lundi 14 décembre 2015

Une forêt d'arbres creux - Antoine Choplin





Décembre 1941, Bedrich arrive au camp de Terezin avec femme et enfant. Affecté au bureau des dessins, il y travaille sur les plans de construction de différents bâtiments du camp dont on sait parfois la terrible affectation. Profitant de sa fonction, il va avec d’autres prisonniers, utiliser le calme de la nuit pour à nouveau saisir les crayons et mettre en images la réalité d’un camp où tout n’est qu’affaire d’apparences… 

« Dessiner, peindre un peu de la vérité de Terezin. Chacun librement, sans consigne d'aucune sorte. » 

S’inspirant du destin de l’artiste tchèque Bedrich Fritta, Antoine Choplin livre un texte incroyable. J’avais parfois l‘impression d’être dans un état second durant ma lecture tant je me suis laissé prendre par le style tout en délicatesse et sobriété de l’auteur. Une économie d’effets et de mots qui donne encore plus de force à son propos. 

« Il lui disait combien les livres et les choses du savoir, c'était important. Le calcul, la poésie. Même ici, à Terezin, ça comptait. Surtout ici, il a ajouté, ici et maintenant, à Terezin. »

Une forêt d’arbres creux d’Antoine Choplin, une magnifique découverte, un auteur à suivre.

***

Les avis de Jérôme et Noukette.

ISBN 978 2 35707 065 3
116 pages
2015
16€

dimanche 13 décembre 2015

Vide-grenier du dimanche ! Ou presque... (5)

Ou presque, parce que ce n'est pas aujourd'hui dimanche mais vendredi après-midi que j'ai fait une descente un petit tour dans deux dépôt-vente et dans ma bouquinerie préférée, La Porte des livres à St Sauvant, joli petit village de Charente-Maritime.

C'est toujours un plaisir d'aller à La Porte des livres. J'adore le lieu. Deux pièces, une côté rue, une côté jardin qui donne sur les rives du Coran, des tomettes au sol, des murs en pierres apparentes, et de vieilles poutres de chêne au plafond. Petit détail que je n'avais jamais remarqué, dans un des murs, il y a même un potager ! Pas un jardin potager, non, mais l'ancêtre de notre gazinière qui servait autrefois à nos grand-mères pour cuisiner. Ma grand-mère en possédait d'ailleurs un dans sa cuisine.

De plus, Marianne, la propriétaire des lieux est accueillante, de bons conseils et extrêmement sympathique. Et pour couronner le tout, contrairement à beaucoup de bouquinistes, ici pas d'empilements aléatoires où vous ne pouvez pas prendre un livre sans risquer de faire écrouler la totalité du stock, ce qui a le dont de m'horripiler !!! Les livres sont disposés sur des étagères, bien entendu, mais aussi et surtout dans de vieilles bibliothèques, des meubles anciens et quelques tables patinées par le temps. Pour voir le tout en images, aller faire un tour sur sa page FB : ICI




Trève de bavardages, je vous livre donc ma moisson de vendredi qui comprend une jolie sélection de livres jeunesse, publiée à L’École des Loisirs. 
Deux livre de Valérie Zenatti dont je viens de lire Jacob, Jacob, Demain la révolution et Le secret de Micha. Mais aussi Le jeu des Sept familles de l'anglaise Anne Fine. Deux auteures présentes aux Littératures Européennes Cognac 2015.
Un livre qui m'a tout de suite attiré par son titre sans que je n'ai jamais entendu parler de son auteur Eglal Errera, L'odeur du poulet farci et autres contes arabes.
Un petit livre de Claude Ponti, qui fait chaque fois mon bonheur, Le Chien invisible.
Le hasard faisant parfois bien les choses, j'ai encore une fois eu le plaisir de tomber sur un livre de Fabian Grégoire, Vapeurs de résistance. J'ai aussitôt lu ces deux-là !

