lundi 18 mars 2019

DVD - Millenium : Ce qui ne me tue pas - Fede Álvarez (2019)


Ce qui ne me tue pas est la libre adaptation du 4ème roman de la série Millenium, le premier écrit par David Lagercrantz, faisant suite à la célèbre trilogie signée Stieg Larson publiée en France chez Actes Sud.

Coproduction américano-suédoise, cet opus est réalisée par Fede Alvarez, David Fincher n’ayant pas souhaité poursuivre l’aventure après Millenium : Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes. Personnellement, si je n’avais pas tellement adhéré à sa version, c’est davantage à cause de l’interprétation, trop fade, et du look de Rooney Mara. Pas moyen d’oublier la talentueuse Noomie Rapace dans l’adaptation suédoise de la trilogie.

Ce qui fait justement la force de cette version, c’est la performance bluffante de Claire Foy (The Crown) à la fois différente tout en étant proche mais assurément convaincante. Elle porte le film sur ses épaules. Quasiment de tous les plans, ses scènes d’actions sont nombreuses, physiques, rythmées, lui laissant peu de répit.

Un des points forts de ce film vient aussi de la présence de trois personnages de femmes fortes. Lisbeth Salender évidement, sa sœur Camilla (Sylvia Hoeks), inquiétante à souhait, et dans un rôle secondaire mais néanmoins marquant Gabriella Crane (Synnøve Macody Lund), femme à poigne au charme glacé dont on ne sait jamais vraiment ce qu’elle nous réserve.

Les femmes semblent d’ailleurs prendre le pouvoir dans cette adaptation. Si Michael Blomkvist (Sverir Gudnason) est présent, il est un carrément relégué au second plan.

C’est le personnage de Lisbeth Salender qui est au cœur de l’intrigue, son effroyable histoire familiale et sa relation terrible avec sa sœur. L’opposition haineuse entre les deux sœurs, d’un abord un peu schématique, Lisbeth, brune et toujours vêtue de noir, Camilla, d’une blondeur angoissante et toujours vêtue de rouge, donne vraiment toute sa saveur au film.

L’intrigue de départ alliant cybercriminalité, complot entre NSA et services secrets suédois, enlèvement, codes secrets et missiles nucléaires, a de sérieuses allures de film à la James Bond dont Lisbeth Salender serait un pendant féminin n’ayant rien à lui envier.

Les courses poursuites se succèdent à moto ou en voiture, notamment dans une superbe Lamborghini noire, belle à me faire oublier ma 107 ! Ajoutez à cela un petit côté malsain avec les traumatismes subis par les deux sœurs, la perversion de certains personnages, vivants ou morts, des scènes flirtant avec le SM, les balles qui sifflent à vos oreilles et vous obtenez un des films d’action les plus noirs et les plus rythmés sorti parmi les films en anglais cette année et peut-être même dans le registre de tous les films de 2019.


Un film Sony Pictures France
"En DVD, Blu-ray 4K Ultra HD, coffrets Millenium et VOD depuis le 14 mars"
 



  Fede Álvarez
2018
Avec Claire Foy, Sylvia Hoeks, Sverir Gudnason, Lakeith Stanfield...
 

dimanche 3 mars 2019

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? - Jeannette Winterson

Traduit de l'anglais par Céline Leroy

« Pour moi, les livres sont un foyer. Les livres ne font pas un foyer - ils le sont, dans le sens où de même que vous les ouvrez comme vous ouvrez une porte, vous entrez dedans. À l'intérieur, vous découvrez un temps et un espace différents. »

Pour la publication de ce 500ème billet sur Babelio en janvier, je tenais à parler d'un livre vraiment beaucoup aimé, un coup de cœur. Bien souvent, en effet, je ne parle pas de mes coups de cœur. Toujours cette impression de ne pas savoir comment rendre justice à un livre que j'ai adoré, de ne pas arriver à vraiment transmettre mon ressenti puis le temps passe et je finis par ne faire aucun billet. J'ai, en plus, eu le plaisir de trouver celui-ci dans une boîte à livres.

Dans les années 60, dans le milieu ouvrier anglais, vit Jeannette, une petite fille adoptée par Mr et Mrs Winterson.

Mr est peu présent, préférant fuir une femme qu'il peine à comprendre. Mrs Winterson, ainsi que l'appelle Jeannette, est donc toute puissante, une femme impitoyable, dure et complètement dominée par deux carcans, son obsession pour la religion et sa haine des livres.

C'est pourtant par les livres que la petite Jeannette trouvera son salut, on ne dira jamais assez l'importance des bibliothèques municipales, mais il faudra souvent ruser et parfois en payer durement le prix. L'enfant en passera des nuits, sur le seuil de la porte, sans pouvoir entrer dans la maison. Maison dont elle n'eut jamais la clé.

