jeudi 9 janvier 2020

Blessures invisibles - Isabelle Villain


"Rebecca est rentrée chez elle un peu plus tôt que d’habitude. Petite journée, petit moral. La veille, elle a assisté avec quelques représentants de la PJ aux commémorations des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher. La cérémonie, souhaitée par le ministère de l’Intérieur, en l’honneur des 17 victimes fut sobre, mais oppressante. Le 7 janvier 2015 a marqué la France entière. À 11 h 30, deux hommes entrent dans les locaux du magazine Charlie Hebdo et abattent froidement douze personnes : des journalistes, un agent de sécurité, un gardien de la paix. Le lendemain, une jeune policière municipale est exécutée. Le surlendemain, c’est au tour d’un magasin casher d’être la cible des terroristes. 4 morts. Une année sombre pour les Français et pour tous les policiers, dont le stress, la tension et l’activité n’ont cessé de croître depuis cette date."

Dès ma lecture de Mauvais genre (<CLIC) terminée, je n’avais qu’une envie, retrouver Rebecca de Lost tant sa personnalité m’avait touché et tant l’écriture accrocheuse d’Isabelle Villain m’avait emballé. C’est donc fébrile que je me suis jeté sur la suite de ses aventures et bien m’en a pris.

Dans Blessures invisibles, le commandant de Lost et son groupe sont confrontés à deux affaires qui ne vont pas leur laisser une minute de répit. Même chose pour le lecteur, pas une seconde de répit ! Commencer cette histoire, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir la lâcher avant la fin et c’est littéralement ce qui m’est arrivé !

La première affaire concerne un officier de l’armée retrouvé mort d’une balle dans la tête, son arme à la main. Si la thèse évidente du suicide va vite laisser place à une suspicion de meurtre, reste à savoir à qui profite le crime…

Pour la deuxième affaire, c’est une vieille connaissance du groupe de Lost et du lecteur qui refait surface : le tristement célèbre « tueur au marteau » surnommé ainsi puisqu’il n’aime rien tant qu’écraser les doigts de ses victimes à coup de marteau et attendre que mort s’en suive, lentement de préférence…

Si vous avez envie de vous plonger dans un excellent thriller psychologique bourré de suspense et totalement addictif, Blessures invisibles est le livre qu’il vous faut, dans la même veine mais encore meilleur que Mauvais genre.

Deux intrigues bétons, des personnages principaux et secondaires dotés d’une indéniable épaisseur tous hyper attachants, des assassins sans scrupules, des fausses pistes et des rebondissements plus inventifs les uns que les autres.

Enfin, tout le traitement du trouble de stress post-traumatique est passionnant et met en lumière un mal trop peu connu. On pense souvent à tort que les blessures physiques sont les pires mais on oublie un peu vite les Blessures invisibles


  
Sortie nationale aujourd'hui !
ISBN 9782372580649
256 pages
2020
9,99€
(Livre reçu en service de presse)

lundi 6 janvier 2020

Conversations avec un enfant curieux - Michel Tremblay


Quelle merveille ce livre et quel bonheur de lecture ! Pis, l’est ben trop cute ce petit gars sur la couverture, là !

« Momaaan…
-Toi, quand tu me parles comme ça, c’est parce que tu veux savoir quelque chose…
-C’est juste une question que je veux te poser… » 

Et il en pose en masse des questions, le bougre !

La religion, ses incohérences, ses contradictions, est sans doute un de ses sujets favoris, mais tout y passe, les programmes « au radio », « les vus » au cinéma (Ah, le traumatisme de la mort de la mère de Bambi), l’arrivée de la télévision qui change les comportements, les bons petits plats, la lecture, Jules Verne ou Peter Pan plutôt que Berthe Bernage et très tôt le goût pour raconter des histoires, déjà.

Évidemment dans son entourage, sa mère, sa grand-mère, ses tantes, on n’en peut plus de toutes ses questions, de sa malice, de son côté espiègle, son envie de prendre les adultes en défaut n’est jamais loin. On lit tout ça le sourire aux lèvres. On imagine bien comme ça doit être usant ses incessants pourquoi. Pourquoi toujours pourquoi ? L’est dont ben tannant, là !