Pour finir, Hong Kong, Rendez-vous chinois me permet de compléter ma collection de Découvertes Gallimard. Mais surtout Qu'est-ce que vous voulez voir ? du nouvelliste américain de talent Raymond Carver que je découvre avec ce recueil et que j'adore !!! Je vous en reparle très vite. 




Bon dimanche & à bientôt !


mercredi 9 décembre 2015

La Samba du fantôme - François Rivière



C’est parce qu’il est signé François Rivière que je me suis intéressé à ce polar jeunesse. 

La samba du fantôme est la sixième aventure de la série Jonathan Cap. Jonathan est une ancienne rock star reconverti en enquêteur. Il est accompagné de Julia Maybridge, ex-championne de natation originaire d’Inde, de ses deux neveux, Alex et Nico Vernon et du chien Oslo.

Dans cet épisode, toute la bande se rend chez la tante Alma qui va fêter son soixante-dixième anniversaire. Une vieille dame pas tout à fait comme les autres puisqu’elle fut agent secret de l’Intelligence Service.

L’action de cette enquête se déroule Écosse, terre de légendes, du monstre du loch Ness et de vieux châteaux que l’on prétend hantés.

C’est justement de son  château d’Olgilvy Lodge que tante Alma apprend la disparition de son voisin, Henry Savoyle, propriétaire du vieux manoir de Kilmarnock qui, selon son neveu Peter, serait le théâtre d’inquiétants phénomènes… 

« Le tortillard vient de sortir de la vallée encaissée, noyée de brume, qui serpente, depuis la petite ville de Perth, à travers les monts Grampians. On distingue, sur la droite, l’entaille grise du Moray firth, le bras de mer qui pénètre profondément à l'intérieur des terres, jusqu'à Inverness. Il se prolonge par le fameux loch Ness. Le loch Ness... Ses eaux profondes abritent "Nessie", le formidable monstre aquatique en forme de serpent géant ! C'est ce qu'affirme la légende et de nombreux témoins visuels, pas toujours à jeun... »

« Kilmarnock est une ancienne forteresse, de plan carré, avec quatre tours d'angle, trois rondes et une rectangulaire. Les trois tours rondes ont été rasées, ainsi que les remparts qui les reliaient. Il ne reste de l'ancienne forteresse que la tour carrée, inhabitée, et un seul côté de rempart, transformé en château de plaisance dans les siècles suivants. L'ensemble surplombe la mer, à peu de distance du bord de la falaise. » 

Ce qui m’a le plus surpris dans cette histoire, c’est que j’ai trouvé le héros légèrement en retrait, se faisant largement voler la vedette par le personnage de la tante Alma, vive, drôle et dynamique, une vraie Miss Marple des années 80.

Publié en 1986, cette aventure policière pour ado s’avère prenante et efficace. On ne s’y ennuie pas une seconde. François Rivière y insuffle sa patte d’anglophile éclairé ce qui contribue à l’atmosphère british qui baigne l’ensemble du récit pour le plus grand plaisir du lecteur.

Nathan 856
ISBN 2 09 283856 3
128 pages
1986
 

lundi 7 décembre 2015

Halte, on ne passe pas ! - d’Isabel Minhós Martins & Bernardo P. Carvalho



C’est un livre étonnant que nous offrent les éditions Notari avec Halte, on ne passe pas ! 

Étonnant à plusieurs titres, d’abord par le graphisme. Les illustrations, signées du journaliste et écrivain Bernardo P. Carvalho, sont surprenantes d’une apparente naïveté, comme des dessins d’enfants aux feutres, multicolores, une multitude de couleurs qui va de paire avec la multitude des origines et des personnages représentés. Un graphisme qui facilite l’accès à l’histoire.

Étonnant ensuite par des petits clins d’œil amusant, du petit chaperon rouge à E.T. l’extraterrestre.

Étonnant enfin par le propos, bien plus profond qu’il n’y paraît au premier coup d’œil. Venons-en donc au plus important, l’histoire. L’Histoire ?

