samedi 27 octobre 2012

L'Auberge des pauvres - Tahar Ben Jelloun




 
Quatrième de couverture:

Un universitaire marocain rumine une vie médiocre. Son couple est usé et son poste d’enseignant l’ennuie. Jusqu’au jour où il est sélectionné par la mairie de Naples pour venir rédiger un portrait de la ville. À peine arrivé, il découvre un bâtiment extraordinaire et délabré : l'Auberge des Pauvres. Sa dernière résidente, la Vieille, le conduira dans un dédale de contes pittoresques et flamboyants...

          "La passion est un ouragan, quelque chose de sublime qui précipite le désastre."

Écrivain d'origine marocaine mondialement connu, Tahar Ben Jelloun est né à Fès en 1944. Il a écrit des romans, des essais et des recueils de poésie. Il a reçu le prix international IMPAC en 2004 pour Cette aveuglante absence de lumière, également en Points.

« C'est tout Ben Jelloun, ces mille et une sources d'invention, cette crue bienfaisante de l'imaginaire. » (Le Monde)


L'Auberge des pauvres...


Mes impressions:




Parlons d’abord de ce livre en tant qu’objet. Une couverture dans des nuances de rouge. Rouge. Rouge chaud, rouge passion, rouge sang. La vie, l’amour, la mort. Un vieux canapé ou un vieux fauteuil, plusieurs tissus chamarrés, tissus fleuris, tissus rayés. Un mur, un mur patiné par la vie, un mur patiné par le temps.   
"C’est une tristesse qui a pris les couleurs de la ville impériale, rouge ocre, rouge sang, rouge brique, rouge crépuscule, rouge coquelicot, rouge cramoisi, rouge tout rouge comme une veillée de fin de Ramadan, rouge comme une blessure ouverte, comme une nuit opaque, comme un fleuve peint par le soleil couchant, comme le silence de ceux qui nous ont quittés et continuent à nous parler en nous adressant des signaux de lumière rouge, comme le feu qui s’éteint, n’ayant plus rien à brûler, rouge comme les mots qui se consument au seuil de la vieille porte, des mots injustes et impitoyables qui font mal le jour comme la nuit, couleur fondue dans l’isolement du silence qui s’enlise […]"  

Parlons de l’histoire maintenant. C’est l’histoire d’un homme lassé par son travail, lassé par sa femme, lassé par sa vie. Il en est sûr, son échappatoire se fera par l’écriture ou ne se fera pas. Joyce a eu son Ulysse, il aura le sien, enfin quelque chose dans le genre. Il ne sait pas encore très bien. Son salut va venir d’un concours d’écriture qu’il va remporter et pour lequel il est envoyé à Naples afin d’écrire la ville…

Un étrange appel téléphonique va le conduire jusqu’à la bien nommée « Albergo dei Poveri », l’Auberge des pauvres. Un imposant bâtiment délabré, laissé totalement à l’abandon après avoir accueilli autrefois toutes les misères du monde. Dans les multiples et labyrinthiques méandres de ce palais des cabossés de la vie, il va faire une rencontre capitale avec une vieille femme : la Vieille. 
  
"Je suis devenue une terre sèche et aride, un coeur blessé, une eau saumâtre, un figuier sauvage sans fruits, une colline de détritus, une plante brûlée, un buis abandonné tout jauni à l'intérieur, une feuille de papier gras, un livre illisible, une voix tapie au fond d'un puits dans un pays sans nom, une écorce amère, un miroir éteint, une vieille pierre infiltrée d'eau et de sel, une algue accrochée à des souvenirs pleins de mouches, des souvenirs fatigués d'être là, ancrés chez une vielle femme qui n'a plus sa tête..."

Détentrice de toutes les histoires et de tous les secrets les plus sombres et les plus impudiques de la ville et de ses habitants, cette vieille femme aussi fascinante que repoussante m’est apparue comme une sorte de gorgone, de méduse gardienne de toutes ces âmes perdues… Elle a vécu plusieurs vies, elle a aimé, elle a souffert mais jamais à moitié. Quand elle a aimé, c’est passionnément, quand elle a souffert, c’est douloureusement. Perchée sur son trône, son vieux fauteuil hors d’âge et hors d’usage, elle règne sur sa cour, sur ses sujets telle une déesse underground autant vénérée que redoutée dans cette Naples interlope. Des bas-fonds de la ville aux tréfonds de l’âme humaine.  La Vieille comme une allégorie de la Ville. Vieille, ville… L’âme de la ville.

