dimanche 24 janvier 2016

DVD - Coffret Ethnies (2015)



Comment mieux affronter la monotonie ambiante qu’en allant à la découverte de cultures qui nous sont peu familières ? C’est donc avec une grande envie d’évasion que j’ai choisi ce coffret Ethnies que proposait Cinetrafic lors de sa dernière opération DVDtrafic, un DVD contre une critique.

Je suis donc parti pour neuf voyages. Le coffret contient trois DVD de trois documentaires, qui m’ont conduit au plus près de différentes ethnies de la Bolivie au Népal, en passant par l’Ethiopie, le Vietnam, au-delà des limites du cercle Arctique mais aussi par la Zambie et la Mélanésie. Je dois bien reconnaitre que pour les deux derniers, je suis allé vérifier sur un atlas où ils se trouvent précisément. J’étais dans le vrai, à quelques milliers de kilomètres près on va dire. Vous sauriez les situer d’emblée vous ?

Je ne vais pas vous faire un résumé fastidieux de chacun de ses documentaires mais plutôt vous toucher quelques mots sur ceux qui, pour des raisons diverses, m’ont le plus marqué.

Dans Himalaya, Face aux abeilles géantes*, il y a tout d’abord le jeune Moti, au Nord-Ouest du Népal qui va apprendre le dur métier de cueilleur de miel. Dur métier car c’est le long d’imposantes falaises, suspendu à plusieurs centaines de mètres du sol par un arrimage aléatoire de lianes et de cordes, qu’il doit recueillir le précieux nectar. J’allais oublier de vous dire qu’il n’a pour toute protection aux piqures d’abeilles géantes qu’une vague écharpe de lainage. L’expérience vous tente, vous ? Moi, je passe mon tour ! Et le pire, c’est qu’une fois en bas, le visage boursoufflé par les piqures, limite comateux, il se fait engueuler par son père et les hommes du village pour en avoir fait tomber à côté du panier…

Il y a aussi Wario, onze ans, qui doit s’enfoncer dans La Bouche du diable* après un périple de plus de deux cents kilomètres pour en extraire le sel. Comme dans plusieurs autres documentaires, ces histoires tiennent parfois de la quête initiatique qui doit faire des hommes respectés de ces enfants.

Comme par exemple dans Devenir un homme en Mélanésie*, où les hommes se jettent dans le vide  du haut d’une tour de bois uniquement attaché par des lianes aux chevilles. Il faut mieux avoir bien mesuré les lianes, surtout quand la tour s’affaisse à chaque saut. Parfois le sol s’avère plus proche qu’on ne le pense et surtout plus mortel…

Je ne vous livre qu’un bref aperçu, si le sujet vous tente, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Si j’ai apprécié l’ensemble de ces documentaires, je dois bien admettre qu’en visionnant le premier, j’ai été un peu surpris par la qualité des images. Sans être mauvaises, je m’attendais à mieux. J’avais l’impression de voir des documentaires diffusés sur France Télévisions. Et pour cause, Jérôme Ségur et Jean Queyrat, les réalisateurs, sont documentaristes depuis plus de vingt ans et leur travail y a souvent été diffusé sur France 5 notamment. Par la suite, la qualité est vraiment au rendez-vous.

Envie d’évasion ? Dépaysement garanti avec ce coffret Ethnies !


http://www.filmsdocumentaires.com/

Sorti en DVD le 13 octobre 2015 chez ZED

Une découverte que je dois encore une fois à Cinetrafic !



 
* Cliquez sur le lien pour voir un extrait 
 

vendredi 22 janvier 2016

DVD - My Old Lady - Israël Horovitz (2015)


Mathias, quinquagénaire new-yorkais, débarque à Paris pour découvrir l’appartement dont il vient d’hériter de son père. Il a un urgent besoin d’argent et compte bien vendre rapidement ce bien et retourner à New-York.

Une fois sur place, il découvre non seulement qu’il s’agit davantage d’un hôtel particulier que d’un appartement, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, mais surtout qu’il est toujours habité par une vieille dame, Mathilde, et sa fille Chloé.

Et le pire reste à venir. La dite vieille dame occupe toujours l’endroit car elle a bien vendu au père de Mathias mais en viager. Il doit donc, en plus, continuer à lui payer une rente !