« Plus je lisais, plus je me sentais lié à travers le temps à d'autres vies et éprouvais une empathie plus profonde. Je me sentais moins isolée. Je ne flottais pas sur mon petit radeau perdu dans le présent ; il existait des ponts qui menaient à la terre ferme. Oui, le passé est un autre pays, mais un pays que l'on peut visiter et dont on peut rapporter ce dont on a besoin. »

À l'adolescence, les rapports vont encore se complexifier entre elles quand Mrs Winterson va se rendre compte que Jeannette est attirée par les filles. Colère, menaces de châtiments divins mais rien n'y fera. Quand Jeannette tentera de lui expliquer qu'il en va de son bonheur, la marâtre aura cette sentence terrible et définitive : « Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? »

Contre toute attente, point de pathos ici mais au contraire un récit fluide, plein d'humour et d'autodérision, le temps aidant au détachement et à la résilience.

Devenue auteure reconnue et militante féministe, Jeannette Winterson signe un roman autobiographique poignant et terriblement humain.

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?
À lire absolument !

ISBN 978 2 87929 870 2
272 pages
2012
21€
 

mercredi 27 février 2019

Cassandre - Rascal & Claude K. Dubois




Réédition d'un livre originellement publié à L’École des Loisirs, cet album est un bijou de douceur !

Les illustrations de Claude K. Dubois déjà. Des couleurs pastel, crayons et aquarelles, des tons de sables, de mer et de ciel délavé.

L’histoire de Rascal enfin. Celle d’une Amitié. L’amitié que porte Marie-Paule à sa meilleure amie, Cassandre. Une amitié si belle, un lien si fort qu’elle est prête à lui offrir ce qu’elle a de plus cher au monde. Cassandre a tout mais n’est véritablement satisfaite de rien. Marie-Paule a beaucoup moins et est très heureuse comme ça. Et en plus, elle connait le sens véritable du mot amitié.

Laissez-vous bercer par Cassandre, une histoire pleine de tendresse et d’humanité, une ode à l’amitié, la vraie.

Merci à ma très chère Nad pour ce coup de cœur, un cadeau inestimable...


 « Parce qu’avoir un(e) ami(e) comme toi, c’est le plus beau cadeau ! »



ISBN 978 2 924645 28 4
32 pages
2018
-€
À partir de 4 ans

samedi 23 février 2019

DVD - I feel good - Benoît Delépine & Gustave Kervern (2018)

Quand dans la scène d’ouverture du film, on le découvre en peignoir et mules marchant au bord de l’autoroute, on se doute que le gars a un problème.

Très vite, on va comprendre qu’il a un gros problème. Jacques (Jean Dujardin) débarque dans une communauté Emmaüs. Il y retrouve sa sœur Monique (Yolande Moreau) qu’il n’a pas vue depuis des années. N’ayant nulle part où aller et sans qu’on lui ait proposé, il s’installe.

Autant Monique a les deux pieds bien ancrés sur terre, autant Jacques est trop bronzé, trop baratineur, trop sûr de lui, trop lourd, trop tout. Il fait sacrément tache dans le décor.

Dans un endroit aussi symbolique où l’entraide et l’esprit de communauté ont un sens aussi fort et véritable, Jacques lui ne rêve que de réussite et de richesse, se sentant l’âme « d’un premier de cordée ».

Quand, au hasard d’une rencontre, il tombe sur un ami d’école qui a « réussi » après une perte de poids phénoménale et quelques coups de bistouris, une idée géniale lui vient. Géniale pour lui. Proposer de la chirurgie esthétique à bas prix en Europe de l’Est ! Les compagnons d’Emmaüs qui l’entourent lui semblent des premiers « clients » » facile à ferrés…


Voilà un film qui m’a d’abord mis plutôt mal à l’aise. Jean Dujardin y est formidable en loser magnifique, un héros doté d'un état d'esprit immature et ado. Mais la supériorité dont son personnage semble se targuer sur les compagnons m’a gêné de même que la façon dont il utilise tout le monde. Mon ressenti tient sans doute aussi au réalisme documentaire de certaines scènes, aux vrais gens qui traversent le film. Mais finalement, tout ça sert le film, l’évolution de l’histoire et du personnage et j’ai très vite dépassé mes premières impressions.

Benoît Delépine et Gustave Kervern réussissent avec I feel good un film loin de certaines comédies américaines récentes sans fond, une comédie éminemment politique dans le sens le plus noble du terme avec cette touche tendre et décalée qui a fait leur succès.


www.emmaus-lescar-pau.com


Ne manquez surtout pas le documentaire passionnant inclus dans les bonus. Vous y découvrirez le fonctionnement de la communauté Emmaüs de Lescar à côté de Pau. Compagnons, sociologues, écologistes, adeptes de la décroissance, élus, y exposent leurs parcours de vie, les multiples bénéfices tant sur les individus que sur l’économie locale et montrent qu’une nouvelle société est possible au-delà de notre société de consommation dont les limites sont avérées depuis bien longtemps. Un documentaire que nos politiques seraient bien inspirés de regarder…




Un film Ad Vitam
"En DVD, Blu-ray et VOD depuis le 5 février"


Merci à Cinetrafic et Ad Vitam !


Et l'avis indispensable du Bison chineur !
 Benoît Delépine & Gustave Kervern
2018
Avec Jean Dujardin, Yolande Moreau...
  
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