"En fait, une ville ce sont des visages, des corps qui bougent, se confondent, se disputent, s’enlacent, se déchirent, des foules qui se pressent devant un marchand de poulpe, un cercueil qui passe, du linge qui sèche sur un balcon ou entre deux immeubles dans une rue étroite, un peu de suie sur la pierre, du néon qui clignote, des odeurs de cuisine, un parfum de vieille dame, un autobus en panne dans une rue très passante, des Gitans qui tendent la main, d’autres qui fouillent dans votre sac, une galerie vide le matin, pleine d’immigrés le soir, un café tous les cent mètres, des enfants qui traversent sans faire attention, des rumeurs, de la fumée qui monte au ciel, des amoureux qui se croient seuls au monde, des nuages qui s’amassent, une voiture de pompiers bloquée dans une ruelle, un libraire qui chante, un mendiant qui joue de l’accordéon, une lumière descendant lentement du ciel, une femme qui pleure la tête contre le mur, un tramway arrêté, un funiculaire qui monte, un autre qui descend, une actrice qui se tord la cheville, un mangeur de pizzas qui la regarde, un poète qui perd la tête, un vieux matelas couvert de taches de sang et de sperme sur le trottoir, une télé morte, un réfrigérateur cassé, une publicité pour des serviettes hygiéniques, une autre pour des couches, un balcon qui penche, un jour il tombera sans tuer ou en tuant des passants, la place du Plébiscite ouverte aux artistes, le palais royal s’ennuie, les églises se remplissent de touristes, l’odeur du café le matin, l’odeur du pain grillé et moi qui me réveille après une longue nuit d’un bon sommeil…C’est ça une ville vivante…"

De récits en histoires, de confidences en réflexions, d’illusions en désillusions, chacun apporte sa contribution et sa pierre à l’édifice, de la ville comme de l’histoire… Chacun cherche son moi… Histoires d’amours au pluriel, amours finis, amours perdus, amours rêvés, amours fantasmés, amours contrariés…

"[…] elle ne portait rien sous la robe, pas de culotte, pas de soutien-gorge, rien, ça se voyait, elle me demanda de lui retirer sa robe, je me mis à genoux et mis ma tête contre son pubis, il sentait le parfum de l’amour, quelle merveille, quelle senteur paradisiaque, tu sais, ce parfum unique au monde et qui n’est jamais le même d’une femme à l’autre […], bref elle sentait le musc, la beauté, la bonté, la vie, voilà c’est le parfum de la vie, le parfum du bonheur[…]."

J’ai adoré ce livre donc j’ai d’autant plus de mal à en parler. Une langue magnifique, un émerveillement à chaque page, l’envie de tout noter, de tout relever. Des retours en arrière, pour relire un paragraphe, une fois, deux fois, trois fois. Pour en savourer la poésie, la musicalité, le bon sens. Ce livre m’a emporté, transporté, touché, ému, séduit. Jamais je n’ai eu un livre rempli d’autant de post-it. Envie de me souvenir de tout. Jamais je ne crois avoir autant savouré les phrases d’un livre. Plus que l’histoire, j’ai été envouté, c’est ça, envouté par l’écriture de Tahar Ben Jelloun. Magique, magnifique, poétique…




Mon exemplaire...


Extraits:

"Après tout, une forte passion, même quand ça se termine mal, c'est pas mal, ça fout un peu de désordre et beaucoup de vie dans les veines."


"Je pense que nous avons tous dans notre vie des moments d'absence, un état d'inconscience qui nous gouverne et nous fait faire des choses que nous regrettons ensuite. C'est ce que j'appelle le destin. on n'est pas maître de son destin. Je ne suis pas fataliste mais il y a un moment où on subit la vie tout en croyant que c'est nous qui décidons."

"C'est formidable les gens qui ont des certitudes, qui ne doutent jamais. Ce sont des gens en béton. Mais il faut se méfier du béton. La moindre fêlure dans le mur peut entrainer la chute de toute la maison." 

"La vie et l'amour, c'est la même chose. Quand l'amour s'absente, comme la vie, le femme s'éteint, elle devient une autre. Une femme fanée, c'est pas beau. Les femmes ont davantage besoin de sentiments, de poésie et de magie pour rester vivantes.[...] Les femmes donnent, prennent des risques, vont jusqu'au bout de leur folie. Les hommes, c'est différent. Ils aiment la conquête, ensuite ils s'ennuient. Ils ne sont pas très courageux."