Enfin, on s’attendrit devant ce petit Michel qui ne comprend pas pourquoi on lui a offert un beau garage en tôle pour jouer aux petites voitures alors qu’il avait bien plus envie de poupées en cartons à découper, qu’il aurait pu habiller, déshabiller, un jeu bien plus créatif en somme... Et puis sa réaction quand sa mère lui fait comprendre qu’elle n’y verrait pas vraiment d’inconvénient mais que ce serait plus difficile pour son père… 

« -Dis-moi rien, j’ai compris. J’ai compris, maman. J’vas remercier papa pour le beau garage, pis quand y va être là, j’vas jouer avec. Pis j’vas avoir l’air d’avoir ben du fun. » 

L’est dont ben fin, ce petit Michel, là! 

Conversations avec un enfant curieux, c’est un peu comme feuilleter un album de souvenirs, des souvenirs qui ont l’accent québécois, ceux de l’enfance de Michel Tremblay dans le Montréal des années 50. On se régale de la pertinence et de la drôlerie de ses réflexions frappées du sceau du bon sens, une intelligence et une vivacité d’esprit à l’origine d’une œuvre incroyable qui a fait de lui un des plus grands auteurs québécois.


© manU_Bouquins

Un coup de cœur et un cadeau que je dois à mon adorable Nad
à qui je souhaite une "Bonne Fête" !

ISBN 978 2 330 07383 1
169 pages
2016
18€
 

dimanche 5 janvier 2020

Sortie e-cinema - Official Secrets - Gavin Hood (2019)



Au moment où on ne peut que s’interroger sur les motivations de Trump à intervenir en Iran, voilà un film qui tombe à pic.  Serait-on en train de reproduire les erreurs du passé ?...

S’il y a bien une chose dont on peut être redevable à Jacques Chirac, c’est d’avoir dit non à la guerre en Irak en 2003. La décision fut sans doute difficile à prendre mais on a appris depuis les véritables motivations de George W. Bush et Tony Blair. Cet épisode de notre histoire récente est au cœur de ce film américain inspiré d’une histoire vraie. 

Keira Knightley y campe donc la véritable Katharine Gun, employée des renseignements britanniques, qui reçoit un jour un mail top secret indiquant les véritables intentions des deux pays alliés et notamment la volonté d’influer sur le vote de certains délégués du Conseil de l’ONU pour faire pencher la balance en leur faveur.

N’écoutant que sa droiture morale, elle décide de transmettre le mémo à un journaliste pour que l'affaire éclate au grand jour. Commence alors pour elle un déferlement de problèmes : suspicion dans son milieu professionnel, accusation de trahison envers son pays, menaces d’expulsion envers son mari d’origine turque. Le couple va vivre un enfer.

Le réalisateur Gavin Hood réussit un thriller sans temps mort à l’aspect documentaire assumé, authenticité notamment renforcée grâce à l’utilisation d'images d’archives. On suit le calvaire de Katharine Gun rivé à notre siège en se demandant comment tout ça va bien pouvoir se terminer pour elle… 

Keira Knightley tient brillamment le rôle principal entourée de Matt Smith (The Crown), Matthew Goode (Downton Abbey, The Crown) et enfin Ralph Fiennes, un quatuor d’excellents comédiens britanniques tous justes et particulièrement convaincants.

N’hésitez pas à aller faire un tour sur Cinetrafic pour y découvrir les séries les plus aimées et dans un autre style, les meilleurs frissons de 2019.



Un film Wild Bunch 
"En e-Cinema / VOD depuis le 02 janvier 2020"


 
Merci à Cinetrafic et Wild Bunch !

Gavin Hood
2019
Avec
Keira Knightley,Matt Smith, Matthew Goode, Ralph Fiennes...

samedi 4 janvier 2020

Le Juke-box du samedi - Dance Monkey [ Tones and I ]



Je dois bien le confesser, je garde une certaine distance avec la musique anglo-saxonne actuelle. Même si certains morceaux aiguisent ma curiosité, j’ai souvent de l’indifférence, voire du mépris pour la musique Yankee. 

D’une part, l’Amérique n’a pas besoin de moi pour faire vivre ses artistes. D’autre part, j’aime bien l’idée de sauvegarder mon patrimoine culturel dans cette marée anglophone, un peu comme un irréductible gaulois se protégeant des assauts romains. 

Partant de ce postulat, les chansons australiennes ont peu de chance d’arriver jusqu’à mes oreilles. Pourtant, une habitante du pays des kangourous de 19 ans a relevé le défi. Toni Watson a lancé son « Dance Monkey », à 15 000 kilomètres de chez moi et je me suis laissé séduire par le son, la voix, le rythme. Ce morceau me plait, surtout cette version live. Serait-ce donc cela la magie de la mondialisation ?

Tones and I, Dance Monkey (2019)
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