L’histoire s’ouvre sur un militaire, sa tenue kaki nous le laisse supposer, posté à la « frontière » invisible, si ce n’est la pliure du livre, entre la page de gauche et la page de droite. Un chien pointe son nez en haut à gauche de la page de gauche. Il est bientôt suivi par un homme qui veut passer d’une page à l’autre. 

« -Halte ! Désolé, mais il n'est pas permis de passer sur la page de droite.

   -Mais... Mais pourquoi ? Il y a danger de mort ? Une invasion ? Il va y avoir une manif ? » 

Le militaire est en fait aux ordres d’un général qui se réserve le droit « de garder cette page en blanc pour entrer dans l’histoire chaque fois qu’il le voudra. » Entrer dans l’Histoire ?

Limites, frontières, libre-circulation, totalitarisme, censure, général-dictateur, chacun mettra un nom ou un visage sur celui-ci, des thématiques plus que jamais d’actualité en cette fin d’année 2015 en général, en ce lundi 07 décembre en particulier…

Un album jeunesse étonnant, je vous le disais, mais surtout d’une grande force, les textes d’Isabel Minhós Martins vont à l’essentiel, que l’on doit aux Éditions Notari dont je vous invite à consulter le catalogue exigeant.

 ***

Un autre avis illustré de photos sur le blog Le Bibliobus !

On en a parlé jeudi 10 dans Le temps des libraires !

ISBN 978 2 940408 85 6
40 pages
2015
16€
 (Livre reçu en Service de presse)

mardi 1 décembre 2015

NON de dieux !

La religion nuit gravement à la santé mentale des peuples. 

« Avertissement : Si vous êtes adeptes de la moindre secte, religion ou superstition, cet album ne vous est pas destiné. Ne l’ouvrez donc pas ! »

Vous voilà prévenu !

Cet album regroupe caricatures et dessins de presse de 72 dessinateurs originaires du monde entier qui n’y vont pas de mains mortes. Une incroyable compilation qui n’épargne personne. Avec des entrées telles que « Caricaturistes et fatwa », « Religions », « Croyances », « Fondamentalistes », « Dieu », « Diable », « Jean-Paul II », « Préservatif », « Masturbation », « Pédophilie », « Benoit XVI », « Burqa et niqab », « Polygamie », « Talibans », « Ben Laden », « Terrorisme » et j’en passe, ça vous donne une idée du contenu. A noter qu’on y retrouve aussi le regretté Honoré. 

« L’humour est libre et la liberté d’expression doit être universelle. » 

Chacun en prend pour son grade ce qui est plutôt sain je trouve. D’une page à l’autre, on sourit et on rit, parfois jaune. L’humour est tantôt noir, tantôt grinçant mais toujours percutant. Plus que jamais nous avons besoin de ces soupapes de décompressions qui en même temps sont souvent plus parlantes qu’un long discours. 

« Vive la liberté de rire de tout et de n’importe quoi avec n’importe qui ! » 

Un album iconoclaste à réserver à un public averti en raison du caractère sexuellement explicite de certaines images.


Dessin de Berth. France.

"Pédophilie

Empêchés de se marier, même entre eux, des curés, abbés et autres moines en mal de solitude sexuelle se sont laissé aller à des pratiques pédophiles sur les jeunes enfants de leurs ouailles sans demander d’autorisation à leur supérieur hiérarchique, ce en quoi ils ont commis le très vilain péché de non-respect de l’autorité. Honte sur eux."


"Préservatif
Les deux derniers papes, dans leur infinie sagesse, nous ont préservés tout au long de leur exercice, de l'usage ô combien désagréable du préservatif dans nos relations conjugales, extra conjugales et extras tout court, afin d'éviter que le vie ne s'installe définitivement dans nos pratiques sexuelles traditionnellement vouées à la seule reproduction de l'espèce. Le Sida leur dit merci."

 
Dessin de Honoré. France

Pat à Pan
ISBN 978 2 919382 01 9
128 pages
2010
20€
(2€ chez NOZ)
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