samedi 15 juin 2019

Le Juke-box du samedi : Montez "L'escalier" avec The Pirouettes !


Comme le mois dernier, je laisse la parole à Anthony pour vous parler musique.


J’ai entendu cette chanson à la radio, dans ma voiture, dans une boutique, dans un bar et à chaque fois, j’étais comme télé transporté dans les années 80 ! 

Dès les premières notes, j’ai 14 ans, j’ai mon pull à épaulettes et mes jeans cigarettes, j’ai mon walkman vissé sur les oreilles, j’enfourche mon scooter pour rejoindre mes copains et fumer en cachette…

Le clip est un clin d’œil assumé au kitch de ces années-là et les paroles désabusées ne sont pas si futiles qu’il n’y parait :

« Et j’entends l’affranchi
J’entends le converti
Même le plus si sûr de lui
Au fond n’est pas si sûr de lui
Et j’ai compris
Qu’il n’y avait rien à comprendre
Dans cette vie
Ni tout seul ni tous ensemble »

Synthé, sons et paroles minimalistes, mélodie qui devient vite lancinante, « L’escalier » est pour moi, une madeleine de Proust. 

Vous aussi, laissez-vous tenter !

 The Pirouettes, L'escalier (2016)
 

vendredi 14 juin 2019

DVD - L'Ordre des Médecins - David Roux (2018)


Après son double rôle trouble dans L’Amant double de François Ozon, j’avais très envie de retrouver Jérémie Renier dans L’Ordre des médecins.

Le film raconte l’histoire de Simon, pneumologue, plutôt distant et froid qui va gagner en humanité quand il va se retrouver confronter à une patiente qui le touche de près, sa propre mère atteinte d’un cancer en phase terminale. Quand l’intime vient se heurter au professionnel, les belles certitudes s’effritent immanquablement… 

David Roux, le réalisateur également scénariste, s’appuie sur l’expérience de son frère médecin en milieu hospitalier pour donner corps et réalisme à son film. Je vous conseille d’ailleurs de l’écouter dans les bonus, l’homme est vraiment passionnant et semble d’une grande humilité. Le sujet le touche de près, l’histoire s’inspirant également de la disparition de sa mère dans des circonstances similaires.

La musique signée Jonathan Fitoussi et Pascal Mayer est également au cœur des bonus. C’est amplement mérité tant elle habite et habille le film. J’ai particulièrement été marqué par ce morceau récurrent à l’orgue, qui telle une pulsation, accompagne les scènes répétées dans les couloirs des sous-sols de l’hôpital. Des couloirs comme des lieux de relâchement, mais aussi de réflexion, de cheminement, tels des lieux de passage vers d’autres portes ou un peu à l’image de la vie qui s’écoule dans les veines…

Relations entre les êtres, maladie, mort, judéité sont au corps de ce film. Des thèmes qui peuvent rebuter mais qui ne sont jamais amenés de manière lourde, pesante ou larmoyante mais qui, au contraire, suscitent savamment émotion et réflexion.

Outre Jérémie Renier toujours juste, on retrouve avec plaisir, dans le rôle de sa mère, la trop rare Marthe Keller, éternelle Demoiselle d’Avignon du petit écran qui ne doit pas faire oublier ses rôles au cinéma dans des films comme  Marathon Man, au côté de Dustin Hoffman et Laurence Olivier, ou dans Fedora de Billy Wilder. À noter enfin, une découverte pour moi, la très jolie Zita Hanrot qu’il me tarde de revoir dans d’autres rôles. 

L’Ordre des médecins peut se placer aux côtés des films très applaudis l’an dernier et ce ne serait que justice qu’il soit distingué parmi tout le cinéma français. C’est vraiment un très beau premier film !


 Un film Pyramide vidéo 
 "En DVD & VOD depuis le 4 juin" 



  Merci à Cinetrafic et Pyramide Vidéo !



David Roux
2018
Avec Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot...

mercredi 5 juin 2019

La Vie sans toi - Xavier de Moulins


"On ne prend jamais le temps de souffler.
Souffler, c'est réaliser son absence, l'entendre mourir de nouveau.
Chez nous, souffler, c'est crever."


La Vie sans toi. Le titre déjà laisse supposer une perte, un deuil ou une rupture. Le récit alterne le point de vue d’une femme et de son époux. Très vite, on comprend qu’il est question de la perte d’un enfant. La douleur dont on ne se remet pas, le couple à jamais brisé.

Mais lentement s’opère un glissement à peine perceptible. Quelque chose est en train de changer. Un retournement inattendu vient le confirmer et modifier le roman dans son ambiance et dans sa forme.

Les points de vue changent, le roman devient thriller psychologique qui ferre son lecteur qui peine désormais à lâcher cette histoire aussi inquiétante que prenante.

Voilà un roman qui m’a autant étonné que séduit dans sa forme et sa construction très originale. Roman dont il faut dire le moins possible pour éviter d’en dire trop et gâcher le plaisir de la découverte. Mais laissez-vous tenter, vraiment !

La personne qui me l’a prêté l’a abandonné au bout de quelques pages, déçue. J’ai eu envie de me faire ma propre opinion. Les cinquante premières pages, curieusement j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, décontenancé par le manque de musique des mots de l‘auteur. Une sensation difficile à expliquer. Puis petit à petit, la communion s’est faite jusqu’à avoir du mal à le lâcher tellement l’auteur excelle dans l’art du suspens et du twist propre aux thrillers les plus addictifs.

Je découvre avec plaisir la plume du journaliste Xavier de Moulins désormais romancier, sacrément prometteur. 

La Vie sans toi, sans lui, sans elle, mais pas sans surprise…


ISBN 978 2 7096 6415 8
373 pages
2019
19,90€
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