lundi 8 octobre 2012

Le Jugement de Léa - Laurence Tardieu






Quatrième de couverture:

Elle a commis ce qu'il y a de pire pour une mère. Depuis la mort de son petit Théo, Léa s'est murée dans un terrible silence. Même les larmes ne coulent pas. Aujourd'hui, elle attend le verdict des jurés. Lorsqu'un gardien lui parle, la regarde, elle lâche enfin prise. Du fond de sa détresse, Léa confie à cet inconnu ce qu'elle n'a jamais réussi à raconter, même à son procès.

          "C'est un cauchemar, Léa.
          Tu vas te réveiller, tout sera dissipé, il n'y aura plus de peur, il n'y aura plus d'attente."

Laurence Tardieu, née en 1972, est comédienne et romancière. Elle a également publié Comme un père (2002) et Puisque rien ne dure (2006).

"Laurence Tardieu n'a pas besoin de beaucoup de personnages pour créer un univers.
Un roman léger en pages, mais lourd en émotions."  (L'Express)
 




Mes impressions:



Accusée d’infanticide, Léa attend le verdict de son procès.

Infanticide, le pire des crimes ? Pourquoi ? Comment en est-elle arrivée là ? Comment peut-on en arriver là ? Le sait-elle elle-même ? Prostrée, mutique, dans l’incapacité totale de parler, de pleurer. Indifférente ? Le silence synonyme d’indifférence ? La douleur qui enserre le cœur ?

Dans l’exiguïté d’une salle, en attente d’une décision forcément terrible, la parole va se libérer.
Un gardien. Quelques regards suivis de quelques mots, deux solitudes, deux souffrances ou quand la suffocation laisse place à une forme de libération. Toute relative cette libération.

Le passé, les souvenirs, les erreurs, les errances, la famille, les hommes ; le frère, le fils, le frère mort, la colère du fils, la mort du fils. Le père, le père qui tourne le dos, encore…
Aucun retour possible, tout bascule, inexorablement.

Un récit poignant, une écriture juste et sobre. Laurence Tardieu nous bouleverse. Encore.

 

Laurence Tardieu


Extraits:



"Des hommes m'ont aimée, m'ont suppliée, m'ont fait jouir, m'ont pleurée. Je ne pense pas en avoir aimé un seul. Avec certains, je me suis sentie légère, j'ai ri, je me suis abandonnée, mais aucun, non,aucun ne m'a jamais bouleversée..." 


"Les gardiens, on les prend pour des gens qui souffrent pas. Ils seraient là, à ne rien ressentir… Des conneries tout ça. On est tous pareils. On a faim, on a peur, on a froid, on est seul, on a envie d’une femme, on fait des gosses, on sait plus pourquoi on les a faits mais on les aime quand même, c’est ça qui est incroyable, on les aime quand même… Puis un jour quelqu’un s’en va, quelqu’un que vous aimez, et on se retrouve là, tout seul, comme un con, à être mal, tout le jour, toute la nuit, on est mal, on a envie de chialer mais il y a les gosses, alors faut se retenir, c’est ce que vous disent les autres, faut pas te laisser aller mon vieux, pour tes enfants. Comment on fait, hein ? Moi je sais pas, on m’a pas expliqué comment on faisait pour pas chialer devant ses mômes quand on a mal."
 

"J'entendais la porte d'entrée claquer, puis la voix de ma mère, aiguë, puis celle de papa, lasse - il y a vingt ans de cela elle l'était déjà, lasse -, puis leurs chuchotements, leurs colères étouffées. Leur aversion l'un pour l'autre. A trop vouloir se supporter ils avaient fini par se détester."

 "Mon enfance ressemble à une longue errance dans un couloir silencieux dont les issues auraient été condamnées."

