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mercredi 28 août 2019

DVD - Dumbo - Tim Burton (2019)


Dumbo, c’est d’abord une histoire écrite par Helen Aberson et illustrée par Harold Pearl, portée une première fois à l’écran par Disney en 1941 sous la forme d’un film d’animation.

Il s’agit ici du remake « live » également produit par Disney et confié au génial Tim Burton. Remake n’est peut-être pas le terme approprié tant l’histoire est différente de la première version, libre adaptation est sans doute plus juste.

On comprend que le pari ait pu plaire à Tim Burton. Son goût pour les personnages différents, marginaux n’est plus à démontrer. Il suffit de jeter un œil à sa filmographie, de Beetlejuice à Batman et consorts en passant par Edward aux mains d’argent, entre autres. 

Dumbo, jeune éléphanteau aux oreilles démesurées va être trop tôt séparé de sa mère et utilisé par le riche propriétaire d’un parc d’attraction nommé Dreamland. Évidemment, le rêve va être de courte durée…

Visuellement, on est bien chez Tim Burton, maquillages outranciers, costumes recherchés ou décors incroyables. Les univers du cirque et du parc d’attraction sont en plus parfaits pour allier les moments de bonheur ou de frayeur, si chers au réalisateur. Après, on est chez Disney donc on sait que tout est bien qui finit bien mais qu’il faut d’abord faire pleurer dans les chaumières.

Dès la scène d’ouverture, deux enfants orphelins de mère vont attendre leur père sur un quai de gare. Les retrouvailles sont entachées par un petit détail. Autrefois cavalier émérite, celui-ci revient avec un bras en moins ! Il y a aussi la séparation de Dumbo et sa mère ou la façon dont les animaux sont traités. Enfin, voir Dumbo avec sa drôle de bouille et ses gros yeux ronds larmoyants suffirait à tirer des larmes aux plus endurcis d’entre nous.


Niveau casting, rien à redire. Colin Farrell, très juste dans le rôle du père, la jeune Nico Parker (fille de Thandie Newton) prometteuse dans le rôle de sa fille. Enfin, trois comédiens qui retrouvent le réalisateur : Mickael Keaton (Batman et Batman le défi) monstre d’arrivisme, Danny DeVito (Batman le défi) patron de cirque au grand cœur et Eva Green (Dark Shadows, Miss Peregrine et les Enfants particuliers) qui, bien qu’un peu sous employée, semble toujours aussi à l’aise dans l’univers Burtonien.

Au final, Tim Burton réussit un film touchant aux effets spéciaux réussis mais qui ravira sans doute davantage les plus petits que les plus grands, la faute à des personnages beaucoup trop manichéens empêchant d’être totalement emporté par l’émotion.

N’hésitez pas à aller lire d’autres avis sur Cinetrafic où vous trouverez aussi une mine d’infos sur les plus beaux films de 2018 et tout le cinéma de l’année en cours.


  
Un film Disney DVD 
"en DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 3D, Blu-Ray 4K UHD et en VOD depuis le 23 août, 
ainsi qu'en achat digital depuis le 25 juillet"

 Le site & la page Facebook


Merci à Cinetrafic et Disney DVD !

Tim Burton
2019
Avec Colin Farrell, Eva Green, Michael Keaton, Danny DeVito...

samedi 24 janvier 2015

La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires - Tim Burton

Traduit de l'anglais (États-Unis) par René Belletto




J’ai adoré me plonger dans ce petit recueil de poésie pour le moins macabre. On y fait de drôles de rencontres plus surprenantes et inquiétantes les unes que les autres. Avec le Petit Enfant Huitre qui donne son titre au recueil bien entendu, mais aussi L’Enfant Robot, L’enfant avec des clous dans les yeux, La fille avec plein d’yeux, La Fille Vaudou, L’enfant Brie, L’enfant Momie, certains que l’on retrouve à plusieurs reprises et beaucoup d’autres encore que je vous laisse le plaisir de découvrir.

Des enfants très particuliers mais toujours émouvants sortis de l’imagination lugubre du réalisateur Tim Burton dont les dessins accompagnent d’ailleurs ces poèmes. J’avais déjà eu l’occasion d’apprécier ses talents d’illustrateur dans son livre d’Entretiens avec Mark Salisbury et bien entendu dans certains de ces films. On y retrouve sa patte qui nous rappelle aussi bien Les Noces funèbres que Frankenweenie.