Entre secrets de famille et révélations, l’endroit et ses habitants lui réservent encore bien des surprises…


Pour sa première réalisation, le dramaturge Israël Horovitz a choisi d’adapter sa propre pièce, Très chère Mathilde. Les bonus du DVD offre d’ailleurs une interview de lui très intéressante. Si sa réalisation est plutôt classique et sa vision de Paris un peu carte postale, on ne peut que saluer son casting de premier choix. 

Maggie Smith, émouvante et juste, dans le rôle d’une Mathilde vieillissante, est parfaite comme toujours. Kristin Scott Thomas, impeccable, offre une composition qui s’apprécie sur la longueur suivant l’évolution de son personnage. Mais pour moi, la plus grande surprise vient de Kevin Kline. Il trouve ici, un rôle à la mesure d’un talent que je ne lui connaissais pas. Il est émouvant, touchant, tout simplement parfait sans en faire des tonnes.

Comédie franco-anglo-américaine, la surprise vient aussi des seconds rôles, parmi lesquels Stéphane Freiss, Dominique Pinon, Stéphane de Groodt et une Noémie Lvovsky étonnante. 

Au final, My old lady se révèle être une comédie pleine de charme !




 Sortie en DVD le 4 novembre 2015 chez Koba films.
 

 Une découverte que je dois encore une fois à Cinetrafic !
 Cliquez pour des films selon vos envies recommandés par Cinetrafic



L'avis moins enthousiaste de Dasola

My Old Lady
Israël Horowitz
2014
Avec Maggie Smith, Kevin Kline, Kristin Scott Thomas...

lundi 18 janvier 2016

Alcoolique - Jonathan Ames & Dean Haspiel



"Je vomis presque à chaque fois. C'est comme de la boulimie mais avec l'alcool."
 
Ce jour-là, Jonathan A. refait surface à l’arrière d’une voiture qu’il ne connait pas, en compagnie, d’une vieille dame, naine, qui en veut à son entrejambe ! Le réveil est brutal et pour le moins déstabilisant. Comment a-t-il bien pu en arriver là ? Le malaise est à son comble quand la police frappe aux carreaux. Profitant d’un instant de confusion, Jonathan A. prend la fuite et se réfugie sous un ponton en bordure de mer. Il s’enterre, seule sa tête dépasse du sable, espérant ainsi échapper à la police.

La situation, si elle est inconfortable, s’avère propice à un nécessaire moment d’introspection. Nous voilà embarqués dans les pensées du héros qui nous fait découvrir sa vie, ses années à la fac, ses premières cuites chaque weekend, ou sa découverte de Las Vegas Parano d’Hunter Thompson qui va lui donner l’envie de devenir écrivain. Un écrivain influencé par des auteurs tels que Chandler, Hammett, Fitzgerald ou Hemingway, et surtout un écrivain sous une autre influence, terrible celle-ci, celle de l’alcool…

"Mon égo voulait que je sois un de ces écrivains gros buveurs, un mythe. Mais je dois me rendre à l'évidence, il n'y a rien de grandiose dans mon alcoolisme."


C’est un vrai coup de cœur de j’ai eu pour ce premier roman graphique publié aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. J’irai même plus loin en disant qu’Alcoolique donne tout son sens au roman graphique. 

Je m’explique. Le texte est vraiment riche et fort. L’histoire est à la fois touchante et pleine d’humour. Jonathan Ames donne une vraie profondeur à son histoire et à son double littéraire, un certain Jonathan A. Toute ressemblance n’est pas fortuite et confère une vraie authenticité à son héros. De plus, il fait preuve d’une autodérision féroce à ses dépens et évite ainsi tout pathos en dépit du sujet. Il nous fait partager son alcoolisme, ses problèmes de côlon irritable, ses piètres performances sexuelles et ses histoires d’amours foireuses sans jamais plomber son récit, bien au contraire.

Le noir et blanc de Dean Haspiel illustre parfaitement le propos de l’auteur et la ressemblance avec entre Jonathan Ames et son double est saisissante.

J’en termine avec le livre lui-même, un objet magnifique, une couverture cartonnée et toilée, d’un rouge superbe, couleur d’un bon Bordeaux, qui nous montre un homme et son ombre, ambrée comme le serait un bon whisky, buvant comme pour laisser entendre que cet homme n’est plus que l’ombre de lui-même. 

Alcoolique, le récit d’une inexorable dérive qui ne tombe jamais dans le pathétique…



"La clé pour écrire, c'est de trouver le sujet qui vous tient à cœur."