"Toute dépression est une rupture brutale, une confrontation avec soi dans la solitude." 

"La dépression frappe au hasard. C'est une maladie, pas un état d'âme."

"[...] toutes les histoires sont des histoires d'amour, et quand elles se terminent mal, elles échouent là, dans ce sous-sol, comme des épaves, de tristes choses qui se cognent contre le mur de la vie."


"Il faut éviter d'atteindre les sommets, surtout dans la passion."

"Tout a commencé par une nuit claire et douce, il y a longtemps. On ne se méfie jamais assez des nuits claires et douces.. L'âme se laisse séduire, abdique et se retrouve brisée." 

"On parle d'amour quand on souffre. Le manque, l'absence, l'attente attisent la souffrance, et on appelle ça de l'amour."

"Ces deux hommes ne parlent que d'amour, on dirait des femmes. Gino est un grand compositeur; quant à l'écrivain, il écrit des poèmes qui calment même les chats..."  

"L'Islam, on lui fait dire et faire ce qu'on veut. La religion, c'est souvent le tout et le contraire de tout. Il faut que chacun y puise son miel." 


"Chaque personne est une armoire pleine d'histoires, il suffit d'ouvrir les tiroirs, c'est comme un chapelet qu'on égrène." 

 Tahar Ben Jelloun
  

Découvrez aussi le magnifique billet de Nad

Points N°746
ISBN 978-2-02-041390-9
286 pages

(reçu pour mon anniversaire)


mercredi 17 octobre 2012

La Comédie des mots - Régine Detambel





Quatrième de couverture:

Comment réaliser vous-même vos lettres d'amour et vos poèmes inoubliables ? Clouer le bec de vos ennemis d'une cinglante épigramme ?
Se jouer des mots entre la poire et le fromage ? Bref, savoir ce que parler veut dire ?
Du préfet Poubelle, qui donna son nom à l'ustensile, jusqu'à l'énigmatique palindrome, La Comédie des mots explore en se jouant le monde humoristique des anagrammes et des plagiaires, de l'argot, des virelangues et de l'Académie française.
On y trouve des quatrains pour répondeur téléphonique, la correspondance rose de George Sand et Alfred de Musset, mais aussi du verlan, des calembours... et même la véritable histoire du mot de Cambronne !



Mes impressions:



Savez-vous ce que sont palindromes, acrostiches, tautogrammes ou épigrammes ? 

Si comme moi, vous le savez plus ou moins approximativement mais auriez du mal à les définir précisément, ce recueil est fait pour vous et pour vos enfants auxquelles il s’adresse en priorité.


Dans un style très accessible et ludique, Régine Detambel nous éclaire. Son livre est constitué d’une série de chroniques originellement publiées dans La Gazette de Montpellier d’octobre 1994  à mars 1997.
Des exemples drôles et donc facilement mémorisables, des anecdotes marquantes empruntées aux œuvres d’auteurs de tous horizons, Georges Perec, Alphonse Allais, Tristan Bernard et bien d’autres.
Régine Detambel nous parle aussi de censure, nous rappelle qu’Hugo, Flaubert, Baudelaire en ont fait les frais.

On y apprend aussi l’origine des titres de certaines œuvres. Saviez-vous que le titre du Bonjour Tristesse de Sagan est à l’origine un vers de Paul Eluard ?

Un livre intelligent et drôle preuve concrète qu’apprendre en s’amusant, c’est possible.
  


 Régine Detambel

Extraits:

"Le seigneur de La Palice, maréchal de France, était si bien bâti qu'on lui dédia cette chanson : "Un quart d'heure avant sa mort, il faisait encore envie." L'usage déforma ce vers en "Un quart d'heure avant sa mort, il était encore en vie." Voilà, dit-on, comment fut inventée la première Lapalissade !" 


"Sète sonne nos étés", voilà un palindrome estival. D'autres sont comiques. Par exemple, "Tu l'as trop écrasé, César, ce port-salut..." 



