dimanche 8 janvier 2017

Juste la fin du monde - Xavier Dolan (2016)



Douloureux… C’est le mot qui vient en sortant du dernier film de Xavier Dolan… 

Je trouve aussi que c'est le bon mot, la douleur de ce fils qui revient après plusieurs années d'absence annoncer sa mort. Il choisit de s'entourer de sa famille pour briser le poids de la solitude. Puis il repart, plus seul encore, étranger dans un univers familial fait de violence contenue et de vieilles rancœurs. Chacun est emmuré dans son indifférence, le poids de ses conflits avec l’autre. C’est donc ça l'égoïsme?
Les silences et les regards dans ce film m'ont arraché le cœur.
Douloureux, c'est le bon mot... 

Oui, les regards. D'incompréhension, fuyants, interrogateurs, suppliants. Perdus.
Notamment ceux du personnage de Marion Cotillard. Tellement effacée, tellement horripilante, par ses multiples hésitations, et à la fois tellement troublante, tellement touchante. J’ai eu mal pour elle. 

Si j’ai souffert pour l’un des personnages c’est bien elle. On sent qu’elle porte douloureusement la solitude de chacun. Ils sont tous dépassés par l’incapacité d’accueillir la souffrance de l’autre. Son âme est sur le point de se fissurer. Elle semble supplier celui qui croise son regard de la libérer. Regard désespéré, dissocié de la réalité, sur le seuil de la rupture.
Il existe plus grande solitude tu crois? 

Je ne sais pas mais on a mal pour elle. Tellement enfermée, empêtrée, avec une telle volonté de bien faire, incomprise alors qu'au final, elle est la seule à comprendre...
C'est vraiment un huis clos oppressant. Étouffant. Suffocant.
Et le seul moment où l'on sort de la maison, je pense à la scène dans la voiture, c'est encore pire. Un lieu en mouvement, avec vue sur la nature extérieure et pourtant, c'est terrible. Encore plus oppressant. 

J’y ai beaucoup réfléchit en sortant du film. C’est quand même fort, elle est la seule à avoir un lien indirect avec la famille et à la fois la seule à comprendre. Son « détachement » lui donne sans doute la force d’écoute que les autres n’ont pas. L’écoute à travers le regard et les mots…
J’ai eu du mal avec la scène de la voiture, j’avais l’impression d’étouffer. J’aurais voulu ouvrir cette maudite portière pour que Louis échappe à la violence de son frère. C’était tellement insupportablement bien joué que je ressentais une angoisse terrible en moi, il me semble que la scène n’en finissait pas! Comme tu dis, le lieu était en mouvement et en même temps figé dans un espace restreint auquel il est à peu près impossible de fuir sinon qu’en se jetant par la fenêtre. Quelle torture! 

Aucune échappatoire possible !
Globalement, les acteurs sont remarquables. Moi qui ne suis pas très fans de Vincent Cassel et encore moins de Léa Seydoux, les deux m'ont vraiment bluffé, notamment dans les dernières scènes. On vit avec eux, l'impression qu'ils ne jouent plus mais qu'ils sont. 

Oui, ils sont tous exceptionnels, Dolan arrive à les mettre en valeur à travers leur rôle. Je ne suis pas non plus une grande fan de Cassel et Seydoux et pourtant ici ils m'ont laissé sans voix, surtout Cassel. Je me dis que quand j'arrive à autant détester la personnalité d'un acteur; c'est qu'il a vraiment fait son travail! J'aurais eu envie à quelques reprises de le secouer un peu, il faut dire que les colériques je les fuis comme la peste! 

Un film de Dolan assez différent même si on retrouve sa patte. Gros plan, regards, ralentis.
Et notamment dans ces intermèdes musicaux pour le moins décalés. Inclure le tube d'O-Zone dans ce film, il fallait oser !
 

Il m’a tellement fait sourire avec ce clin d’œil musical! Je me suis rappelée le fameux On ne change pas de Céline Dion dans Mommy, une chanson que personne n’oubliera jamais, et pour cause! :D
J’ai lu quelque part que la bande sonore originale est l’œuvre de Gabriel Yared, le même compositeur qui a produit la bande originale du Patient anglais. Je crois que c’est la seule musique de film que je ne me suis jamais achetée dans ma vie. Elle m’avait procuré des émotions fortes, vingt ans après le film il m’arrive encore de l’écouter. Quel talent! 

Quel talent, c'est aussi ce que je me suis dit à propos de Xavier Dolan après avoir vu ce film ! 

Dolan, sacré jeune prodige, ne cessera jamais de m’étonner! J’attends déjà le prochain avec impatience.
Voilà, je retourne à mon bol de popcorn extra beurre…….. ^^
Rendez-vous dans quelques temps pour les prochains blablas de manU et Nad!



Lire aussi l'excellent Déjeuner de famille chez Le Bison !

vendredi 6 janvier 2017

Joyeux anniversaire Chien Pourri ! Colas Gutman & Marc Boutavant





Pauvre Chien Pourri ! Non seulement il a été abandonné dans une poubelle quand il était petit mais en plus,  il ne sait pas quand et n’a donc aucune idée de sa date de naissance. Contrairement à Chaplapla qui lui a été enveloppé dans du papier journal, Chien Pourri a été « jeté directement dans une poubelle, sans emballage » et donc sans la moindre indication de date.

Avouez que quand on veut fêter son anniversaire, ça ne facilite pas les choses. Surtout que lorsqu’on a peu d’amis, qui inviter à la fête ? Oui, qui ? Sa famille pardi !