"Et puis un jour, je lis LAS VEGAS PARANO de Hunter S. Thompson, et quelque chose se met à germer dans mon esprit : le fantasme de devenir écrivain."

"Je n'ai réussi à lui faire l'amour à peu près correctement qu'une seule fois, dans ma Dodge. Et encore, c'était sans doute plus dû à l'inclinaison du siège qu'à mon self control."

"Connaissez-vous ce proverbe ? "Au premier verre, l'homme boit le vin. Au deuxième, le vin boit le vin. Au troisième, le vin boit l'homme.""

"Voilà que le monde s'effondre et je n'ai même pas le courage de m'abstenir de boire."



  

Les avis de Jérôme, Mo' et d'autres avis sur Babelio !   
ISBN 9791090724181
144 pages
2008/2015
22€ 

mercredi 13 janvier 2016

DVD - Voyages avec Martin Scorsese à travers les cinémas américains et italiens - 2015



http://boutique.arte.tv/


Quel pied ! Je rentre d’un fabuleux périple de 8h00, Un Voyage avec Martin Scorsese à travers les cinémas américains et italiens. 

C’est sur Arte, éditeur de ce coffret, que j’ai découvert le volet consacré au cinéma américain. Mais je n’en avais vu qu’un passage donc quand Cinetrafic l’a proposé dans le cadre de son opération DVDtrafic, je n’ai pas hésité une seconde.

Le documentaire s’ouvre sur un Martin Scorsese qui nous explique, des étoiles dans les yeux, comment enfant, il empruntait inlassablement à la bibliothèque de son quartier le livre de Deems Taylor, intitulé Pictorial history o the movies, livre qu’il lisait et relisait, toujours avec la même passion. C’est justement de passion dont il est question ici. De sa passion pour le cinéma et de l’influence, que tous ces films ont pu avoir sur lui. Et plus que tout, son souhait est de transmettre cette passion en nous donnant, à nous spectateur, envie de les découvrir.

Je suis donc parti avec lui à la découverte de réalisateurs, de producteurs, des dilemmes et des rôles des uns et des autres. Je me suis promené dans des westerns, des films noirs et même des comédies musicales.

Parmi tous les films évoqués, l’extrait qui m‘a sans doute le plus marqué est tiré d’un film de 1945 signé John M. Stahl, intitulé Péché mortel. J’y ai découvert une Gene Tierney au visage angélique et au comportement diabolique. Un film que je me suis promis de voir rapidement. 

Scorsese nous parle bien entendu réalisation, cadrage, photo, nous décortique certaines scènes. Il nous remet en mémoire des réalisateurs comme Ida Lupino, actrice-réalisatrice, Anthony Mann, Douglas Sirk, le roi du mélodrame, Robert Aldrich, Samuel Fuller, Erich Von Stroheim et aussi des incontournables comme Orson Welles, Elia Kazan, Stanley Kubrick ou John Cassavetes.


Après ce survol du cinéma américain, c’est dans le cinéma italien que le voyage se poursuit. Toujours cette sensation d’un Scorsese, heureux de nous faire découvrir ces films qu’il a vu enfant sur le poste de télévision familiale d’un modeste appartement d’Elizabeth Street à New York.

Alors que je m’attendais à être moins intéressé par cette partie, elle m’a encore plus emballé. J’ai trouvé le propos de Scorsese bien plus profond. Une profondeur sans doute induite par les films et les réalisateurs présentés. 

Roberto Rossellini, Vittorio de Sica, Luchino Visconti, Federico Fellini, Michelangelo Antonioni, des réalisateurs fondateurs du cinéma italien dont on découvre ou redécouvre avec plaisir de larges extraits de films comme La Dolce vita, Le voleur de bicyclette, Païsa, Senso ou encore Rome, ville ouverte et la Magnani, Stromboli et Ingrid Bergman.

Là encore, je rentre de mon voyage avec une impressionnante liste de films à voir.

Sans être jamais didactique, ce voyage rend un bel hommage aux cinémas de ces deux cultures. Qu’elles soient américaines ou italiennes, autant d’influences qui ont fait de Martin Scorsese le réalisateur qu’il est devenu.

 


  Un coffret Arte Éditions sorti en DVD et Blu-ray le 7 octobre 2015.




Merci à Cinetrafic 
pour son opération « un DVD contre une critique » !
Allez visiter le site et découvrez toutes les séries à voir !


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