Points N°1722
ISBN 978-2-7578-0248-9
107 pages

(échangé via www.pochetroc.fr)

jeudi 20 septembre 2012

Les Reliques du diable - Nicolas Arthur


Quatrième de couverture:

C’est un jour comme les autres que le monde bascula. Un message apocalyptique annoncé à la télévision. Une prédiction qui se réaliserait un an plus tard, jour pour jour. Une pluie de feu qui balaya l’humanité pendant vingt-quatre heures. À leur réveil, les hommes s’attaquèrent les uns les autres avec une sauvagerie sans pareille. Une nouvelle race d’humains était née: les chimères, douées de capacités extraordinaires. Le milliardaire Michael Landman parvint à canaliser les pouvoirs de certains et à les contrôler pour sauvegarder l’espèce humaine. Le monde était désormais divisé de manière arbitraire en deux clans: les Peacekeepers et les autres, semant le chaos et la mort sur leur passage. Erik Fenton Tyler, lui, échoua aux tests pour accéder à la première catégorie. Mais son destin lui dévoilerait le rôle capital qu’il aurait à jouer dans le devenir de l’humanité…

Mariant clins d’œil aux comics et dimension mystique, Nicolas Arthur signe une fresque apocalyptique captivante et imprévisible où s’entredéchirent anges et démons au cours d’une gigantesque guerre civile. Un cocktail détonnant sans le moindre temps mort pour une réussite du genre.


Mes impressions:

Une annonce étrange faite par un présentateur de journal télévisé à la voix déformée sur le devenir des hommes. Un an après jour pour jour, la prédiction se révèle exacte. Une fine pluie d’étincelles tombe du ciel. Les humains s’écroulent les uns après les autres. La plupart se réveille vingt-quatre heures plus tard dans cet univers post-apocalyptique.

Certains sont morts, d’autres sont transformés à jamais.

Des mutations qui vont faire de certains d’entre eux des créatures d’un nouveau genre dotées de multiples capacités et de pouvoirs surnaturels. Force surhumaine, télékinésie, téléportation, télépathie, pouvoir de maîtriser le temps en sont un échantillon.

Ces nouveaux êtres sont nommés « chimères » à la suite d’une déclaration du Premier Ministre alors que d’autres avec encore plus de capacités et chargés de maintenir un semblant d’ordre sont qualifiés de « peacekeeper ».

Le héros Erik Fenton Tyler, aussi appelé Fenrick ou encore Darklight, n’est pas d’un seul bloc comme les superhéros des années quatre-vingt. C’est un être complexe à la psychologie fouillée. Il est torturé par ses doutes sur l’usage qu’il fait de ses pouvoirs et ses inquiétudes quant à la sécurité de ses proches. Il est tourmenté par ses sentiments pour ceux qu’il aime et pour une femme en particulier ce qui n’est pas sans conséquence sur ses choix.

A l’aspect féerique de l’ensemble s’ajoute le côté chevaleresque d’Erik qui n’hésite pas à se battre pour sa belle, même en la sachant indifférente, et qui surgit toujours au bon moment pour lui venir en aide, quel qu’en soit le prix à payer…

Un univers de comics et des personnages aux multiples facettes donnent une véritable épaisseur à ce récit. 

Nicolas Arthur réussi à surfer avec un certain talent sur la vague des héros torturés. On pense forcément au côté sombre des  X-Men ou encore à Batman version dark knight. Le dénouement totalement inattendu de cette histoire a achevé de me séduire grâce à un message positif. Message d’Amour universel amené plutôt habilement et bien plus profond qu’il n’y paraît. Je dois bien admettre qu’en ce qui me concerne, ce n’était pas gagné d’avance. En effet, je ne suis pas particulièrement friand de ce genre de récit et j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire. Mais la psychologie travaillée des personnages et les différents rebondissements toujours bien amenés ont eu raison de mes réticences. Avis aux amateurs du genre ! 

Un grand merci à Janyce des Editions Publibook 
pour l'envoi spontané de ce livre !



Extraits:

"Dans les semaines qui suivirent, des événements étranges commencèrent à apparaître. Des rumeurs folles sur des hommes qui ne seraient plus tout à fait humains. Des agressions auraient été perpétrées par des hommes qui auraient des pouvoirs surnaturels.
Les autorités nièrent en bloc toutes allégations sans fondements. "Des chimères", cria le premier ministre à un parterre de journalistes alors que les rumeurs se faisaient plus insistantes. Et, quelques semaines plus tard, alors que les preuves s'accumulaient en faveur de cette théorie, un journaliste reprit ironiquement le terme. C'est depuis ce jour que les nouveaux humains furent baptisés 
les "chimères"."