Outre l’inventivité géniale de l’auteur, le vrai plus de ce livre est de nous offrir en face à face la version originale de chacun des poèmes. On peut y lire les vrais mots de l’auteur ainsi que les ajustements et apports inhérents à la traduction de poésie. Il me semble important de saluer le travail du traducteur, l'écrivain René Belletto.

Amateurs de bluettes, gentillettes et proprettes, passez votre chemin ! Tout l’univers de Tim Burton rassemblé dans un petit chef d’œuvre de noirceur que j’ai découvert avec bonheur.



La fille qui fixait, fixait, fixait




















La fille faite d'ordures

Il était une fois une nénette
qui d'ordures était faite.
Elle était vraiment cracra
et puait comme un putois.

Elle vivait dans le malheur,
voire en noire dépression, peut-être à cause des heures
passées dans les décharges et leurs vapeurs.

Le seul répit dans sa vie, la seule lueur,
lui vint d'un type nommé
Stan, qui était l'éboueur
du quartier.

Il l'aima d'amour pur
et lui proposa l'anneau,
mais déjà elle avait fait le grand saut
dans le broyeur d'ordures. 




L'enfant avec des clous dans les yeux















Un grand merci à Cristina pour ce joli cadeau de Noël !


ISBN 978 2 264 02768 9
123 pages
1998
7,50€

dimanche 5 janvier 2014

Tim Burton - Entretiens avec Mark Salisbury




Peu de réalisateurs savent aussi bien que Tim Burton nous distraire, nous amuser, nous inquiéter, nous faire rire, nous dépayser, nous émouvoir, nous faire rêver, nous effrayer, nous redonner notre âme d’enfant, nous faire frissonner, nous angoisser, en deux mots nous toucher.

Quand j’ai découvert ce superbe livre au pied du sapin, j’ignorais alors que je serai encore plus enthousiasmé par son contenu d’une incroyable richesse. Trois cent pages mêlant éléments biographiques, confidences, regrets, réflexions sur son travail, analyses de ses films, ses rapports avec les acteurs, avec les studios ou encore avec ses parents, le tout avec sincérité et intelligence.

Dès la préface, le ton est donné. Des deux préfaces pour être précis. La première date de 1994 et la seconde, de la réédition de l’ouvrage en 2005. Elles sont signées de Johnny Depp, homme de talent et acteur « Burtonien » emblématique s’il en est. La sincérité et l’authenticité des rapports entre les deux hommes ne fait aucun doute. L’un et l’autre se sont apportés énormément l’un à l’autre. L’émotion est palpable, le ton est donné.

Tout au long de la lecture, au grès de la chronologie de ses réalisations, on suit le fil des entretiens de Tim Burton avec Mark Salisbury. Chaque film est traité de sa gestation à sa réalisation. Le temps qui passe permet le recul indispensable, Burton le situe à environ trois ans après la sortie du film.  Les échecs ou les semi-échecs ne sont pas occultés. Les rapports, souvent conflictuels, avec les studios sont évoqués à de nombreuses reprises. On sent qu’il n’est pas facile de garder la main sur son film même quand on s’appelle Tim Burton. Les bras de fer sont nombreux et les concessions parfois inévitables, raisons budgétaires et problèmes de faisabilité s’ajoutant parfois aux contraintes précitées.

Burton parle vraiment de lui, son enfance, ses rapports avec ses parents, son père notamment, sa farouche volonté d’indépendance déjà, bien avant les studios. Son côté introverti n’est pas occulté, gamin solitaire, secret, différent et se sentant différent des autres. De la marginalité nait parfois le meilleur.

Son enfance à Burbank, ses débuts chaotiques chez Disney, son amour des vieux films de série B, d’Ed Wood à qui il rendra une gloire mondiale posthume, de Vincent Price, son idole qu’il rencontrera et fera même tourner. Les tournages, justement, de préférence en décors naturels ou reconstitués plutôt que sur fonds bleus ou verts, l’influence de Ray Harryhausen, son attrait pour la technique image par image…

J’allais oublier de vous parler des dessins qui agrémentent la lecture. Un petit dessin sur une feuille volante est parfois le point de départ de toute l’aventure d’un film. Il est frappant de voir à quel point dès ce moment-là, Burton a déjà la vision d’un personnage ou d’une scène de son film. La similitude avec le résultat final est souvent bluffante.

