mercredi 9 août 2017

Le Montespan (BD) - Jean Teulé & Philippe Bertrand (by Anthony)



La Montespan, tout le monde connait… une putain du roi. Mais qui connait le mari cocu ?

C’est ce que cette bande dessiné propose de nous faire découvrir à travers l’adaptation du roman de Jean Teulé : Le Montespan. 

Avec humour et légèreté, Jean Teulé nous fait plonger dans l’Histoire par le petit bout de la lorgnette. Il nous fait partager la douleur du mari trompé, il met en lumière les subterfuges pour la reconquérir, les folies pour lui crier son amour, les excentricités pour crier au monde entier son infortune tant par le texte ramassé que le dessin dynamique de Philippe Bertand.

Qu’on ait lu ou non le roman au préalable, une lecture aussi agréable qu’instructive.



ISBN 978 2 7560 1901 7
112 pages
2010
15,50€
 

lundi 17 juillet 2017

Hollywood ne répond plus - Olivier Rajchman




Épic, mémorable, incroyable, invraisemblable, autant d’adjectifs qui viennent à l’esprit quand on pense au tournage de Cléopâtre de Joseph Mankiewicz. Et en lisant le livre d’Olivier Rajchman aux Éditions Baker Street, on réalise que c’est encore plus inimaginable qu’on le pensait.

Il y a bien sûr le cachet faramineux de son interprète principale, Elizabeth Taylor qui réclama et obtint 1 million de dollars, faisant d’elle la première actrice à obtenir une telle somme pour un rôle au cinéma, somme bien plus importante au final vu tous les multiples avantages qu’elle obtint en sus. Il y a bien entendu la fameuse et très commentée histoire d’amour entre Richard Burton et Elizabeth Taylor qui défraya longtemps la chronique. Les deux amants, mariés au moment de leur rencontres, finirent par chacun divorcer, brisant ainsi deux ménages, s’attirant l’opprobre des bien-pensants en général et du Vatican en particulier. Il y a enfin ce tournage interminable s’étalant, sur plusieurs années et qui, selon la légende, failli conduire la Fox à la ruine. Autant d’éléments connus et souvent ressassés, pour ne pas dire déformés, pour peu qu’on se soit un tant soit peu intéressé à ce film ou à son héroïne.

Là où l’auteur a fait fort, c’est en obtenant de la petite fille de Mankiewicz les journaux intimes du réalisateur rédigés pendant le tournage, une source incontestable et des impressions sur le vif qui donnent une idée de l’ampleur de la tâche. Engagé au pied levé pour remplacer un réalisateur incompétent, Mankiewicz faillit y laisser sa santé.  Il mena une lutte de tous les instants aussi bien avec sa vedette, outre ses nombreux problèmes de santé, les retards et exigences de Taylor dépassant parfois l’entendement, qu’avec les studios qui avaient une idée bien différente du film qu’ils attendaient.

"Elizabeth avait, certes, obtenu des privilèges exorbitants et certaines dérogations, parmi lesquelles un arrêt de travail les deux premiers jours de ses règles. Kenneth Haigh, qui jouait Brutus, se souvenait qu'"elle disait : "Si je dois incarner la plus belle femme du monde, je veux être à mon meilleur."" Pas dupe, Mankiewicz avait dans son bureau un calendrier affichant son cycle menstruel au sujet duquel il ne manquait pas de plaisanter : "Elizabeth, affirmait-il, est une candidate sérieuse u livre Guinness des records ; elle a ses règles toutes les semaines.""