Gallimard Jeunesse
Collection Page Blanche
ISBN 2-07-050798-X
191 pages

(chiné dans un vide-grenier)
 

mardi 16 octobre 2012

La Noiraude - Jean-Louis Fournier & Gilles Gay









Quatrième de couverture:

- Allô, bonjour Docteur, la Noiraude à l'appareil.
- Bonjour la Noiraude, qu'est-ce qui ne va pas encore ?
- Docteur, c'est affreux, on publie un livre sur moi.
- C'est très bien, la Noiraude ! Il est temps que les lecteurs vous découvrent.
- Oui, mais ils vont découvrir mon coeur de biche qui bat
 au milieu de mes rumsteaks, et ils vont se moquer.
- Au contraire, la Noiraude, 
ils vont vous aimer encore plus...


Mes impressions: 

Est-ce que ça flotte une vache ? Que faire contre les mouches ? Combien faut-il compter de moutons pour s'endormir ? 
Qui donc peut se poser des questions pareilles ? C'est la Noiraude à l'appareil ! 

Ce pauvre bovidé un tantinet neurasthénique et fort susceptible rumine des idées noires quand il se fait traiter de "grosse vache". Naïve, la Noiraude subit sans broncher les méchancetés de Blanchette. Hypocondriaque, elle appelle son vétérinaire pour un oui ou pour un non. Alors, elle aspire à autre chose, elle rêve de quitter le plancher des vaches, de nager la brasse papillon, de s'appeler Gisèle. En fait, elle voudrait être une biche.

Vous avez dit ringarde la Noiraude ? Has been ? Pas du tout ! Elle n'a pas pris une ride. Elle est même en avance sur son temps: elle voyage en Inde et en Amérique, elle lutte contre la corrida, elle fait un bébé toute seule.
Sacrée vache la Noiraude !
                                                                                                                                                (Anthony)



 "Allô, Docteur, la Noiraude à l'appareil."
  
Stock
ISBN 223405172.X
94 pages

(acheté sur www.priceminister.fr)

lundi 8 octobre 2012

Le Jugement de Léa - Laurence Tardieu






Quatrième de couverture:

Elle a commis ce qu'il y a de pire pour une mère. Depuis la mort de son petit Théo, Léa s'est murée dans un terrible silence. Même les larmes ne coulent pas. Aujourd'hui, elle attend le verdict des jurés. Lorsqu'un gardien lui parle, la regarde, elle lâche enfin prise. Du fond de sa détresse, Léa confie à cet inconnu ce qu'elle n'a jamais réussi à raconter, même à son procès.

          "C'est un cauchemar, Léa.
          Tu vas te réveiller, tout sera dissipé, il n'y aura plus de peur, il n'y aura plus d'attente."

Laurence Tardieu, née en 1972, est comédienne et romancière. Elle a également publié Comme un père (2002) et Puisque rien ne dure (2006).

"Laurence Tardieu n'a pas besoin de beaucoup de personnages pour créer un univers.
Un roman léger en pages, mais lourd en émotions."  (L'Express)
 




Mes impressions:



Accusée d’infanticide, Léa attend le verdict de son procès.

Infanticide, le pire des crimes ? Pourquoi ? Comment en est-elle arrivée là ? Comment peut-on en arriver là ? Le sait-elle elle-même ? Prostrée, mutique, dans l’incapacité totale de parler, de pleurer. Indifférente ? Le silence synonyme d’indifférence ? La douleur qui enserre le cœur ?

Dans l’exiguïté d’une salle, en attente d’une décision forcément terrible, la parole va se libérer.
Un gardien. Quelques regards suivis de quelques mots, deux solitudes, deux souffrances ou quand la suffocation laisse place à une forme de libération. Toute relative cette libération.

Le passé, les souvenirs, les erreurs, les errances, la famille, les hommes ; le frère, le fils, le frère mort, la colère du fils, la mort du fils. Le père, le père qui tourne le dos, encore…
Aucun retour possible, tout bascule, inexorablement.

Un récit poignant, une écriture juste et sobre. Laurence Tardieu nous bouleverse. Encore.

 

Laurence Tardieu


Extraits:



"Des hommes m'ont aimée, m'ont suppliée, m'ont fait jouir, m'ont pleurée. Je ne pense pas en avoir aimé un seul. Avec certains, je me suis sentie légère, j'ai ri, je me suis abandonnée, mais aucun, non,aucun ne m'a jamais bouleversée..." 