Aidé de son fidèle ami, Chien Pourri décide donc de retrouver sa maman : « Elle devait être tellement moche, Chaplapla ! Elle me manque. » 

Évidemment dans l’univers de nos deux anti-héros, rien ne se passe tout à fait comme prévu. Ce ne sont donc pas les surprises, bonnes ou mauvaises, qui vont manquer. Une fois de plus, la naïveté de ce brave toutou sera mise à rude épreuve…

Comme dans chaque tome, on alterne entre sourires et émotions et si la vie est parfois bien dure avec Chien Pourri, c’est toujours un plaisir pour moi de le retrouver. J’ai encore une fois apprécié les différents niveaux de lecture et les clins d’œil notamment au film d’Ettore Scola Affreux, sales et méchants, comme une évidence dans l’univers de Chien Pourri.

L’anniversaire de Chien Pourri est aussi l’occasion pour moi de souhaiter un 
Tabarnak d’anniversaire à mon Nad’Orable au sirop d’érable !! ;)


Chien Pourri au Texte Libre à Cognac...
 
ISBN 978 2 211 23088 9
79 pages
2016
8,00€

dimanche 1 janvier 2017

2017 !



Chaque année depuis que j’ai ce blog, je fais un petit billet pour partager mes cadeaux de Noël, essentiellement les cadeaux « culturels » en principe. Je ne vais donc pas déroger à la règle. Je pensais faire ce billet plus tôt mais le « Père Noël », décidé à jouer avec mes nerfs, m’a fait attendre jusqu’à hier pour me livrer le cadeau que j’attendais le plus.

En effet, depuis hier 31 janvier 2016, ça y est, je l’ai, LE Hitchcock-Truffaut édition définitive de 1984 !

Ça ne vous parle peut-être pas plus que ça mais moi, c’est LE livre que je veux depuis des années mais son prix élevé, même d’occasion, a fait que je ne l’avais toujours pas, espérant toujours un heureux hasard. Introuvable en vide-grenier ou chez les bouquinistes, mais présent sur le net à des prix allant de 50 à 150 ou 200€ ! Cher pour un livre même pour un passionné d’Hitchcock comme moi. Il va d’ailleurs falloir un jour que je compte combien j’ai lu de livre sur le sujet. Quoiqu’il en soit, un énorme merci au gentil « Père Noël » que j’aime d’Amour d’avoir glissé, même avec un peu de retard, ce livre sous mon sapin…

Un Noël placé sous le signe d’Hitchcock entre cadeaux reçus et cadeaux faits par moi-même (aucun risque d’être déçu !^^) avec deux autres ouvrages consacrés au maître du suspens : Warhol / Hitchcok chez Marest éditeur, une nouveauté que je suis en train de lire et dont je parlerai bientôt, ainsi qu’Alfred Hitchcock de Serge Kaganski chez Fernand Hazan autre petit livre vraiment passionnant trouvé chez un bouquiniste à Clermont-Ferrand.

Un Noël également placé sous le signe de Truffaut du fait du livre, Hitchcock-Truffaut, mais également parce que j’ai eu le plaisir de recevoir un magnifique coffret de l’intégralité des films de François Truffaut. Un cadeau rêvé pour moi qui voulait revoir ou découvrir enfin certains de ses films qui se font rares sur le petit écran. J’ai déjà eu le plaisir de voir enfin L‘histoire d’Adèle H avec Isabelle Adjani et La mariée était en noir avec Jeanne Moreau d’après le roman de William Irish. Un grand merci à deux « Pères Noël » pour ce somptueux cadeau !!


Un peu de musique avec le dernier album de Vincent Delerm que j’ai eu la chance de voir en concert en décembre. Un magnifique ouvrage sur Le cinéma français de Jean-Luc Douin aux Éditions de la Martinière. Les plus belles lettres de femmes de Laure Adler et Stefan Bollmann chez Flammarion. La 3ème édition de Treize à table chez Pocket vendue au profit des Restos du Cœur, livre que j’ai également offert à mon hôtesse le 24 décembre. N’oubliez pas, « 1 livre acheté = 4 repas distribués » ! Et Parfois, je dessine dans mon carnet, un livre plein d’humour mais pas seulement signé Éric Pessan que je ne me remets toujours pas d’avoir loupé aux Littératures Européennes en novembre…

Passons enfin aux cadeaux de mon « Nad’orable » Nad !
L’Iguane de Denis Thériault dont elle a parlé ICI, hâte de le découvrir. Vi, de Kim Thuy que j’ai découvert grâce à un précédent cadeau de Nad, Ru, accompagné d’une dédicace qui me va droit au cœur…



Pas de pitié pour les nazebroques, une aventure de Mortelle Adèle que je découvre enfin. Quelle teigne ! J’ai adoré ! (Miroir, mon beau miroir ?^^) L’occasion de découvrir un autre aspect du talentueux Mr Tan alias Antoine Dole. Et que dire de cette dédicace sur mesure ! 
Un ÉNORME merci à lui pour cette dédicace hyper personnalisée !!! Trop belle !



Enfin un coup de cœur absolu pour L’Arbragan de Jacques Goldstyn, là encore, une super dédicace personnalisée ! De quoi faire de moi une grenouille comblée !! 



Encore merci à mon « Nad’orable » Nad et à ces trois auteurs pour ces magnifiques dédicaces !


 C’est sous cette avalanche de cadeaux que je vous souhaite 
une belle et heureuse année 2017 !

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