Cette chanson me fait penser à l’héritage que tu ne laisseras pas à
tes enfants. Si tu aimais compter les hirondelles sur le fil électrique,
écouter les coucous chanter au fond du pré, et courir la campagne jusqu’à
la nuit tombée ; si tu aimais l’odeur de la pluie en été, si t’aimais
voir les feuilles rougeoyer en automne, et sortir les marrons de leur
bogue, étonnés, si tu aimais l’odeur d’humus dans la forêt ; si tu
aimais marcher sur les flaques d’eau gelée, si tu aimais glisser sur les
pentes enneigées, si tu aimais pisser sur la neige en hiver. Si tu
aimais cela, oui si t’aimais tout cela, je crains fort que demain tu ne
puisses laisser, léguer à tes enfants que des débris, des cendres et
puis du vent. Et pour tout testament, tu laisseras un papier blanc. Je
crains fort que l’héritage que tu laisseras à tous tes descendants ne
soit pas très reluisant. Alors, en attendant la fin, la fin du monde
enfin, écoute cette chanson :
"Si tu aimes les soirs de pluie
Mon enfant, mon enfant
Les ruelles de l'Italie
Et les pas des passants
L'éternelle litanie
Des feuilles mortes dans le vent
Qui poussent un dernier cri
Crie, mon enfant"
Benjamin Biolay, Ton Héritage (2009)