lundi 18 août 2014

Bad Chili - Joe R. Lansdale





Après mes deux précédentes escapades texanes, bon Dieu qu’il me tardait de retrouver mes deux potes, Hap et Leonard ! Donc profitant de mes vacances, j’ai fait fissa, direction l’East Texas et je peux vous dire que je m’en souviendrai longtemps de ce séjour.

Tout a commencé quand Hap s’est fait attaquer par un écureuil ! Non, non, vous ne rêvez pas, vous avez bien lu, par un écureuil ! Et enragé qu’il était le bestiaux en plus ! Moi qui ai pourtant déjà vu un gars se faire attaquer par une biche homophobe, ça m’a scotché ! Avec Leonard, on n’en croyait pas nos yeux ! Et pourtant, un vrai carnage ! Teigneux l’écureuil ! Mais Leonard a vite trouvé une solution. Radicale la solution, comme souvent avec Leonard.

Évidemment aux States, ils n’ont pas la sécu, comme nous, donc pour se faire soigner et surtout pour la prise en charge par les assurances, c’est le parcours du combattant, Hap en sait quelque chose maintenant. Drôle de système de santé quand même, ça fait relativiser… Bon, en même temps, comme on dit, à toute chose malheur est bon, et il a fait la connaissance d’une infirmière, Brett, une rousse flamboyante au tempérament de feu, une sacrée bonne femme et je crois que ça pourrait bien pas mal marcher entre eux.

Par contre niveau sentimental, pour Leonard, rien ne va plus, c’est fini entre lui et Raul. Il a vachement changé Raul. Comme quoi, on ne connait jamais vraiment les gens. Leonard va en plus se retrouver accuser de meurtre. Une sacrée partie de cache-cache avec la Police qui commence. Je ne vais pas vous en dire plus mais sachez qu’il ne fait pas bon être gay dans certaines de ces contrées reculées de l’East Texas. Et quand comme Leonard, on cumule en étant noir, l’homophobie, on sait ce que c’est ! Par contre, moi qui pensais en connaitre un rayon sur les trous du cul, j’étais bien loin d’imaginer ce que certains sont prêts à vous fourrer dedans… Pour vous faire du bien ou pas !

"Les gays sont plus souvent des cibles que les femmes ou les Noirs. 
La plupart des gens pensent que si un homo prend une raclée, il n'a que ce qu'il mérite."

En tout cas, je ne regrette pas mon voyage. Malgré les grosses frayeurs et les coups pris dans la gueule, je me suis encore une fois bien marré. Hap et Leonard sont vraiment impayables. Et ils s’aiment ces deux-là. Une amitié vraie, y a pas à dire, ça fait du bien. 

Bad Chili, un plat foutrement réussi !



"L'amour étant ce qu'il est, les problèmes ne semblent pas changer beaucoup quand la personne aimée est du même sexe, sauf qu'il y a beaucoup plus de baise. Gays ou pas, les hommes aiment vraiment le cul [...]." 

"- Si t'es une nénette et que t'aimes le sexe, reprit-elle, t'es une pute. si tu ne l'aimes pas, alors t'es frigide. si tu utilises tes charmes pour pouvoir t'envoyer en l'air, les féministes te détestent, et si tu ne veux pas épouser la première foutue grosse queue qui te tire une crampe, les hommes pensent que t'es une emmerdeuse ou alors on revient au premier cas de figure - t'es une pute."

"Je passai à la salle de bains et je me coiffai. N'empêche que j'avais toujours ce bout de melon déplumé. Je n'étais pas idiot au point d'essayer de rabattre les cheveux dessus. Je veux dire, les gars, vous trouvez ça naturel ? Ça revenait à brandir une pancarte annonçant : JE SUIS CHAUVE, ET EN PLUS REGARDEZ COMME JE SUIS CON ! "


Folio Policier 364
ISBN 2 07 030617 8
359 pages
1997 / 2002


lundi 11 août 2014

Sa Femme - Emmanuèle Berheim





Un homme et une femme se rencontrent. Furtivement. Les hasards de la vie. Ils vont se recroiser. Délibérément. On ne contrôle pas ses envies. Ils vont s’aimer. Secrètement. L’homme n’est pas libre. La femme l’accepte. Une passion aussi charnelle que belle.