"J'avais enfin l'impression de faire quelque chose de bien. Ma vie avait enfin un sens. J'avais forgé ma destinée au feu de ma volonté. J'avais enfin fini par trouver mon chemin moi le garçon insignifiant, le plus commun des mortels, j'étais devenu l'exception." 


ISBN 978-2-7483-6676-1
287 pages

(Gentiment envoyé par Publibook)
 

jeudi 13 septembre 2012

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer





Quatrième de couverture:

"Un homme et une femme.
Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros.
Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant…
Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux."

Un des dialogues amoureux les plus enchanteurs et les plus intelligents de la littérature contemporaine. (Der Spiegel)

Quand le vent souffle du nord enchantera les lecteurs à l'instar du best-seller épistolaire Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, dont il a l'esprit et le piquant. (Olivia de Lambertie, Elle)


Mes impressions:

Dans la série « Mes lectures de l’été », voici Quand le vent souffle du nord de Daniel Glattauer.

Suite à une erreur de destinataire dans un mail, Emmi et Léo entrent en contact. Bien plus tard à l’occasion d’un envoi groupé de vœux, Emmi va, sans le vouloir, à nouveau entrer en contact avec Léo. C’est le début d’un long et passionné échange de mail. Ils vont se découvrir, s’apprécier, se chercher, se manquer, se désirer…

Autant vous le dire tout de suite, je me suis laissé emporter par le souffle de ce vent du nord. J’ai été pris au piège de ce roman qu’on doit pouvoir qualifier d’épistolaire même si ici, c’est de mails dont il s’agit. J’ai eu envie de savoir comment ces échanges allaient évoluer. Je me suis amusé de leurs jeux puérils souvent, touchants parfois. Je me suis agacé des tergiversations sans fin des deux protagonistes. J’ai eu envie de les secouer, de leurs dire de se bouger un peu au lieu de tout compliquer à loisirs. Mais pour moi, ils n’en demeurent pas moins attachants.

Le rythme est trépidant, on lit les mails à toute allure. Certains sont longs, d’autres tiennent plus de la messagerie instantanée que du mail. Rythme et longueurs des mails traduisent, leurs émotions, leur empressement, leurs troubles et contribuent à nous faire tourner les pages encore et encore, vite, toujours plus vite…

Je pense que le phénomène d’identification n’est pas étranger à mon ressenti et au succès de ce livre. De nos jours, qui n’a jamais été troublé par des échanges de mails avec un ou une inconnue ?

Ce n’est pas inoubliable, ce n’est pas de la grande littérature mais on s’en fout, qu’est-ce que c’est bon !
Alors ne boudez pas votre plaisir et comme moi, laissez-vous porter par la curiosité, la légèreté et même par un brin de sensualité Quand le vent souffle du nord


 


    Daniel Glattauer

Le Livre de Poche N° 32132
ISBN 978-2-253-15730-4
348 pages

(échangé via www.pochetroc.fr)

samedi 18 août 2012

Où on va, Papa ? - Jean-Louis Fournier




Quatrième de couverture:

"Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. [...] Aujourd'hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre. Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. [...] Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux.
Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle.
Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire.
Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien. J'espère quand même que, mises bout à bout, toutes leurs petites joies auront rendu le séjour supportable."
                                                                                                                                            J.-L. F.

Cette longue lettre d'amour, légère et touchante, ne trouvera jamais ses destinataires.C'est une chance de la lire à leur place. (Camille Tenneson, Le Nouvel Observateur)                                                                                        

Une remarquable leçon de vie, sans mélo ni pathos. (Marianne Payot, L'Express.)

                                                                                                             .
Prix Femina 2008


Mes impressions:


Un malheur n’arrivant jamais seul, ce n’est pas un mais deux enfants handicapés que va avoir Jean-Louis Fournier.
Après la stupeur, l’accablement et parfois la honte qui vont le ronger, après avoir plus ou moins tu leur existence, il va choisir l’humour pour exorciser sa douleur. 

« Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une 
patience d'ange, et je ne suis pas un ange. »

Complice de Pierre Desproges qu’il évoque d’ailleurs dans son livre, il va comme lui faire preuve d’un humour noir particulièrement grinçant. Pince sans rire, il suscite parfois des réactions d’effroi de  ses interlocuteurs. Par exemple de la part de Josée qui s’occupe de ses enfants. La scène avec la ventouse est particulièrement hilarante.