"Les gardiens, on les prend pour des gens qui souffrent pas. Ils seraient là, à ne rien ressentir… Des conneries tout ça. On est tous pareils. On a faim, on a peur, on a froid, on est seul, on a envie d’une femme, on fait des gosses, on sait plus pourquoi on les a faits mais on les aime quand même, c’est ça qui est incroyable, on les aime quand même… Puis un jour quelqu’un s’en va, quelqu’un que vous aimez, et on se retrouve là, tout seul, comme un con, à être mal, tout le jour, toute la nuit, on est mal, on a envie de chialer mais il y a les gosses, alors faut se retenir, c’est ce que vous disent les autres, faut pas te laisser aller mon vieux, pour tes enfants. Comment on fait, hein ? Moi je sais pas, on m’a pas expliqué comment on faisait pour pas chialer devant ses mômes quand on a mal."
 

"J'entendais la porte d'entrée claquer, puis la voix de ma mère, aiguë, puis celle de papa, lasse - il y a vingt ans de cela elle l'était déjà, lasse -, puis leurs chuchotements, leurs colères étouffées. Leur aversion l'un pour l'autre. A trop vouloir se supporter ils avaient fini par se détester."

 "Mon enfance ressemble à une longue errance dans un couloir silencieux dont les issues auraient été condamnées."

Points N°1722
ISBN 978-2-7578-0248-9
107 pages

(échangé via www.pochetroc.fr)

jeudi 20 septembre 2012

Les Reliques du diable - Nicolas Arthur


Quatrième de couverture:

C’est un jour comme les autres que le monde bascula. Un message apocalyptique annoncé à la télévision. Une prédiction qui se réaliserait un an plus tard, jour pour jour. Une pluie de feu qui balaya l’humanité pendant vingt-quatre heures. À leur réveil, les hommes s’attaquèrent les uns les autres avec une sauvagerie sans pareille. Une nouvelle race d’humains était née: les chimères, douées de capacités extraordinaires. Le milliardaire Michael Landman parvint à canaliser les pouvoirs de certains et à les contrôler pour sauvegarder l’espèce humaine. Le monde était désormais divisé de manière arbitraire en deux clans: les Peacekeepers et les autres, semant le chaos et la mort sur leur passage. Erik Fenton Tyler, lui, échoua aux tests pour accéder à la première catégorie. Mais son destin lui dévoilerait le rôle capital qu’il aurait à jouer dans le devenir de l’humanité…

Mariant clins d’œil aux comics et dimension mystique, Nicolas Arthur signe une fresque apocalyptique captivante et imprévisible où s’entredéchirent anges et démons au cours d’une gigantesque guerre civile. Un cocktail détonnant sans le moindre temps mort pour une réussite du genre.


Mes impressions:

Une annonce étrange faite par un présentateur de journal télévisé à la voix déformée sur le devenir des hommes. Un an après jour pour jour, la prédiction se révèle exacte. Une fine pluie d’étincelles tombe du ciel. Les humains s’écroulent les uns après les autres. La plupart se réveille vingt-quatre heures plus tard dans cet univers post-apocalyptique.

Certains sont morts, d’autres sont transformés à jamais.

Des mutations qui vont faire de certains d’entre eux des créatures d’un nouveau genre dotées de multiples capacités et de pouvoirs surnaturels. Force surhumaine, télékinésie, téléportation, télépathie, pouvoir de maîtriser le temps en sont un échantillon.

Ces nouveaux êtres sont nommés « chimères » à la suite d’une déclaration du Premier Ministre alors que d’autres avec encore plus de capacités et chargés de maintenir un semblant d’ordre sont qualifiés de « peacekeeper ».

Le héros Erik Fenton Tyler, aussi appelé Fenrick ou encore Darklight, n’est pas d’un seul bloc comme les superhéros des années quatre-vingt. C’est un être complexe à la psychologie fouillée. Il est torturé par ses doutes sur l’usage qu’il fait de ses pouvoirs et ses inquiétudes quant à la sécurité de ses proches. Il est tourmenté par ses sentiments pour ceux qu’il aime et pour une femme en particulier ce qui n’est pas sans conséquence sur ses choix.

A l’aspect féerique de l’ensemble s’ajoute le côté chevaleresque d’Erik qui n’hésite pas à se battre pour sa belle, même en la sachant indifférente, et qui surgit toujours au bon moment pour lui venir en aide, quel qu’en soit le prix à payer…

Un univers de comics et des personnages aux multiples facettes donnent une véritable épaisseur à ce récit. 