Comment un projet d’une telle envergure pouvait-il être mené à terme alors que le tournage commença avant même que le film soit écrit ? Alors que Mankiewicz réécrivait la nuit, les scènes qu'il tournait le jour ? Alors qu’il rêvait d’en faire deux films et que les studios lui imposèrent de n’en faire qu’un seul ? La magie d’Hollywood me diriez-vous, plus sûrement la volonté farouche d’un homme à mener à bien la mission qui lui a été confiée…

Au-delà du tournage laborieux de Cléopâtre, ce livre est aussi passionnant par le parallèle fait entre ce tournage et celui du dernier film de Marylin Monroe, Something’s got to give. Taylor est alors au sommet de sa gloire, elle impose sa loi, alors que Marylin n’a plus vraiment la confiance de ses pairs. Alors que la Fox cède aux caprices d’une Taylor toute puissante, elle choisit de licencier une Marylin  jugée ingérable et d’en faire un exemple. L’une est une comédienne respectée, l’autre n’est pas vraiment prise au sérieux. L’une a tous les hommes à ses pieds, l’autre est désormais rejetée de toute part. L’une est en pleine ascension, l’autre en plein déclin. Marylin ne résistera plus très longtemps aux impitoyables rouages de la machine hollywoodienne…

"Probablement maniaco-dépressive, Marylin craignait plus que tout d'être atteinte un jour de schizophrénie. Cette maladie dont sa mère était porteuse et qui l'en avait séparée. Peur d'enfant abandonnée, qui la poursuivait et la faisait se réveiller, tremblante, certaines nuits."

Enfin, il y a le tournage du film Le Jour le plus long, grand barnum là-aussi, avec un incroyable casting international, qui fut mené d’une main de maître par Darryl F. Zanuck, réalisateur et producteur. Je me suis dans un premier temps interrogé sur le rapport entre ce tournage et les deux autres. Puis le lien se fait et la cohérence n’en devient que plus évidente. 

Hollywood ne répond plus, c’est une sidérante bataille d’egos hypertrophiés, c’est la lutte permanente entre réalisateurs et producteurs, entre visions artistiques et attentes commerciales, c’est aussi la fin d’une époque qui s’annonce, celle des studios tout-puissants, celle de l’âge d’or hollywoodien.

Au cas où vous n’auriez pas compris, j’ai adoré !


Un grand merci aux Éditions Baker Street !


ISBN 978 2 917559 47 5
413 pages
2017
21 €

dimanche 9 juillet 2017

La Cantoche - Nob



« - Tu voudrais faire quoi, toi, quand tu seras grand ?
- Je crois que j'aimerai bien devenir prof...
- Non mais ça va pas la tête ?!! Tu vas manger à la cantoche toute ta vie ! »

Je viens de me découvrir un point commun avec Nob, trop cool non ?
Lequel me direz-vous ? Son talent pour le dessin ? Son génie pour les histoires touchantes et drôles ? Pas du tout !

Quand il était petit Nob voulait devenir pâtissier pour manger des gâteaux toute la journée, pile comme moi ! Enfin à une exception près, moi, ma boutique serait fermée le mercredi pour que je puisse regarder les dessins animés !!... :)

Blague à part, j’ai découvert Nob avec la série Mamette puis Les Souvenirs de Mamette et enfin avec Dad. J’adore et j’en ai déjà parlé ici. Ce savant mélange de douceur, de tendresse et d’humour me régale à chaque fois et La Cantoche n’a pas fait exception, je me suis régalé. Je me suis amusé, j’ai souri et parfois même ri de bon cœur aussi.

Ici pas de héros et pas d’histoire centrale mais un ensemble de scénettes portées par des gamins comme on en connait tous, du plus sage au plus teigneux, du plus naïf au plus fourbe. Mais surtout, ils sont toujours désarmant de naturel et font mouche à chaque fois.

La Cantoche et ses galères, ses glissades, ses batailles de purées, ses scuds  de brocolis et ses plats non identifiables qui m’ont rappelé cette paella vert fluo qu’on nous servait au collège. Elle finissait invariablement à la poubelle et le « cuisinier » n’avait pas l’air de comprendre pourquoi !

Allez, vous reprendrez bien une petite louche de paella vert fluo ? 

« - Toi, au moins, t'as l'air content d'être là !
- T'as jamais goûté la cuisine de ma mère ! »

La Cantoche de Nob, à vous faire regretter d’être en vacances !

http://www.planetebd.com/

Merci à Babelio et aux Éditions Bayard !



ISBN 978 2 7470 5926 8
64 pages
2016
9,95€
  
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