C’est toute sa tristesse, sa déception et ses regrets de père n’ayant jamais réellement pu communiquer, au sens traditionnel du terme, avec ses enfants que l’auteur exprime ici. Il est délibérément dans la provocation, il veut susciter les réactions et y parvient sans mal. Il n’hésite pas non plus à en faire parfois un peu trop, le propos n’est pas ici de faire pleurer dans les chaumières. Au contraire, pas de simagrées mais du parler vrai.

 « Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse. Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague. L'air dégagé et souriant, je m'offre le luxe de dire : "Les enfants handicapés, j'ai déjà donné." »

Prendre ce livre au premier degré serait un écueil que certains n’ont pas évité au vu de quelques critiques outragées.

Pour ma part, ce livre m’a ému, touché et amusé souvent. Un livre qu’il faut avoir lu, une écriture simple, concise, efficace sans fioriture.

« Un livre que j’ai écrit pour vous. Pour qu’on ne vous oublie pas, que vous ne soyez pas seulement une photo sur une carte d’invalidité. Pour écrire des choses que je n’ai jamais dites. »

La plus belle des déclarations d’Amour d’un père à ses enfants… 


Jean-Louis Fournier


Un autre regard:

En réaction à ce livre dans lequel elle n'a pas toujours forcément reconnu ses enfants, leur mère a crée un site dans lequel elle donne sa version de leur histoire.

On y apprend que Jean-Louis Fournier semble aussi parfois manquer d'humour.

Douleur contre douleur ?...

Pour découvrir ce site, cliquez ICI

Le Livre de Poche N° 31708
ISBN 978-2-253-12784-0
145 pages

(échangé via www.pochetroc.fr)

dimanche 12 août 2012

Le lièvre de Vatanen - Arto Paasilinna






Quatrième de couverture:

Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Vatanen est journaliste à Helsinki. Alors qu'il revient de la campagne, un dimanche soir de juin, avec un ami, ce dernier heurte un lièvre sur la route. Vatanen descend de voiture et s'enfonce dans les fourrés. Il récupère le lièvre blessé, lui fabrique une grossière attelle et s'enfonce délibérément dans la nature.
Ce roman culte dans les pays nordiques conte les multiples et extravagantes aventures de Vatanen remontant au fil des saisons vers le cercle polaire avec son lièvre fétiche en guise de sésame. Il invente un genre : le roman d'humour écologique.





Mes impressions:


De l’influence d’un événement apparemment anodin sur le cours de la vie d’un homme.

Vatanen est un journaliste finlandais qui rentre de reportage avec un collègue. Quand soudain, leur voiture percute un petit animal. Il s’agit d’un lièvre. Vatanen descend de la voiture, se saisit du lièvre et lui bricole une attelle de fortune. Sa vie ne sera plus jamais la même.

Vatanen, à travers cet événement semble prendre conscience de la fragilité de la vie, du côté vain de son existence et de sa nouvelle responsabilité vis-à-vis de cet être vivant dont il se sent  désormais responsable. Lassé d’un travail qui ne l’enthousiasme plus, d’une vie de couple totalement affligeante  dans laquelle il se sent inutile, plus du tout à sa place, cet incident lui fait tout remettre en question en quelques minutes. Il s’enfonce dans la forêt avec son nouveau compagnon de route laissant son confrère dépité puis irrité par son comportement.

L’homme et l’animal semblent se comprendre sans même pouvoir se parler, une communion au-delà des mots. C’est alors que leur on périple commence.

Nous allons donc, à leur côté, traverser la Finlande du Sud au Nord, Helsinki, Rovaniemi, Sodankyla... Un voyage plein de surprises, parfois agréables, parfois effrayantes, un voyage jalonné par une multitude de rencontres animales ou humaines mais chaque fois riches en émotions. Défile une galerie de personnages hauts en couleurs plus farfelus les uns que les autres. A travers Vatanen, c’est un peu de lui que nous parle Paasilinna. Il lui fait vivre des expériences dans des domaines qui lui sont familiers à travers, par exemple des professions qu’il a exercées notamment comme bucheron. Le respect de la nature, l’écologie, la remise en question, le changement par le renoncement au matériel sont au centre du livre.

