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jeudi 16 avril 2020

L'Institut - Stephen King


" Putain de merde, môme. Qui t'a arraché l'oreille ? "

Quand tu engloutis plus de 600 pages en 4 jours, c’est plutôt bon signe. Signe d’une histoire qui t’accroche et pour ça, il sait y faire Stephen King. Il te prend dans les filets de son écriture et il ne te lâche plus.

Alors j’ai eu mal et j’ai eu peur, j’ai tremblé pour tous les gamins de L’Institut.

Luke, bien entendu, le héros surdoué enlevé en pleine nuit après le meurtre de ses parents. Et puis Avery surtout. Ah Avery, si petit, si fragile, totalement démoli et pourtant si fort.

C’est qu’il s’en passe dans cet institut. Un endroit hors du temps planqué dans une forêt isolée du Maine. On y séquestre des enfants qui seraient doté de pouvoirs télépathiques et télékinésiques. Emprisonnés, maltraités, frappés, ils servent de cobayes à d’étranges expériences. Mais dans quel but ? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire !

Alors oui, c’est vrai, il y a des longueurs, des moments où on se demande où le King veut en venir mais pourtant ça fonctionne. Un don incroyable pour créer un univers avec des personnages auxquels on s’attache ou qu’on exècre. Une indéniable facilité à instiller une ambiance délétère et oppressante.

Laissez-vous prendre au piège de L’Institut, vous au moins, vous êtes sûr d’en ressortir vivants…

Les avis de Karine, La Belette & From the Avenue !

ISBN 9782226443274
608 pages
2020
24,90€

dimanche 27 mai 2018

La Nuit de l'ogre - Patrick Bauwen


Plaisir maximal à la lecture du dernier Patrick Bauwen !

Chris Kovac, médecin urgentiste qui se shoote à l’adrénaline pour oublier ses tourments intérieurs, se retrouve malgré lui embarqué dans une affaire incroyable. Tout commence lorsqu’il prend en stop une jeune fille. Une étrange morsure à la main, elle semble apeurée. Tandis qu’elle le reconnait, lui ne semble pas se rappeler d’elle. Désorientée, elle descend brutalement de sa voiture à un carrefour en lui laissant un drôle de cadeau dans un sac. Dans un bocal rempli de formol, baigne une tête humaine…

L’impulsif Dr Kovac ne va évidemment pas en rester là. Sa seule obsession, retrouver cette fille pour lui venir en aide. La  course à la vérité et les ennuis ne font que commencer.

Deux tueurs, dont un qui semble surgit d’une autre époque, rôdent insidieusement. De vieilles bâtisses aux allures victoriennes aux couloirs sombres d’une faculté de médecines, de salles d’autopsies blafardes en passant par les sous-sols du métro parisien grouillant de rats, de souterrains jusqu’aux pièces aux allures de cabinets de curiosités, une ambiance tendue avec des accents gothiques qui contribue à l’atmosphère particulièrement inquiétante de cette histoire glaçante.

Après ma découverte de L’Œil de Caïn puis de Monster, deux livres que j’ai adoré, je retrouve avec bonheur la plume de Patrick Bauwen. Le rythme trépident et le suspense sont plus que jamais  au rendez-vous. Résultat : un plaisir de lecture qui est encore monté d’un cran tant je n’arrivais pas à me détacher de ce roman. 

La Nuit de l’ogre de Patrick Bauwen, un thriller qui se dévore !

Victor Hugo sur son lit de mort photographié par Nadar

www.patrickbauwen.com

Merci à Babelio et aux Éditions Albin Michel !

Patrick Bauwen sur le blog !
ISBN 978 2 226 43637 5
490 pages
2018
22€
 

mardi 14 novembre 2017

Courir au clair de lune avec un chien volé - Callan Wink



"Dans le jardin, des lucioles voletaient ici et là. Il y avait longtemps qu’il n’en avait pas vu. Dans le Montana, on n’en trouvait apparemment pas. Peut-être y faisait-il trop froid. Des années auparavant, il avait campé dans le parc de Yellowstone à côté d’un vieux couple de hippies qui lui avait raconté qu’un soir, dans l’Iowa, après avoir pris du LSD, ils étaient sortis attrapés tout un bocal de lucioles dont ils s’étaient frottés le corps puis, nus et luminescents, ils avaient fait l’amour au clair de lune dans un champ de maïs. Le souvenir du bonheur évident avec lequel ils avaient raconté cette histoire lui donna le frisson. Il voyait en eux tous les couples du monde pour qui le passé renfermait davantage de promesses que n’importe quel avenir potentiel. Les rapports fondés essentiellement sur les  réminiscences vont et viennent. Était-ce qui renvoyait à l’idée de se caser et de vivre un amour tranquille ? Ou bien les vieux hippies et leurs pareils n’étaient-ils que des machines qu’on remonte, fonctionnant exclusivement sur les souvenirs ? Était-ce inévitable ?"

Courir au clair de lune avec un chien volé… 

Comme une promesse de bonheur, le titre à lui seul donne envie de découvrir ce livre. Vient ensuite la couverture, superbe, de ce recueil issu de la collection « Terre d’Amérique » des Éditions Albin Michel.

L’auteur, Callan Wink, nouveau venu dans la littérature américaine, n’a pas fini de faire parler de lui. Des nouvelles saluées par feu le grand Jim Harrison, ce qui ne surprendra personne tant la filiation semble évidente. On pensera aussi à d’autres de ces auteurs dits du Montana tels que Thomas McGuane, Rick Bass ou encore un auteur tel que Mark Spragg.

Le format de la nouvelle se prête à merveille à ces histoires d’hommes et de femmes plutôt terriens, plutôt taiseux. Des gens ordinaires, des vies ordinaires mais servis par une écriture qui transcende ces existences dont la rudesse n’a d’égale que celle de cette terre, comme un point d’ancrage pour bien garder les pieds sur terre justement.

Drames, conflits, rancœurs, remords, histoires d’amour bancales, histoires de filiation et de transmission, échappées aussi belles que sauvages, remises en question, introspection et puis bien sûr l’Ouest, sauvage, âpre, personnage à part entière de ces nouvelles…

Envie d’une virée mémorable entre Wyoming et Montana ? Faites confiance à votre nouveau guide, avec Callan Wink, plaisir de lecture et dépaysement garantis ! 

***

"Les cartons. Déménager, mourir, se séparer. Tous les drames de l'existence sont marqués par ces maudites boites cubiques et leur horrible couleur marron."

"Parfois, au réveil, assommés de chaleur, ils devaient se détacher l'un de l'autre, leurs membres emmêlés et collés ensemble comme les quartiers charnus de quelque fruit bizarre."

"Les pères sont les juges les plus intransigeants. C'est comme ça depuis toujours." 

Merci à Babelio et aux Éditions Albin Michel !




ISBN 978 2 226 32581 5
291 pages
2017
22€

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