« C'est à peine
Quand ils t'ont vu
Me disent
S'ils t'ont reconnu
Que ton ombre
Marchait devant
Mi-homme
Mi revenant »
Quand
les survivants reviennent, ils gênent ceux qui ne sont jamais partis,
les sous-vivants, les vivants tout court. Parce qu’ils dérangent nos
certitudes, parce qu’ils réveillent nos angoisses, nous essayons souvent
de les ignorer, de les cacher, de les oublier… Pour tous les revenants :
les gueules cassées, les vétérans, les victimes d’accidents de la vie…
Avons-nous seulement imaginé combien il pouvait être difficile pour eux
d’affronter le regard des autres ?
Le cinéma s’est emparé de ce
thème avec des films tels que « La Chambre des officiers », et plus
récemment « De rouille et d’os » ou encore « Au revoir là-haut ». Avec « Danser les filles », Bastien Lallemant se saisit du sujet avec
sensibilité, simplicité… Ce minimalisme dans les mots autant que dans la
musique me touche, m’émeut, m’ébranle à chaque fois !
« Ne fera plus danser les filles »
Bastien Lallemant, Danser les filles (2019)