vendredi 9 octobre 2015

Capucine - Blaise Hofmann



« Qui se souvient encore de Capucine ? » 

C’est par cette phrase que je suis venu à la lecture de ce livre. Je suis tombé en arrêt. En effet, qui se souvient encore de Capucine ? Moi-même, que sais-je vraiment d’elle ? Dans quels films l’ai-je réellement vu jouer ?

En y réfléchissant, le premier souvenir que j’ai d’elle remonte aux années quatre-vingt dans la mini-série américaine La Griffe du destin, tirée du roman de Judith Gould, Le Vent de l’oubli. Elle y incarne une grande créatrice de mode française de l’après Deuxième Guerre mondiale. Un second rôle perdu au milieu d’une pléiade de stars internationales. Capucine semble y être rattrapée par son image d’éternelle représentante de la mode française. Ce côté grande bourgeoise distinguée, un peu hautaine, et le regard dans le vague.

Je me souviens aussi d’elle dans une série policière allemande, Blaues Blut, dans le rôle de la Comtesse Von Altenberg. Impossible de m’en rappeler le titre français et même le web semble l’avoir oublié. Encore un second rôle, encore cette image qui la poursuivra inlassablement…

Née en 1928, Capucine passe ses premières années à Saumur. Jusqu’à ce jour où, après avoir vu Joan Crawford sur grand écran, elle annonce à son père qu’elle veut devenir actrice. Elle monte alors à Paris où elle commence par servir dans les caves de Saint-Germain-des-Prés avant d’exploser sur les podiums en tant que modèle.

Après un bref mariage d’à peine six mois, elle devient un des premiers modèles à accéder au statut de mannequin vedette. De cette époque, elle garde une amitié indéfectible avec Hubert de Givenchy et Audrey Hepburn. Capucine devient alors l’incarnation de l’élégance et du chic à la française et, après quelques petits rôles en France, ne tarde pas à succomber aux sirènes d’Hollywood.

Là-bas, elle tourne avec les plus grands, George Cukor, Henry Hathaway, Joseph L. Mankiewicz, Federico Fellini et Blake Edwards qui la fait jouer dans La Panthère Rose et ses deux suites. Jamais elle n’accède pourtant à la reconnaissance de ses pairs et à des rôles à sa mesure. Le souhaitait-elle vraiment ? Elle seule aurait pu le dire.

Au fil du temps, la star finit par se lasser de rôles toujours un peu similaires et d’une vie qui ne lui convient plus. Son côté distant ainsi qu’une propension pathologique à la dépression ont sans doute précipité les choses.

Fuyant la capitale du cinéma, elle se réfugie à Lausanne, où elle retrouve sa grande amie Audrey Hepburn. Elle y vit pendant vingt longues années, seule, entourée de ses trois chats, totalement oubliée du monde du cinéma. Un jour de mars 1990, sans doute plus insupportable encore pour elle que tous les précédents, elle enjambe le garde-corps de son balcon…

Souvenez-vous de Capucine en lisant le livre de Blaise Hofmann !



Je vous invite à aller sur le site de Blaise Hofmann 
où vous trouverez un lien vers l'exposition au Musée Alexis Forel à Morges en Suisse 
ainsi qu'un lien vers l'hommage à la cinémathèque Suisse.


"My name is Germaine Lefebvre, but call me Capucine, just Capucine, nothing in front and nothing behind."

"Marylin. Capucine. La première s'est teint les cheveux en blond platine et dessiné un grain de beauté sur la joue gauche. La seconde s'est fabriquée un personnage de Parisienne glaciale et hautaine.
Deux styles aux antipodes pour un même objectif : captiver."

"Je jouais les femmes fatales. Mes couples se faisaient, se défaisaient, je devins une croqueuse d'hommes, glamour, insolente. Je dénudais une épaule, j'apprenais le regard de braise, la bouche de plaisir. J'apprenais à ne jamais rater mon entrée. Un peu toxique, un peu vénéneuse, un peu dangereuse, je voulais de l'action. Je voulais être aimé à la folie ou pas du tout."

"Il m'avait dit que mes pommettes ressemblaient aux premières toiles de Picasso. Était-ce un compliment ?"

"Hollywood la fait rêver, même si Edwige Feuillère, avec qui elle avait sympathisé durant le tournage de L'Aigle à deux têtes, l'avais mise en garde :
Là bas, il faut sept ans pour créer une vedette internationale, à moins que ce ne soit pour détruire définitivement une vedette européenne !"    

theredlist.com

 Merci à Babelio et aux Éditions Zoé
 pour cette plongée dans le destin de Capucine !




ISBN 978 2 88182 960 4
224 pages
2015
18€
 

dimanche 4 octobre 2015

Ohan - UNO Chiyo


Traduit du japonais par Dominique Palmé et Kyôko Satô


Petites lâchetés ordinaires…

Voilà la formule qui me vient à l’esprit après avoir lu ce livre. L’histoire d’un homme partagé entre sa passion pour une geisha et son amour pour sa femme. Ce pourrait être une banale histoire de triangle amoureux si ce n’était l’importance de la question du choix ou plutôt de la difficulté à faire un choix.

