mardi 14 juin 2016

Sublutetia - 1 - La révolte de Hutan - Éric Senabre



"Les Sublutetiens étaient habitués à vivre de peu, se consacrant au bien de la communauté plutôt qu'à leur propriété personnelle ; ce qu'ils laissaient derrière eux était, de fait, bien plus précieux que des objets. C'était une certaine idée de l'harmonie, du partage, de la vie en communauté qui, là-haut, n'existait que dans les livres." 

Eric Senabre est vraiment un conteur de talent !

Après avoir succombé à l’ambiance nimbée de surnaturel du Dernier songe de Lord Scriven, j’ai poursuivi ma découverte de cet auteur avec son premier roman, Sublutetia. Autre lieu, autre époque, immersion immédiate dans le sous-sol de Paris, claustrophobes s’abstenir !

Tout commence par une banale sortie scolaire. Banale jusqu’à ce que deux élèves, Nathan et Keren, ratent leur rame de métro. S’ils prennent tout simplement la suivante, tout va se compliquer quand ils vont se retrouver là où ils n’auraient jamais dû aller…

De couloirs de métro désaffectés en tunnels aussi sombres qu’angoissants, ils aboutissent encore plus profondément, au-delà même des catacombes, dans une cité secrète, une ville sous la ville, la bien nommée Sublutetia.

Mais leur périple va être semé d’embuches. De la conduite d’une locomotive d’un autre âge, à la rencontre des habitants qui peuplent cette cité, qu’ils comptent bien garder secrètes, en passant par  la confrontation avec une tribu d’orang-outan, bien décidée à défendre son territoire, les rebondissements sont nombreux et l’histoire vraiment prenante.

Une écriture accrocheuse, de belles valeurs mises en avant et un imaginaire fabuleux sont au centre de ce premier tome. La découverte de cette ville et de la vie sous terraine est intrigante et dépaysante. Si on pense bien évidemment à des auteurs comme Jules Verne, ce monde m’a rappelé celui décrit dans la série américaine des années 80 La Belle et La Bête avec cette confrontation entre le monde d’en haut et le monde d’en bas, Surfaciens et Sublutetiens ici.

Hâte de me plonger dans le tome 2 voir si la magie opère à nouveau… 

"Nous savons ce que sont internet, les téléphones portables, mais nous ne les utilisons pas. Et pourquoi ? Parce que nous sommes libres ! Libres ! Vous autres, Surfaciens être devenus esclaves de vos techniques."

ISBN978 2 278 05923 2
282 pages
2012
14€

mardi 7 juin 2016

On m'a dit que la lune... Martin Jarrie & Conce Codina



« On m’a dit qu’on a marché sur la lune. » 

Ainsi commence On m’a dit que la lune… ou le regard d’un enfant à propos de tout ce qu’il a entendu, tout ce qui est devenu ce qu’il sait à propos de la lune.

La lune, terrain de conquête pour l’homme… Le pouvoir de la lune sur le corps humain, les cheveux en particulier mais aussi sur le sommeil, sur les plantes dixit le jardinier, sur la mer… La lune qui parfois s’éclipse, partiellement ou en totalité… La lune qu’on voudrait décrocher… La lune qu’on nous promet…

« On m’a dit qu’on peut être lunatique. »

S’ils sont brefs, les textes brefs de Conce Codina n’en offrent pas moins plusieurs niveaux de lecture qui vont favoriser la réflexion et les échanges, notamment en lecture accompagnée.

Quant aux superbes illustrations de Martin Jarrie, elles sont surprenantes et riches d’influences variées, de Delaunay à Matisse en passant par Magritte ou Vasarely et j’en oublie sans doute. 

On m’a dit que la lune… est un album plein de poésie, encore une belle découverte aux éditions Notari !





Le billet du Bibliobus & celui de Nadège !

ISBN 978 2 9701068 0 7
42 pages 
2016
18€
(Livre reçu en service de presse)

jeudi 2 juin 2016

Vivre à la campagne - Barbara & René Stoeltie



"Vivre à la campagne offre une vision idyllique de la vie à la campagne en France, en Suède et ailleurs en Europe." ELLE, New York 

Cette accroche placée en quatrième de couverture résume à elle seule le contenu de ce livre. Et si en plus, c’est ELLE, New York qui le dit, on se doute bien que c’est une certaine vision de la campagne qui va y être mise en scène.

En effet, pas de bouses de vache et d’élevages de porcs dans cette « campagne ». Ici, on ne parle pas de la campagne crade mais de la campagne chic !

Celles des maisons de famille, que dis-je, des petits manoirs, des cottages aux fenêtres fleuries, des demeures seigneuriales et des logis plein de charme aux douces couleurs pastelles… La campagne des bustes en marbre, des sols en tomettes rouges ou en pierre de Bourgogne, des murs recouverts de casseroles et de chaudrons en cuivre… La campagne des conserves maisons, des confitures de grand-maman, celle des napperons en dentelles, des coussins brodés, des couvre-lits en patchwork, des tapis de table en boutis…

J’ironise un peu, vous l’aurez compris, mais je me suis régalé à visiter ces intérieurs de charme, de la Suède à l’Ireland, de l’Angleterre à la Hollande, de la France à la Toscane, en passant par Majorque et la Grèce.

Bien plus qu’idyllique, c’est une vision totalement irréaliste d’une campagne sur papier glacée dont le seul but est de dépayser et de faire rêver le lecteur. Le pari est réussi à travers 400 pages de photographies superbes, l’occasion aussi placer quelques allusions à Aragon ou Rousseau par exemple. Histoire de faire chic ? 

« Ces merveilleuses fenêtres ouvertes, derrière lesquelles le ciel est bleu comme les yeux de Matisse derrière ses lunettes. » Louis Aragon 

Une édition publiée à l’occasion des 25 ans des Éditions Taschen et que j’ai trouvée à 0,50€ dans un vide-grenier en pleine campagne charentaise ! 

« Et nous ? N’avons-nous pas la nostalgie d’un toit de chaume, d’une petite rivière et d’une idylle champêtre sortie tout droit d’un conte de fée ? »


Un rêve de bibliothèque...
 
Une certaine idée de la campagne...
ISBN 3 8228 4841 7
400 pages
2005
19,99€

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