C’est très drôle, toujours surprenant et plein de bon sens. Je préfère ne pas trop entrer dans les détails pour vous garder l’effet de surprise qui fait tout le sel de ce roman. Le cadre finlandais contribue bien évidemment au dépaysement et m’a vraiment donné envie d’en découvrir ses magnifiques paysages.

Ce livre acheté dans un vide-grenier était dans ma PAL et c’est l’excellente critique d’Ellcrys qui m’a convaincue de le lire et je l’en remercie chaleureusement. Par contre, j’ai eu un moment d’hésitation en constatant sur la couverture de mon exemplaire qu’un film avait été adapté avec Christophe Lambert dans le rôle-titre. Christophe Lambert, le pire acteur au monde avec Timothy Dalton selon moi… Passé ce moment de doute, je l’ai commencé et je ne le regrette pas. Je jetterai même un œil sur l’adaptation si l’occasion se présente un jour, je pense.

Conquis par l’écriture d’Arto Paasilinna, je me suis procuré Prisonniers du paradis qui m’attend sagement dans ma PAL.





Extraits:
"Vatanen passa plusieurs semaines dans les marais de Posio; il lut pendant cette période plusieurs bons livres.
Ses conditions de vie étaient très primitives.
Le travail était dur, mais Vatanen y prenait plaisir: il sentait ses forces grandir et n'avait pas à supporter l'idée de devoir faire ce travail tout le restant de ses jours"


"Tôt le matin, Vatanen fut réveillé par le chant des oiseaux dans la bonne odeur de foin d'une grange. Le lièvre reposait dans le creux de son bras; il semblait suivre le vol des hirondelles qui se glissaient sous le faite - elles construisaient sans doute encore leur nid, ou peut-être avaient-elles déjà des petits, vu l'ardeur qu'elles mettaient à entrer et sortir de la grange."

 Arto Paasilinna


Folio  N° 2462
ISBN 2-07-038602-3
237 pages

(acheté dans un vide-grenier)

samedi 11 août 2012

Mary Ann en automne - Armistead Maupin

Chronique de San Francisco - Épisode 8





Quatrième de couverture:

"Mary Ann flâne sur Russian. Elle est revenue à San Francisco, ville de sa jeunesse, après vingt ans d'absence. Sa vie est en miettes: trompée par son mari, atteinte d'un cancer, elle vient chercher du réconfort auprès de son vieil ami, Michael Tolliver. De confidences en escapades, Mary Ann savoure les plaisirs d'une liberté retrouvée. Un retour aux sources pour un nouveau départ ?"

"Armistead Maupin continue d'explorer le nouvel ordre amoureux de son époque dont il reste l'un des meilleurs chroniqueurs."  L'Express


Mes impressions:


C’est en 2009, année de tous les changements dans ma vie, que j’ai découvert les aventures des habitants du 28 Barbary Lane crées par Armistead Maupin dans ces célèbres Chroniques de San Francisco. Je venais de terminer les six premiers tomes quand le septième est sorti. Je l’ai lu comme les autres, il était évident pour moi que je lirai ce huitième opus.

Ma mémoire étant ce qu’elle est, je serai bien incapable de vous résumer chaque tome de leurs aventures mais je dois dire que c’est avec plaisir que j’ai retrouvé tous ces personnages qui me sont devenus un peu familiers. Tout s’est mis en place facilement, j’ai avec plaisir retrouvé mes marques.

Mary Ann a surpris son mari en plein ébats sexuels sur skype. Imaginez-vous un instant à sa place, ça doit tout de même être violent comme image…  De plus, on vient de lui diagnostiquer un grave problème de santé, c’est donc très logiquement qu’elle revient auprès de son grand ami Mickaël chercher soutien et réconfort. Ce dernier a désormais la soixantaine, il est toujours marié avec Ben de vingt ans son cadet. Mme Madrigal reste égale à elle-même, sage et bienveillante envers tout son petit monde, malgré son âge très avancé. Jake, apparu dans le précédent volume,  est  en attente de son opération et veille au bien-être de la vieille dame où peut-être est-ce l’inverse, allez savoir… On retrouve aussi Shauna, fille adoptive de Mary Ann et du regretté Brian. Les deux femmes n’ont gardé quasiment aucun contact.

