samedi 4 juillet 2020

Le Juke-box du samedi - Video killed the radio star - [ The Buggles ]



Dans les années 1980, un nouvel appareil envahit nos salons : le magnétoscope. Aujourd’hui, il est totalement dépassé, il a même fini tragiquement dans nos caves, nos poubelles et autres déchèteries.

Mais à l’époque, il permet de choisir son programme au lieu de le subir, de repasser ses scènes préférées à l’infini, d’enregistrer n’importe quelle série pour ne pas en manquer une miette, un épisode… Le magnétoscope est un gage de progrès, de modernité, de liberté…

Les VHS (Vidéo Home System) sont de grosses boites noires hideuses à bandes magnétiques qu’il faut rembobiner en appuyant sur la touche « Rewind » ! On peut les louer dans les vidéoclubs qui poussent comme des champignons. Mais quand on est mineur, on se contente juste de regarder furtivement la jaquette des vidéos pornos réservées aux adultes en évitant de se faire repérer par le vendeur.

Je ne sais pas si la vidéo a tué la star de la radio mais c’est tout cela que me rappelle cette chanson :


“Video killed the radio star
Video killed the radio star
In my mind and in my car
We can't rewind we've gone too far”


 The Buggles, Video killed the radio star (1979)

samedi 27 juin 2020

Le Juke-box du samedi - Non, non, rien n’a changé - [ Les Poppys ]



« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie ». On disait qu’on tirerait les leçons de la crise sanitaire, on nous prédisait un monde meilleur, on nous annonçait le monde d’après et puis… Rien n’a changé. « Non, non, rien n’a changé. » Pas Pantoute !

« Mais j'ai vu tous les jours
A la télévision
Même le soir de Noël
Des fusils, des canons
J'ai pleuré, oui j'ai pleuré
J'ai pleuré, oui j'ai pleuré
Qui pourra m'expliquer que… »

Je vous laisse le soin d’expliquer à vos enfants, pourquoi la guerre en Syrie dure depuis 9 ans… Pourquoi Poutine est « président » de la Russie depuis 20 ans, pourquoi l’Ex-Yougoslavie se déchire depuis 30 ans, Pourquoi le Sida sévit depuis 40 ans, pourquoi des centaines d’espèces animales disparaissent de la surface du globe depuis 50 ans…

Les Poppys, Non, non, rien n’a changé (1971)

mardi 23 juin 2020

Just Not Married - Tome 1 - Kinoko Higurashi


« En huit ans, je finis par ne plus savoir qui je suis quand Ritsuko n’est pas là… » 

Allez savoir pourquoi, d’emblée je me suis pris d’empathie pour Ritsuko et Non-Chan. En couple depuis 8 ans soit 2 ans après leur rencontre, ils vivent ensemble sans être marié et ses 10 années sans officialiser cette union semblent poser problème à leur entourage. Mais qu’en est-il vraiment des deux principaux intéressés ?

Comme dans tous les couples confrontés à la routine et à l’usure du quotidien, les non-dits et les problèmes de communication sont légion. Et alors qu’on n’a souvent qu’une vision parcellaire des choses  ou d’un seul protagoniste, la bonne idée de Kinoko Higurashi est de nous exposer les deux versants d’une même situation, les deux regards sur un même événement.

Et le résultat est pour le moins flagrant ! Les incompréhensions se font jour, les petits détails à côté desquels on passe, les signes qu’on ne voit pas ou qu’on préfère ne pas voir, chacun accaparé par ses propres tracas et doutes.

Quoiqu’il en soit, on sent bien ici les liens qui unissent le couple et les pressions constantes qu’ils subissent de leurs familles ou de leurs amis.

Le premier tome de ce manga de type « seinen » se lit d’une traite avec un réel plaisir et il nous reste 4 tomes, la série en comportant 5, pour savoir quelles épreuves Ritsuko et Non-Chan vont encore rencontrer sur leur chemin. Comment tout ça va bien pouvoir se terminer ? Quelque chose me dit que ça ne devrait pas se finir trop mal…



Merci à Babelio et aux Éditions Kana !

ISBN 978 2 5050 7681 0
194 pages
2020
5,95€

samedi 20 juin 2020

Le Juke-box du samedi - Deadly Valentine - Ring a Ring O’Roses [ Charlotte Gainsbourg ]


 
Charlotte Gainsbourg a écrit l’album « Rest » suite à la disparition tragique de sa sœur Kate Barry. Enfant de la balle par excellence, « Charlotte Forever » semble avoir transcendé son double héritage, (et quel héritage !). Inutile de la comparer à ses illustres parents, elle suit sa propre voie, la voix de la maturité.

