"Chose étrange, j'avais discuté avec Tom des idées du professeur Jung sur les rêves et le subconscient, et j'ai tout de suite compris que tout était lié à Lily et ma mauvaise conscience, avec mon mode de vie souterrain et mes sentiments enfouis. Mon rêve s'était déroulé dans les profondeurs des grottes de mon esprit."
Ma première incursion dans
l’univers de Lovecraft remonte à ma
lecture de l’anthologie de Stephen Jones,
Histoire illustrée de l’horreur, qui
m‘a donné envie de poursuivre ma découverte.
Me voici donc parti pour Providence, ville natale de Lovecraft, en compagnie d’un certain
Robert Black. Si comme moi, ce nom vous fait penser à Robert Bloch, l’auteur de Psychose,
sachez que le clin d’œil est délibéré. Robert Black est journaliste et
écrivain. C’est un papier pour son journal, le New York Herald, qui va le
conduire à Providence. Il part y enquêter sur la vague de suicides qu’aurait
engendré la publication d’un livre intitulé Sous
le monde.
Des rues de Providence aux coins
les plus reculés de Nouvelle-Angleterre, ses investigations vont le confronter à
des situations tantôt surnaturelles, tantôt d’un effroyable réalisme, confronté
aussi bien à d’étranges créatures qu’au nazisme ou à l’inceste. Peinant parfois
à démêler le vrai du faux, la réalité du rêve, le conscient de l’inconscient,
ses propres démons intérieurs ne seront pas les plus faciles à apprivoiser…
Avec Providence, Alan Moore nous
plonge en immersion dans l’univers lovecraftien. Les familiers s’y sentiront en
terrain connu grâce à moult clins d’œil et références. Si comme moi, vous n’avez pas
encore lu Lovecraft, ça ne nuira en
rien à votre plaisir et vous poursuivrez peut-être en cherchant à en savoir
plus sur l’auteur et son œuvre. Quoiqu’il en soit, vous serez d’emblée ferrés
par cette ambiance inquiétante, cette sensation de mystère qui plane tout au
long du récit, partagés que vous êtes entre l’envie de savoir et la crainte de
découvrir une vérité qu’il est parfois plus sage de laisser enfouie...
L’alternance entre les pages de bande
dessinée et la reproduction des pages du journal de Robert Black étoffe subtilement
le récit en apportant une multiplicité de points de vue. On le suit dans son
enquête, ses rencontres, puis on revit les événements sous l’angle de son
ressenti et son analyse des faits.
Providence m’a piégé et après La
peur qui rôde, j’ai maintenant hâte de poursuivre cet inquiétant voyage
dans le tome 2, L’Abîme du temps…
Merci à Babelio et aux éditions Panini Comics !
Lire aussi le billet de Bibalice sur Babelio...
ISBN 978 2 8094 3636 5
176 pages
2015
18€