"Le lendemain, en sortant du café, ils restèrent un instant face à face. De la buée s'échappait des lèvres entrouvertes de Thomas, et son haleine sentait le café. L'intérieur de sa bouche devait être chaud et avait sûrement le goût du café sucré. Ils ne s'embrassèrent pas."

Emmanuèle Bernheim est un peu comme un peintre impressionniste, un peintre de l’instant. En quelques coups de pinceaux, il met sa toile en mouvement. Elle, en quelques mots, elle met son histoire en forme. En quelques pages, tout y est. L’essentiel est là. Rien ne manque. Un regard… Une odeur… Une caresse... C’est fort, c’est puissant et surtout c’est touchant. Droit au but, droit au cœur. 

Sa Femme d’Emmanuèle Berhneim, Impression amour naissant… 






Une lecture commune imprévue que j'ai la joie de partager avec ma "dealeuse" préférée, Cristina

Lecture commune inspiré par le billet du Bison

ISBN 2 07 073588 5
114 pages
1993


dimanche 10 août 2014

The Cape 1969 - Joe Hill





Un grand merci à Babelio et aux Éditions Milady pour cette découverte.

Cette bande dessinée n’est pas la suite de The Cape mais son prequel. L’action se situe donc avant le premier opus. Allons-y pour un bond dans le passé. Alors qu’Éric et Nicky sont tout gosses et vivent avec leur mère aux États-Unis, leur père, Gordon Chase, est en mission dans la jungle du Vietnam. Tout bascule quand leur hélicoptère s’écrase sous les balles ennemies. Une immersion aussi soudaine que violente dans les horreurs de la guerre.

Fait prisonnier par un redoutable geôlier, il rencontre et va devoir affronter un individu étrange, une sorte de sorcier qui va définitivement changer son destin. Il ne doit son salut qu’à un indéniable instinct de survie et sans doute aussi à un certain goût pour la mort qui trouvera écho dans l’histoire familiale…

Cette prequel se révèle être une belle réussite. Jason Ciaramella est toujours au scénario, après avoir déjà adapté The Cape, inspirée de la nouvelle de Joe Hill, digne fils de son père Stephen King, et déjà à l’origine de la brillante série Locke & Key. L’occasion pour lui de nous offrir une plongée en apnée dans l’enfer de la guerre du Vietnam.

La magie se mêle au fantastique pour mieux nous révéler l’origine du « pouvoir » de la cape. Aucun temps mort, aucune redondance. Eric et Nicky, héros du premier, sont en arrière-plan mais sont bien présents. Le lecteur se sent en terrain connu malgré le dépaysement total. Au final, amateur de comics ou non, un diptyque que je ne peux que vous conseiller. 

The Cape 1969, où comment tout a commencé…




ISBN 978 2 8112 1196 7
112 pages
2014
D'autres avis sur Babelio !

mercredi 6 août 2014

The Cape - Joe Hill





« Quand on jouait aux super-héros, mon frère et moi, je faisais toujours le méchant...
 Il en faut bien un. » 

Tout commence, de manière anodine. Deux gamins, Eric et son cadet, Nicky, jouent aux super-héros. Les deux frères sont marqués par la « disparition » de leur père durant la guerre du Vietnam. Eric porte une cape qui, à ses yeux, est magique. Pas n’importe quelle cape bien sûr. La cape que sa mère lui a cousue à partir d’un vieux doudou. Elle l’a joliment agrémentée d’un bel éclair de feutrine rouge vif et d’un écusson des marines de son père disparu…

Quand subitement, le jeu bascule. Le drame est évité de justesse. Mais malgré les apparences, rien ne sera plus jamais vraiment comme avant. Eric va sombrer jusqu’au jour où, devenu adulte, il va retrouver sa fameuse cape. Et si cette cape était vraiment magique comme il le prétend ? Un nouvel horizon semble s’ouvrir à lui…

Un univers noir, des personnages sombres et l’importance du regard. Regard sur soi, regard des autres ; du noir, rien que du noir...

Une fois de plus, le talentueux et imaginatif Joe Hill, nous régale de son inventivité. Le scénario inspiré de sa nouvelle est machiavélique. Il sait à la fois, nous émouvoir, nous surprendre ou nous bluffer pour ensuite mieux nous glacer d’effroi.

The Cape de Joe Hill, plus qu’une cape, une sacrée claque !


