Le film s’ouvre sur Stéphanie
Smothers (Anna Kendrick), petite
brune aux gentils chemisiers et cols Claudine, qui annonce aux followers de son
vlog, blog vidéo consacré aux « supers mamans », que son amie Emily a
disparu. Comment en est-on arrivé là ? Flashback !
Dans un ralenti calculé, première
apparition de la flamboyante Emily Nelson, sophistiquée, somptueuse, descendant
de sa superbe voiture de sport sous la pluie, perchée sur ses Louboutin, le visage habilement
dissimulé par un parapluie et un chapeau noir à larges bords, telle Karen Black dans Complot de famille (Aurait-on affaire à une blonde
Hitchcockienne ?) comme pour mieux nous faire savourer la découverte de la
sublime Blake Lively à la chevelure
blonde ondulante.
Directrice des relations
publiques d’un grand créateur New-Yorkais, mariée à un écrivain, Emily est la
version rêvée de la working girl, sûre d’elle et talentueuse, à qui tout semble
réussir. Semble, puisque évidemment la réalité est tout autre, comme elle ne va
pas tarder à le confier à Stéphanie, les deux femmes devenant très vite amies à
coups de martinis en plein après-midi.
Le couple est endetté, l’écrivain
n’a jamais réussi à passer le cap du premier roman et pas moyen de trouver une
nounou pour s’occuper de leur fils. Bonne pâte, Stéphanie se propose de les
dépanner et un soir, Emily ne revient pas chercher son fils. Quand plusieurs
jours s’écoulent sans la moindre nouvelle, on comprend qu’il y a vraiment un
problème. Toujours prompt à rendre service, Stéphanie commence petit à petit à
prendre la place d’Emily…
Martinis sur pierres tombales, troubles
incestueux, baisers lesbiens, réapparitions
inattendues, secrets en tous genres et rebondissements multiples, font de ce
film un divertissement plein de pep's, une comédie noire au ton surjoué assumé
qui pourrait aussi s'apparenter à un arc narratif d’une saison de Desperate Housewives.
Ce qui m’a d’emblée marqué dans
ce film, c’est l’abondance de titres français dans la bande originale très
riche et ce, dès le générique d’ouverture avec un titre très pop de Jean-Paul Keller que je ne connaissais
pas du tout, Ça s’est arrangé. Viennent
ensuite, Françoise Hardy avec Comment te dire Adieu, Brigitte Bardot avec La Madrague puis Bonnie and Clyde avec Gainsbourg,
Zaz et ses Passants, Dutronc et ses
Cactus, Laisse tomber les filles de France
Gall et Orelsan annonciateur de Changement. Des choix et des titres qui
ne sont évidemment pas anodins, pas plus que la référence aux Diaboliques, « le film français »
de Clouzot.
Les bons drames américains à venir n’ont pas de soucis à se faire, ici on sent bien qu’un public jeune
et amateur de séries est visé notamment avec cette bande-originale très
présente et par le choix du casting.
Anna
Kendrick a joué dans la saga Twilight.
Si elle a depuis tourné avec Woody Allen
dans Café Society, Blake Lively a été révélée par le soap ados
Gossip Girl. Les deux actrices trouvent aussi des rôles dans une autre catégorie : des films fantastiques parfois angoissants comme The Voices et Life after Beth pour Kendrick
ou Instinct de survie pour Lively.
Dans des seconds rôles, à noter
également, Jean Smart qui fut la
femme du Président des Etats-Unis dans les saisons 5 & 6 de 24 heures Chrono, Linda Cardellini qui a joué
dans Urgences, Mad Men et Scooby-Doo, Ruppert Friend dans Homeland.
Un film Metropolitan Filmexport
"En DVD, Blu-ray et VOD depuis le 8 février"
Merci à Cinetrafic et Metropolitan Filmexport !
Paul Feig
2018
Avec Anna Kendrick, Blake Lively, Henry Golding...