Comme son père le fit pour elle avec le sulfureux « Lemon incest », elle place ici ses propres enfants sous les feux de la rampe : Ben, Alice et Jo reprendront-ils le flambeau ? J’espère de tout cœur qu’une nouvelle dynastie est née pour le plaisir de nos oreilles ! Ainsi, je consens à devenir royaliste : god save the queen of « New Age », the queen of « Dream Pop » ! Charlotte is so french and so british at the same time !

« Premier enfant, monstre brayant
Premier cheveu blanc, crâne le temps
Premier pépin, début de la fin
Dernier soupir, qu'il soit de plaisir »

Ces deux extraits sont si légers, si aériens que je ne vais pas m’appesantir inutilement, de peur de briser le charme, le sort, la magie. Vous laissez-vous enchanter aussi facilement que moi ?




Charlotte Gainsbourg, Deadly Valentine - Ring a Ring O’Roses (2017)


dimanche 14 juin 2020

Le Juke-box du samedi - Fade To Grey [ Visage ]



Sortie en 1980 au Royaume Uni, cette chanson a envahi les ondes du monde entier pendant toute la décennie. Synthés, voix métalliques, mélodie lancinante, « Fade to grey » est l’archétype de la New Wave anglaise. « Fade to grey », est un symbole des années 80. « Fade to grey » est un cocktail subtil de futurisme et de mélancolie.

Cette chanson évoque pour moi une époque ambiguë où l’égoïsme, le matérialisme, le consumérisme étaient des religions mais où on se sentait libre. Une époque farfelue où l’on sortait des trente glorieuses sans vraiment avoir conscience que la fête était finie. Une époque hélas perdue où tout était permis… Une sinistre époque aussi où le Sida est apparu.

Xavier Dolan a remis cette chanson à l’honneur dans « Laurence Anyways ». L’héroïne fait une entrée théâtrale dans une soirée, au son de ce morceau de Visage, au son de la pluie anglaise, au son de « Fade to grey » !

anthO


Quand Le Juke-box du samedi n’a pas lieu un samedi, la semaine a forcément été compliquée. Il y a des moments comme ça… Du coup, on se tourne vers des valeurs sûres, des mots, des airs, des musiques qui, même s’ils sont tristes, nous ramènent à de beaux moments, de cinéma, de partage, d’AmourS. 

« Sent la pluie comme un été Anglais
Entends les notes d'une chanson lointaine »
 

Pour moi, cette chanson est à jamais associée au film de Xavier Dolan, Laurence Anyways. C’est en le revoyant dernièrement que j’ai réalisé à quel point il est beau mais surtout à quel point il est triste.

Outre le personnage de Laurence, interprété par Melvil Poupaud, toute mon admiration va à Fred et surtout à son interprète, la québécoise Suzanne Clément. Fred qui aime Laurence et qui tente de faire face au cœur d’un amour peu conventionnel.

Dans cette scène totalement « clipesque », elle explose littéralement. Une Suzanne Clément dans une robe à paillette transparente, outrageusement échancrée, à la fois punk et lumineuse, fendant la foule vers un nouvel horizon, prête à tout affronter ou à renoncer peut-être. Un amour a parfois des allures de combat : partir, revenir, résister

« Aaah, we fade to grey »
manU

Visage, Fade To Grey (1980)

mercredi 10 juin 2020

Urbex Sed Lex - Christian Guillerme

Pour ceux qui l’ignorent, l’urbex, terme issu de l’anglais « urban exploration », est une pratique qui consiste à explorer des lieux abandonnés, maisons, châteaux ou tout autre type de friches industrielles.

Ici, c’est à la découverte d’un sanatorium désaffecté du côté de Dreux que vont partir deux couples d’amis suite à un mystérieux mail d’invitation. Les couples sont invités à s’y rendre et laisser une preuve de leur passage contre une somme de 8000 € par personne soit 32000€ au total ! L’offre est alléchante et difficile à refuser mais sans doute un peu trop belle pour ne rien cacher….

Moi qui gamin adorais m’aventurer dans les vieilles maisons abandonnées et qui aime regarder des photos ou des vidéos d’urbex, je me suis vite laissé prendre au jeu et à une intrigue cruellement accrocheuse. Ajoutez à cela des personnages authentiques, une tension qui va crescendo et vous obtenez un thriller sans temps mort.

J’ai également beaucoup aimé la référence à un vieux film de la RKO mais là, je ne peux pas vous en dire plus sous peine d’éventer un peu le suspense. 

Urbex Sed Lex de Christian Guillerme, entrez à pas feutrés et restez sur vos gardes, le moindre faux pas pourrait bien vous coûter cher…




Sortie le 18 juin 2020
ISBN 9782372580700
256 pages
2020
9,99€
(Livre reçu en service de presse)
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