Découvrez le billet du blog Bibliomanu qui, le premier, m'a donné envie de découvrir cette BD.
Et d'autres billets sur Babelio.

ISBN 978 2 8112 1046 5
160 pages
2013



samedi 2 août 2014

Rebecca - Daphné du Maurier


"J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley. 
J’étais debout près de la grille devant la grande allée, mais l’entrée m’était interdite, 
la grille fermée par une chaîne et un cadenas. J’appelai le concierge et personne ne répondit [...]." 

Quel plaisir d’avoir enfin découvert ce roman ! Et quel roman ! Rebecca de Daphné du Maurier. Bien sûr, je connaissais l’adaptation d’Hitchcock mais je l’avais vu il y a si longtemps que j’en avais oublié quelques moments clés. Ma lecture n’en a été que plus agréable et surprenante.

La narratrice de l’histoire est dame de compagnie d’une vieille dame aisée. C’est dans le Sud de la France, où elles sont en villégiature, qu’elle va faire la connaissance de Maxim de Winter. L’homme, veuf depuis moins d’une année, va tomber sous le charme de cette jeune fille pourtant bien effacée. Tellement effacée, pour ne pas dire insignifiante, que Daphné du Maurier ne nous livre même pas son prénom. C’est de Rebecca qu’il s’agit et de personne d’autre.

Après un mariage un peu précipité et une lune de miel en Europe, l’heure est venue pour le jeune couple de rentrer enfin à Manderley, la splendide demeure de la famille de Winter. Mais Manderley a longtemps été l’écrin dont Rebecca était le bijou. Et désormais, le manoir semble davantage un mausolée, un temple à la mémoire de la disparue. La nouvelle Madame de Winter va avoir du mal à trouver ses marques tant l’ombre de Rebecca est omniprésente. Mrs Danvers, une femme glaciale, gouvernante de Manderley, et proche confidente de Rebecca y veille. Jalousement. Férocement. L’inquiétante Mrs Danvers. Mrs Danvers, fidèle par-delà la mort. A ses yeux, personne n’est digne de prendre la place de Rebecca.

"J'aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte." 

 La splendide Rebecca, la chatoyante Rebecca, l’irremplaçable Rebecca. Celle que tout le monde semblait apprécier. Celle à qui toutes les femmes voulaient ressembler. Celle que tous les hommes rêvaient de séduire. Rebecca, une femme magnétique, une femme unique. Rebecca encore. Rebecca toujours. Je serai d’ailleurs bien curieux de savoir combien de fois son nom est cité dans le roman. Si quelqu’un à la réponse !

Du haut de son promontoire rocheux, sous ses allures de château de la Belle au bois dormant, Manderley a de bien sombres secrets à révéler derrière sa multitude de couloirs et de salles plus impressionnantes les unes que les autres. Ne vous laissez pas attendrir par la magie qui s’en dégage, par l’odeur enivrante des bouquets de fleurs qui embellissent ses pièces, ni par les massifs d’azalées rouge sang qui bordent les allées de ses jardins…

Une lecture enthousiasmante portée par l’écriture totalement addictive de Daphné du Maurier. Impossible de lâcher cette histoire ! On a envie de découvrir tout ce que cachent les murs de Manderley. On a envie de tout savoir sur la défunte Madame de Winter. On voudrait secouer la nouvelle Madame de Winter et lui hurler « Mais tu vas réagir, bécasse !!! ». Quand à mi-parcours une révélation renforce encore notre intérêt et change la donne, le plaisir n’en est que bien meilleur…

Empruntez le chemin sinueux qui descend jusqu’à la crique à l’abri des regards. Là-bas, une maisonnette, près du petit port, pourrait vous aider à découvrir quelques-uns des troublants secrets de Rebecca

Manderley, selon Hitchcock...





Joan Fontaine et Judith Anderson, impeccables, dans une scène particulièrement intense...

ISBN 2 253 00673 4
378 pages
1938 / 1939

Je ne peux que vous conseiller le très beau billet d'Athalie, Je l'ai lu et le soir même, je commençais ce roman qui dormait dans ma PAL depuis des mois...

Et le billet du Bison consacré à l’adaptation d'Hitchcock.

Une soudaine envie de visiter Manderley ? 
Pas peur de croiser Mrs Danvers dans un couloir sombre ? 
Alors c'est par ICI !

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...