« Quelle imagination, mon Agatha ! lui avait écrit son père. Tu devrais
écrire tes histoires... »
Quel bonheur de se plonger dans
la jeunesse d’Agatha Christie quand
c’est sous la plume de Françoise Dargent !
Sans égrainer les clichés british
et sans placer artificiellement une tonne de références bien lourdes, elle instille
une ambiance qui sonne juste et c’est sans doute ce que j’ai préféré, hormis la
fluidité de l’écriture. Tout sonne juste et on y croit, ce qui n’est pas
toujours le cas dans ce genre de roman inspiré par un personnage réel.
Délicieux reflets d’une époque,
on découvre son enfance choyée à Ashfield, la demeure familiale, entourée de domestiques. On s’amuse de ses
années passées dans des pensions de jeunes filles à Paris. Passage qui m’a
d’ailleurs rappelé les années parisiennes de Daphné du Maurier dans la biographie que lui a consacré Tatiana de Rosnay.
Amusant de constater déjà son
intérêt pour les faits divers. Amusant aussi de détecter les événements ou
situations qui plus tard se retrouveront de manières plus ou moins indirectes
dans la prolixe production de l’Agatha devenue romancière à succès.
Étonnant d’assister à la
détermination de la jeune fille à atteindre le rêve qu’elle cultive alors,
devenir cantatrice !
Émouvant de suivre ses premiers
pas dans la bonne société, de découvrir ses premiers émois et ses premiers
flirts de Torquay, la Riviera anglaise, au pied des pyramides égyptiennes en
passant par Paris, la ville lumière.
Une lecture en tout point
réjouissante si ce n’est peut-être le regret que le livre se termine au
moment où elle semble être sur le point de trouver enfin sa voie…
« Il lui avait rapporté de voyage un beau carnet en moleskine
rouge pour qu'elle puisse s'entrainer. Mais elle ne l'avait jamais utilisé.
Elle le gardait précieusement et continuait à se raconter des histoires dans sa
tête. Pour la première fois depuis qu'il lui avait offert, elle ouvrit le
carnet. »
Merci à Babelio et aux éditions Hachette !
ISBN 978 2 01204083 0
315 pages
2016
15,90€