Profitant du regain d’intérêt pour le cinéaste engendré par cette lecture et par le coffret DVD qui l’accompagnait, je me suis revisionné Charlie et la Chocolaterie, gourmandise sucrée, le sanguinolent Sweeney Todd, La Planète des Singes, pas le meilleur c’est certain, l’onirique Big Fish et il me reste encore Les Noces funèbres et Dark Shadows à redécouvrir pour mon plus grand plaisir sous un nouvel éclairage.

Que vous soyez fan du travail de Tim Burton, curieux d’en savoir plus sur le sens qu’il donne à ses différents films ou que vous souhaitiez simplement en savoir un peu plus, c’est LE livre qu’il vous faut.

Tout y est et plus encore, cet ouvrage est une mine d’or.




  
Extraits:

"Tim est un artiste, un génie, un excentrique, un fou, et ami brillant, courageux, drôle jusqu'à l'hystérie, loyal, non conformiste et franc du collier. J'ai une dette immense envers lui, et je le respecte encore plus que ces mots ne peuvent l'exprimer. Il est lui-même, et c'est tout. Et il est, sans conteste, l'homme qui imite le mieux Sammy Davis Jr sur cette planète."
Johnny Depp  

"Ce qu'il possède en lui, c'est un don peu commun. Dire de lui que c'est un réalisateur ne suffit pas. Le titre exceptionnel de "génie" lui sied mieux, car il n'excelle pas seulement dans le cinéma mais aussi dans le dessin, dans la photographie, dans le domaine des idées, de la pensée, de la perspicacité."
Johnny Depp


 "J'ai grandi en regardant Lon Chaney et Boris Karloff. Tu pouvais capter une vraie liberté sous leur tonne de maquillage. On les voyait très distinctement, contrairement à ce que proclament certaines personnes. Ça libère un acteur d'être caché derrière un masque, il peut se montrer différemment."

"Ce qui est intéressant dans la promiscuité lié au voisinage, c'est que tout le monde connait tout le monde, sauf sur le plan de la sexualité où tout reste enfoui. Il y a dans la banlieue une perversité à laquelle je n'ai jamais été confronté quand j'étais enfant, mais que j'ai toujours sentie de manière diffuse autour de moi."


"Je n'aime pas qu'on monte un film sur mon nom; je veux qu'on fasse un film pour lui-même, c'est une entreprise trop lourde pour qu'on ne s'y implique qu'à moitié. Le milieu d'Hollywood est très étrange: il est composé de créatures marginales qui sont pourtant farouchement conservatrices." 

"J'aime les contes de fées parce qu'ils comportent des images extrêmes, mais aussi parce que leur signification est donnée à travers un filtre abstrait." 


"De nombreuses personnes pensent que mes films ne reposent que sur leur seul esthétique, qu'ils sont fondés là-dessus. Ils n'arrivent pas à imaginer que tout ce que j'ai fait doit avoir une signification, ne serait-ce qu'à titre personnel et même si je suis le seul à la connaitre. Et plus les éléments sont absurdes et plus je dois être sûr de comprendre leur sens caché. Voilà pourquoi le cinéma nous fascine tant. Les films frappent à la porte de nos rêves et de notre subconscient."

"L'entrée de Tim Burton dans Roald Dahl est un mariage célébré au paradis de la créativité - la fusion de deux esprits jumeaux portant un même regard, sombre et macabre, sur le monde de l'enfance."


"J'ai moi-même porté tous les types d'appareils dentaires imaginables. Je garde le souvenir d'une expérience terriblement douloureuse et marginalisante. L'un d'eux, absolument gigantesque, faisait même le tour complet de ma tête ! Quand on me l'a installé, j'ai eu l'impression qu'on me le vissait dans le crâne. Et ça faisait atrocement mal, comme une migraine dans la bouche. Cet appareillage hideux sur ma tête était comme le symbole de mon sentiment d'exclusion. Je n'avais pas beaucoup d'amis, et je ne pouvais pas vraiment communiquer. Cet appareil dentaire matérialisait mon incapacité à établir le contact avec les autres [...].

     
 Découvrez le billet convaincant de filou49 du blog Baz'art en cliquant ICI.


Sonatine
ISBN 978 2 35584 031 9
350 pages
2009

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