Le héros passe son temps à hésiter, à toujours remettre à plus tard, tergiverser inlassablement, s’agaçant lui-même de ses propres hésitations et faisant fi de ses belles promesses.

Fuir plutôt que choisir.

Pour n’avoir pas su faire un choix à temps, le héros va perdre ce qui, il vient de le découvrir, lui est le plus cher.

Fuir au risque de tout perdre...

Merci à Cristina pour cette émouvante découverte !

L'avis de Carnet de lecture qui en parle très bien !

ISBN 978 2 8097 1005 2
94 pages
1957/2014

mardi 29 septembre 2015

Zen - Maxence Fermine




« La calligraphie japonaise ressemble à un souffle. Le souffle du dragon. Elle consiste à peindre l'instant avec une force inouïe et une délicatesse extrême. » 

Dans une modeste pagode au cœur d’une forêt d’érables, Maître Kuro consacre son existence à « l’art subtil de la calligraphie ». Un jour, Yuna, jeune calligraphe de talent, sollicite l’aide du Maître afin de parfaire son art. Privilège pour elle d’être reçu par le Maitre. Défi pour lui de lui ouvrir la voie du zen dans l’art de l’écriture.

Des regards qui se croisent, une complicité qui s’installe, deux personnages animés par une même passion mais pourtant séparés par une promesse… 

« Calligraphie.
Écriture de la beauté. »
 

Pour la seconde fois, je me suis laissé envoûter par la plume délicate de Maxence Fermine. Je n’ai rien lu de lui depuis Neige, trop peur d’être déçu tant j’avais aimé ce livre.

Contre toute attente, j’ai adoré Zen que j’ai lu et relu, déjà plusieurs fois, chaque fois avec le même plaisir.

Un style épuré, des phrases brèves, parfois proches du haïku. L’impression de lire de la poésie en prose. Une écriture qu’on a plaisir à lire et qu’on prend plaisir à partager, à murmurer, à susurrer. Une écriture comme dans un souffle…

Posez-vous un moment et ouvrez ce livre, Maxence Fermine vous ouvre les voies du Zen


Hibiscus Schizopetalus...

Un grand merci à Florian Lafani 
et aux Éditions Michel Lafon pour cette découverte en exclusivité !



A lire aussi, le très beau billet de Carnet de lecture
et celui de Walkyrie

 Michel Lafon
ISBN 978 2 7499 2697 1
135 pages
2015
14,95€
 

mercredi 23 septembre 2015

DVD - Lazarus Effect - David Gelb (2015)



Tout commence par une expérimentation sur un porc, afin de lui redonner vie. L’expérimentation est un échec. Générique.

Les travaux se poursuivent mais sur un chien cette fois. Et le miracle se produit. Grâce à un sérum nommé « Lazarus », le chien revient d’entre les morts.

Redonner la vie par de-là la mort. Le fantasme de cette équipe de chercheurs universitaires, mené par le couple Zoé et Franck, devient enfin réalité.

Mais on ne joue pas impunément avec la vie et il se pourrait bien que tout ne se passe pas comme prévu. Le chien semble avoir de drôles de réactions et peut-être même des accès de violence…

Au cours d’une nouvelle expérience, Zoé meurt électrocutée. Pour Franck, la tentation est trop grande, tout va basculer…


Lazarus effect, c’est un peu comme une nouvelle version de Frankenstein qui se déroulerait de nos jours.

Un des personnages fait même un clin d’œil au film. « It’s alive ! » Mais on insiste ici sur l’aspect authentique, scientifique. Point de moulins à vent ou de boulons dans le crane ! On joue à fond sur l’aspect scientifique. Pourtant le principe de l’impulsion électrique reste le même. Mais signe des temps, on se passera de l’orage et des éclairs qui zèbrent le ciel. Pas de méchants villageois mais de méchants universitaires qui ne peuvent cautionner de tels travaux. Et puis, il y a cet étrange sérum « Lazarus »…


Si le film n’est pas révolutionnaire, j’ai sursauté deux fois, ce qui est plutôt bon signe, et on ne s’ennuie pas une seconde. Olivia Wilde est impeccable dans le rôle de Zoé. En plus, en tant que « Numéro 13 », elle a survécu au terrible Dr House alors vous pensez bien que ce n’est pas la grande faucheuse qui va lui faire peur !

Dans le rôle d’Eva, secondaire au départ, l’irlandaise Sarah Bolger tire vraiment son épingle du jeu. Elle est tout bonnement lumineuse  et illumine ce film pourtant très sombre de sa présence.

Envie d’une petite séance de cinéma d’horreur ? Alors à votre tour, laissez-vous contaminer par L’effet Lazarus !



Bonus :
Bandes annonces de La Dame en noir 2, It Follows, Jessabelle, les Âmes silencieuses, Horns et 
Vol 7500
Scènes coupées (pas de grandes surprises comme souvent !)
Créer la peur  (le réalisateur, le scénariste, le producteur et les acteurs parlent du film, des différentes sources d'inspiration et influences...)
Jouer à Dieu (où comment tenter de donner du crédit à son scénar...) 
Sorti en DVD le 15 juillet 2015 chez  Metropolitan Films.

 

 
 


 
Davis Gelb
Etats-Unis, 2015
 Avec Olivia Wilde, Mark Duplass, Sarah Bolger...

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