Je
crains fort que les extraterrestres existent vraiment. A vrai dire, je
me doutais bien qu’ils avaient déjà infiltré les domaines de la finance,
de la politique et de la télévision. Les voilà maintenant dans le
monde des arts. Ils écrivent, ils chantent, ils jouent et donnent même
dans l’humour et le second degré.
Le clip est à l’image de la
chanson : « extra » ! Philippe Katerine en démiurge, en savant fou et
Arielle Dombasle en superhéroïne façon comic strip. Des rôles à leur démesure !
Nous savons maintenant que les extra-terrestres ont un goût non
dissimulé pour l’autodérision. Ils ne sont pas si différents de nous,
finalement. En tous cas, ce morceau me donne envie de visiter les autres
planètes de la galaxie, à la recherche des extras ! Pas toi ?
"Extra, je n’ai jamais eu d’âge
Extra, tu apprends mon langage
Je vois que tu t’attaches à moi
Dis-le-moi comme ça :
Ahahahahaha"
Arielle Dombasle & Philippe Katerine, Extraterrestre (2009)
Quand Arielle Dombaslemet en scène les amours tourmentés de Jean Coteau et Raymond Radiguet, le résultat est forcément pour le moins…
décalé !
Parlons déjà de la distribution. Hormis
Grégoire Colin et Samuel Mercer, dans les rôles
respectifs de Cocteau et Radiguet, ArielleDombasle nous
offre un incroyable casting d’amis de talent parmi lesquels Hélène Filières, Marisa Berenson, Julie
Depardieu, Philippe Katerine, Niels Schneider, Audrey Marney, Valerie
Donzelli, Jérémie Elkaïm ou
encore Ariel Wizman.
On peut regretter que certains
soient un peu sous exploités et ce n’est pas toujours évident de bien saisir quelle
personnalité ils incarnent dans cette profusion de personnages.
Visuellement surprenant, le film
alterne différentes séquences plus ahurissantes les unes que les autres.
Certaines sont directement inspirées
par Cocteau, son univers, sa poésie,
notamment pour les séquences chantées où des morceaux de ses poèmes ont été mis
en musique. D’autres plus étonnantes, semblent tout droit sorties du cinéma expressionniste
allemand. Enfin, un passage en particulier m’a aussi fait penser au Querelle de Brest de Fassbinder, adaptation du roman de Jean Genet. Tout y est, l’ambiance, les
hommes, les marins, leurs pompons rouges et même le filet de salive…
On peut être dérouté par cette
unité bien relative mais le film tient davantage de l’hommage affiché au maître
Cocteau que du biopic. On s’en
serait douté, la réalisatrice Arielle
Dombasle, fidèle à elle-même, ne fait pas dans l’académisme !
« Cocteau, c’est l’éblouissement ! » lance-t-elle
dans un entretien contenu dans les bonus du DVD.
C’est sans doute pour cette
raison que l’actrice réalisatrice a choisi de toujours de se filmer en étant surexposée,
l’éblouissement donc, allez savoir… Idem pour Marisa Berenson ! Je dirai
plutôt que c’est surtout une bonne dizaine d’années de gagnées, autant se faire
plaisir, on n’est jamais mieux servi que par soi-même…
Dire que j’ai été à mon tour ébloui
serait un peu exagéré mais j’ai passé un très bon moment avec ce film, un
moment hors du temps, baigné dans les vapeurs d’opium et surtout par la folie
douce de sa réalisatrice.
Le vrai plus vient de la musique
et des chansons qui apportent une touche essentielle à ce film. D’ailleurs le
CD de la Bande Originale jointe dans mon édition DVD tourne en boucle dans ma
voiture depuis… Un grand bravo à Philippe
Eveno pour son travail sur cette atypique comédie musicale.
Ce film aura au moins eu le
mérite de me donner envie de découvrir la poésie de Cocteau.
L’univers « Coctalien »
revu à la sauce « Dombaslienne », un cocktail
forcément…détonnant !
« Raymond, j’ai toujours su que tu m’étais prêté, qu’il faudrait
te rendre très vite. »
Opium est disponible à la vente depuis le 04/11/2014 chez Epicentre Films.