Dans ce nouveau volume, l’auteur croque une nouvelle fois son époque. Tout y est évoqué. L’élection d’Obama, la proposition N°8, Internet et ses dérives, Facebook et ses risques (demandez à Mary Ann !). Shauna est l’auteur d’un blog très en vue ou elle évoque entre autre sa vie sexuelle, ce qui n’est pas forcément du goût d’Otto son compagnon du moment. Il traite aussi de la fidélité dans les couples, hétéros ou homos, la peur de l’engagement, l’acceptation de soi ou le rejet de ce que l’on est vraiment… Autant de thèmes qui trouvent échos en nous ou autour de nous. De plus, il y a toujours l’humour et le parler vrai qui font le charme de cette série.

Le tour de génie d’Armistead Maupin est d’avoir imaginé une intrigue secondaire qui va se révéler être l’intrigue clé du roman. En ingénieux feuilletoniste, il boucle ici une histoire que l’on croyait bouclée mais qui ne l’était pas. Au final, tout se recoupe, tout se tient pour le plus grand plaisir du lecteur. Personnellement, je trouve que ce n’était pas toujours le cas de certains volumes. J'ai aussi trouvé amusant le clin d’œil furtif de l'auteur à Gabriel Noone, héros de son roman Une Voix dans la nuit, façon de relier ce dernier à l'univers des Chroniques.

Mary Ann en automne pour une attachante Mary Ann à l’automne de sa vie ? Sans doute. Mais pour moi, elle est plutôt à l’aube d’une nouvelle vie. 

Croyez-moi, il y a une vie après soixante ans, si, si…
Croyez-moi, ils reviendront, si, si…

Vous l’aurez compris, ce fut pour moi une lecture très agréable, idéale sur la plage, les doigts de pieds en éventail. 



Extrait:

"Tu me connais. Personnellement, un yaourt et un demi-sandwich, ça me va très bien.
- C'est pour ça que tu es encore si mince et si jolie."
C'était une remarque tellement adorable qu'elle ne put retenir ses larmes.
"Excuse-moi, bredouilla-t-elle en s'essuyant les yeux. Je te promets que ce ne sera pas comme ça.
- Oh, arrête !
- Quoi ?
- Evidemment que ça va être comme ça. On est en train de dire adieu à ton utérus. Il nous faudra bien verser quelques larmes si on veut faire ça décemment."



Armistead Maupin et son mari Christopher Turner


Points N°2829
ISBN 978-2-7578-2824-3
349 pages


(échangé via www.pochetroc.fr)

dimanche 15 juillet 2012

Les Anges Déchus - Catherine LOCANDRO


Tel est tué qui croyait tuer.





Quatrième de couverture :

Nathan a promis à sa mère de ne pas partir avant elle. Maintenant qu'elle est morte, il est libre de mourir.
Gabriel habite un grand appartement vide. Il est l'assistant d'un dénommé Marcus, tueur à gages.
Secrète, sans attaches, Angèle vit d'hôtel en hôtel.

Entre débauche et trafic, trois êtres mystérieux promènent leur solitude, leur désespoir et leurs déceptions dans une ville sans nom. Double jeu, double visage, le trio va se chercher, se croiser - parfois sans s'en apercevoir - et jouer à la vie, à la mort, un ballet d'ombres.

Décors aux reflets bleu nuit, bande-son à la Chet Baker, ce scénario serré puise sa force dans l'épure jusqu'au choc final.

Un roman noir qui flirte avec la violence 
et capture la fragilité.


Mes impressions :

Une atmosphère électrique. Des personnages torturés qui se sont croisés et qui vont se recroiser. 

Un passé qu’on refuse d’oublier pour l’un. Des liens du sang qu’on voudrait effacer pour l’autre.

Doit-on aimer un frère ? Peut-on accepter de ne pas être aimé d’une sœur ? Peut-on choisir sa mort et attendre paisiblement de la voir venir ?

Anti-héros, psy, tueurs à gages, prostituées et relations compliquées sont les ingrédients de ce diabolique petit roman noir.  