Nicolas Arthur réussi à surfer avec un certain talent sur la vague des héros torturés. On pense forcément au côté sombre des  X-Men ou encore à Batman version dark knight. Le dénouement totalement inattendu de cette histoire a achevé de me séduire grâce à un message positif. Message d’Amour universel amené plutôt habilement et bien plus profond qu’il n’y paraît. Je dois bien admettre qu’en ce qui me concerne, ce n’était pas gagné d’avance. En effet, je ne suis pas particulièrement friand de ce genre de récit et j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire. Mais la psychologie travaillée des personnages et les différents rebondissements toujours bien amenés ont eu raison de mes réticences. Avis aux amateurs du genre ! 

Un grand merci à Janyce des Editions Publibook 
pour l'envoi spontané de ce livre !



Extraits:

"Dans les semaines qui suivirent, des événements étranges commencèrent à apparaître. Des rumeurs folles sur des hommes qui ne seraient plus tout à fait humains. Des agressions auraient été perpétrées par des hommes qui auraient des pouvoirs surnaturels.
Les autorités nièrent en bloc toutes allégations sans fondements. "Des chimères", cria le premier ministre à un parterre de journalistes alors que les rumeurs se faisaient plus insistantes. Et, quelques semaines plus tard, alors que les preuves s'accumulaient en faveur de cette théorie, un journaliste reprit ironiquement le terme. C'est depuis ce jour que les nouveaux humains furent baptisés 
les "chimères"."

"J'avais enfin l'impression de faire quelque chose de bien. Ma vie avait enfin un sens. J'avais forgé ma destinée au feu de ma volonté. J'avais enfin fini par trouver mon chemin moi le garçon insignifiant, le plus commun des mortels, j'étais devenu l'exception." 


ISBN 978-2-7483-6676-1
287 pages

(Gentiment envoyé par Publibook)
 

jeudi 13 septembre 2012

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer





Quatrième de couverture:

"Un homme et une femme.
Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros.
Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant…
Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux."

Un des dialogues amoureux les plus enchanteurs et les plus intelligents de la littérature contemporaine. (Der Spiegel)

Quand le vent souffle du nord enchantera les lecteurs à l'instar du best-seller épistolaire Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, dont il a l'esprit et le piquant. (Olivia de Lambertie, Elle)


Mes impressions:

Dans la série « Mes lectures de l’été », voici Quand le vent souffle du nord de Daniel Glattauer.

Suite à une erreur de destinataire dans un mail, Emmi et Léo entrent en contact. Bien plus tard à l’occasion d’un envoi groupé de vœux, Emmi va, sans le vouloir, à nouveau entrer en contact avec Léo. C’est le début d’un long et passionné échange de mail. Ils vont se découvrir, s’apprécier, se chercher, se manquer, se désirer…

Autant vous le dire tout de suite, je me suis laissé emporter par le souffle de ce vent du nord. J’ai été pris au piège de ce roman qu’on doit pouvoir qualifier d’épistolaire même si ici, c’est de mails dont il s’agit. J’ai eu envie de savoir comment ces échanges allaient évoluer. Je me suis amusé de leurs jeux puérils souvent, touchants parfois. Je me suis agacé des tergiversations sans fin des deux protagonistes. J’ai eu envie de les secouer, de leurs dire de se bouger un peu au lieu de tout compliquer à loisirs. Mais pour moi, ils n’en demeurent pas moins attachants.

Le rythme est trépidant, on lit les mails à toute allure. Certains sont longs, d’autres tiennent plus de la messagerie instantanée que du mail. Rythme et longueurs des mails traduisent, leurs émotions, leur empressement, leurs troubles et contribuent à nous faire tourner les pages encore et encore, vite, toujours plus vite…

Je pense que le phénomène d’identification n’est pas étranger à mon ressenti et au succès de ce livre. De nos jours, qui n’a jamais été troublé par des échanges de mails avec un ou une inconnue ?

Ce n’est pas inoubliable, ce n’est pas de la grande littérature mais on s’en fout, qu’est-ce que c’est bon !
Alors ne boudez pas votre plaisir et comme moi, laissez-vous porter par la curiosité, la légèreté et même par un brin de sensualité Quand le vent souffle du nord


 


    Daniel Glattauer

Le Livre de Poche N° 32132
ISBN 978-2-253-15730-4
348 pages

(échangé via www.pochetroc.fr)

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...