Le héros de cette histoire, un
mangaka, se réveille fiévreux après sa première nuit à Paris. Paris où il fait
escale afin de pouvoir découvrir des musées, notamment le Louvre dont on dit
qu’il faut plusieurs jours pour le visiter vraiment. Malgré la fièvre, il
décide de partir à la rencontre de ce lieu unique.
Après la découverte du bâtiment
majestueux et sa désormais fameuse pyramide qui abrite une foule impressionnante,
ces pas vont d’abord le conduire dans l’entresol de l’aile Denon. Là, entre
magie de l’endroit, flottement et délire lié à la fièvre, il va y faire une
étonnante rencontre avec une des représentantes de ceux qui se font appelés les gardiens du Louvre.
« Nous nous trouvons dans les limbes oniriques de votre
imagination. Une dimension bien plus
proche de la réalité que du rêve. C’est là que nous habitons nous autres. […] Nous habitons le palais du Louvre. Nous sommes les gardiens du Louvre. »
Des sous-sols aux combles en
passant par la salle d’exposition de La
Joconde de Léonard de Vinci, c’est
une première journée aussi surprenante qu’enrichissante qui s’achève. Les jours
suivants ne le seront pas moins.
De surprises en découverte, au
gré de ses allers et venues au Louvre, le mangaka va faire de bien curieuses
rencontres comme voyageant littéralement au cœur des œuvres et y rencontrant
parfois leurs auteurs. Corot et son Souvenir de Mortefontaine. Un petit
détour par Auvers-sur-Oise dans le Jardin
de Daubigny si chère à Van Gogh.
L’occasion de nous faire découvrir des artistes et leur travail.
« La tête me tourne encore… La fièvre ranime les visions chimériques
du Louvre… »
Des rencontres forcément mémorables
dont une avec un certain Saint-Exupéry
en plein Paris de 1939 alors que les œuvres d’art sont expédiées hors de Paris
pour échapper à l’invasion allemande. Un hommage mérité rendu à Jacques Jaujard et Pierre Shommer qui ont œuvré, parfois au péril de leur vie, pour
préserver notre précieux patrimoine culturel.
Tout cela se conclut sur une ultime
rencontre encore plus étrange, intime et inoubliable pour notre héros…
« Ce qu’il t’a été donné de voir, c’est un requiem pour les
esprits logés en chaque choses. »
Une bande dessinée magnifique,
illuminée par les dessins aux couleurs tendres du grand Taniguchi, au trait toujours aussi fin et délicat, trait qu’il
adapte avec talent au travail des artistes évoqués. En dépit de ce superbe
résultat et de la pointe de fantastique fidèles à son univers, il m’a manqué un
peu de profondeur pour être totalement embarqué et séduit.
Sans doute une petite impression
de catalogue et sans doute aussi cette impression, une fois de plus chez Taniguchi, qu’il y a les œuvres qui ont
germés longuement en lui avant de s’épanouir totalement et celles qui sont des œuvres
de commande et donc un peu moins abouties en dépit de leurs indéniables
qualités graphiques.
« Le Louvre, étrange dédale, ce palais est peuplés de gardiens »
que je vous souhaite de rencontrer au hasard de votre visite…
ISBN 978 2 7548 1015 9
160 pages
2014
20€