Un livre dans lequel on entre et qu’on traverse à toute allure emporté par une écriture qui, par certains côtés, m’a rappelé celle d’Emmanuèle Berheim. Une écriture ciselée, concise. Un style rythmé, vif.  On se laisse prendre au piège, on veut savoir ce qui va se passer, comment les personnages vont évoluer. Et la fin déboule, percutante !

Un petit livre efficace. Un vrai bon moment de lecture.


  Catherine Locandro

Née en 1973, Catherine Locandro a travaillé plusieurs années dans l'audiovisuel. En 2004, paraît son premier roman, Clara la nuit, qui remporte le prix René Fallet. L'année suivante, elle publie Soeurs. Les Anges déchus est son troisième roman.

ISBN 978-2-35087-039-7
124 pages

(Prêté par une collègue)

samedi 7 juillet 2012

La patte d'oie - Antoine GOUGUEL





Quatrième de couverture:

PAR L'AUTEUR DE " CHIFOUMI ! " 

En partenariat avec BoD, les Éditions du Frigo rassemblent, conservent, publient, diffusent, des textes gay, grinçants, frais, jubilatoires,souvent posthumes et toujours anonymes.


Résumé éditeur:

Un dimanche pas comme les autres dans village du sud de la France, Virrelongues et ses acteurs principaux dont le curé et sa bonne, le maire et son amante, la baronne et ses trois fils dont cette canaille de Thomas... et Julien, l’Idiot qui écrit partout et que l’on retrouve assassiné avec les ciseaux du coiffeur. Paul, un homo de 28 ans qui n'arrive pas à écrire son premier roman, mène plus ou moins l’enquête aidé du couple très gay que forment le facteur et son compagnon entomologiste. Mais il va se perdre dans le labyrinthe de ses sentiments amoureux et comme il n’y a pas de village sans folle...


Mes impressions


Antoine GOUGUEL a encore frappé !

C’est lors de mon premier partenariat avec Les Agents Littéraires que j’ai découvert l’écriture d’Antoine GOUGUEL en lisant Chifoumi. Le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’avais pas été vraiment séduit, loin de là. Pour vous en convaincre, vous pouvez lire ma critique en cliquant ici.

C’est donc avec stupéfaction, (oui, c’est le mot car je ne m’y attendais pas du tout) que j’ai découvert dans ma boite à lettres que les Editions du Frigo m’avait envoyé son nouveau livre.

J’y suis donc allé en laissant mes « légers » à priori de côté, en prenant les choses au Xème degré (le choix de la lettre n’est pas anodin…) et je dois bien admettre que j’ai davantage apprécié ce nouvel opus.
L’histoire se déroule sur une journée, de onze heures à vingt heures, de manière chronologique comme dans un épisode de 24 heures chrono, ce qui donne rythme et tenue au récit.

L’auteur aligne toujours certains clichés selon moi mais pour mieux les tourner en dérisions et donc leur tordre le cou. L’humour est très présent, tout comme une grande dose d’autodérision notamment envers les personnages gays. 

« -Tu sais que Julien s’est fait un chapeau de mousquetaire ? Il a collé des antennes torsadées sur sa casquette et il leur a accroché des vieux tissus rouges. Il se balade comme ça. C’est son nouveau look. Il ressemble à une voyante de foire, à un totem humain… Ou à un poète…
 -Ou à une folle tordue ! »

« Paul calait. Il prit une autre voie, partit sur une autre idée, celle de la carte de France en relief que, jeune élève, il avait retournée pour faire une farce à son instituteur et pour frimer devant ses camarades. Il constatait qu’il était déjà recto-verso à l’époque. »

Au passage, la religion catholique et ses représentants, aux mœurs plus que douteuses ici, sont bien égratignés à travers un personnage de prêtre qui n’a pas bien compris la définition de vœux de chasteté et bien d’autres choses encore…

Personnages loufoques et/ou tourmentés, humour, dérision, meurtres, sexe et suspens: les ingrédients d’un deuxième roman que je trouve beaucoup plus fluide et abouti que le premier.


Un grand merci aux Éditions du Frigo pour l’envoi spontané de ce livre.



 L'arme du crime ?...

Les Éditions du Frigo
ISBN 9782810623457
144 pages

( Gentiment envoyé par les Éditions du Frigo )

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