Après mes deux précédentes
escapades texanes, bon Dieu qu’il me tardait de retrouver mes deux potes, Hap
et Leonard ! Donc profitant de mes vacances, j’ai fait fissa, direction l’East
Texas et je peux vous dire que je m’en souviendrai longtemps de ce séjour.
Tout a commencé quand Hap s’est
fait attaquer par un écureuil ! Non, non, vous ne rêvez pas, vous avez
bien lu, par un écureuil ! Et enragé qu’il était le bestiaux en plus !
Moi qui ai pourtant déjà vu un gars se faire attaquer par une biche homophobe,
ça m’a scotché ! Avec Leonard, on n’en croyait pas nos yeux ! Et
pourtant, un vrai carnage ! Teigneux l’écureuil ! Mais Leonard a vite
trouvé une solution. Radicale la solution, comme souvent avec Leonard.
Évidemment aux States, ils n’ont
pas la sécu, comme nous, donc pour se faire soigner et surtout pour la prise en
charge par les assurances, c’est le parcours du combattant, Hap en sait quelque
chose maintenant. Drôle de système de santé quand même, ça fait relativiser… Bon,
en même temps, comme on dit, à toute chose malheur est bon, et il a fait la
connaissance d’une infirmière, Brett, une rousse flamboyante au tempérament de
feu, une sacrée bonne femme et je crois que ça pourrait bien pas mal marcher
entre eux.
Par contre niveau sentimental,
pour Leonard, rien ne va plus, c’est fini entre lui et Raul. Il a vachement
changé Raul. Comme quoi, on ne connait jamais vraiment les gens. Leonard va en
plus se retrouver accuser de meurtre. Une sacrée partie de cache-cache avec la
Police qui commence. Je ne vais pas vous en dire plus mais sachez qu’il ne fait
pas bon être gay dans certaines de ces contrées reculées de l’East Texas. Et
quand comme Leonard, on cumule en étant noir, l’homophobie, on sait ce que c’est !
Par contre, moi qui pensais en connaitre un rayon sur les trous du cul, j’étais
bien loin d’imaginer ce que certains sont prêts à vous fourrer dedans… Pour
vous faire du bien ou pas !
"Les gays sont plus souvent des cibles que les femmes ou les Noirs.
La
plupart des gens pensent que si un homo prend une raclée, il n'a que ce
qu'il mérite."
En tout cas, je ne regrette pas
mon voyage. Malgré les grosses frayeurs et les coups pris dans la gueule, je me
suis encore une fois bien marré. Hap et Leonard sont vraiment impayables. Et
ils s’aiment ces deux-là. Une amitié vraie, y a pas à dire, ça fait du bien.
Bad Chili, un plat foutrement réussi !
"L'amour étant ce qu'il est, les problèmes ne semblent pas changer
beaucoup quand la personne aimée est du même sexe, sauf qu'il y a
beaucoup plus de baise. Gays ou pas, les hommes aiment vraiment le cul
[...]."
"- Si t'es une nénette et que t'aimes le sexe, reprit-elle, t'es une
pute. si tu ne l'aimes pas, alors t'es frigide. si tu utilises tes
charmes pour pouvoir t'envoyer en l'air, les féministes te détestent, et
si tu ne veux pas épouser la première foutue grosse queue qui te tire
une crampe, les hommes pensent que t'es une emmerdeuse ou alors on
revient au premier cas de figure - t'es une pute."
"Je passai à la salle de bains et je me coiffai. N'empêche que j'avais
toujours ce bout de melon déplumé. Je n'étais pas idiot au point
d'essayer de rabattre les cheveux dessus. Je veux dire, les gars, vous
trouvez ça naturel ? Ça revenait à brandir une pancarte annonçant : JE
SUIS CHAUVE, ET EN PLUS REGARDEZ COMME JE SUIS CON ! "
Folio Policier 364
ISBN 2 07 030617 8
359 pages
1997 / 2002











