédait aucune de  ces qualités. Et comment elle avait pu accéder à son poste  demeurait un véritable mystère.
C'était une espèce de monstre femelle d'aspect redoutable. Elle avait en effet accompli, dans sa jeunesse, des performances en athlétisme et sa musculature était encore impressionnante. Il suffisait de regarder son cou de taureau, ses épaules massives, ses bras musculeux, ses poignets noueux, ses jambes puissantes pour l'imaginer capable de tordre des bars de fer ou de déchirer en deux un annuaire téléphonique.[...] Elle avait un menton agressif, une bouche cruelle et de petits yeux arrogants.[...] Bref, elle évoquait plus une dresseuse de molosses sanguinaires que la directrice d'une paisible école primaire."



 Roald Dahl au travail


Pour avoir un autre avis, lisez celui de FLaure du blog Vie quotidienne de FLaure.

Folio Junior 744
ISBN 2-07-051254-1
272 pages

(acheté dans un vide-grenier)
 
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