lundi 11 novembre 2019

Benzos - Noël Boudou


"La gazette locale me décrit comme le héros du jour. L’homme qui au mépris du danger a sauvé sa voisine non voyante d’un dangereux pervers. Je ne suis pas un héros, faut pas croire ce que disent les journaux. Je suis une grenade suicidaire. Une centrale atomique vieillissante sur le point de s’écrouler. Je suis la preuve que l’héroïsme est bon pour les navets de Jason Statham.

Nick Power ne touche pas le fond, il le pulvérise pour voir s’il peut descendre encore un peu."

Attention drogue dure !

Dès les premières pages, on plonge dans le quotidien de Nick, un gars cool, bien dans sa vie et ses baskets, si ce n’est ce gros problème d’insomnies qui le fait abuser des somnifères et autres anxiolytiques, des benzodiazépines, les « benzos » quoi.

Heureusement, ce matin-là, des amis s’annoncent chez lui pour quelques jours. Passé le plaisir de se retrouver, la soirée ne se déroule finalement pas tout à fait comme prévue…

Quand le lendemain, la même journée semble recommencer, avec les mêmes amis qui s’annoncent, comme Nick, on comprend qu’il y a un problème. Serait-il en train de payer son abus des benzos ou de sombrer dans la folie ?


Encore une fois les Éditions Taurnada nous offre un thriller qui dépote : Écriture percutante, sens du rythme et suspense redoutable. Noël Boudou nous prend par les tripes et ne nous lâche plus avant la dernière page.

Plaisir de lecture garanti, montées d’adrénaline et gare au risque sévère de dépendance, Noël Boudou nous rend totalement accros à Benzos ! 


 Sortie le 14 novembre 2019

ISBN 9782372580601
222 pages
2019
9,99€
  (Livre reçu en service de presse)

samedi 9 novembre 2019

Le Juke-box du samedi - Le Voyage [ Gamine ]


 

« On pourrait aller voir la mer, 
Venise en hiver 
Ou les palmiers sur la Promenade des Anglais
 Non, tu vois, je n'ai plus sommeil, non, plus sommeil 
On pourrait partir tous les deux en voyage »

2019, les gondoliers s’enlisent à Venise, les anglais quittent le navire européen, les palmiers laissent la place aux saules pleureurs … Alors, Le Voyage, on en revient… C’est plutôt un voyage dans le temps que je vous propose aujourd’hui… plus qu’hier, moins que demain…

1986, on voyage grâce au groupe Gamine, ses guitares-basses, sa batterie, son harmonica. Ici, pas de synthé mais un son typique de la scène pop rock française qui me faisait planer tant et tant et que j’écoute encore avec plaisir. En espérant partager avec vous cet instant tout à la fois rétrospectif et introspectif, je vous laisse méditer ces quelques mots :

« Oh, tous nos rendez-vous manqués 
Le temps qui passe et ne revient jamais, non jamais 
Oh, tout ça si vite oublié, si vite oublié »

A nos rêves déçus, nos espoirs déchus, nos illusions perdues et à tous les voyages avortés.

Gamine, Le Voyage (1986)

mardi 5 novembre 2019

Les Zola - Méliane Marcaggi & Alice Chemama


"- Et comme d'habitude, notre cher Cézanne clôt la soirée sur une note amère. Cependant, il est plutôt l'heure du sucré. Je vais chercher le dessert." 

Pour moi, Émile Zola se résumait aux romans imposés à l’école, à son fameux « j’accuse » de l’affaire Dreyfus, ainsi qu’à son austère photographie par Nadar dans tous les dictionnaires. Comme je n’ai jamais eu de véritable intérêt pour ce maître du naturalisme, je n’avais retenu que très peu d’éléments biographiques.

Mais c’était sans compter sur un duo 100% féminin composé de Méliane Marcaggi (scénariste) et Alice Chemama (illustratrice) et leur roman graphique intitulé « Les Zola » !

En effet, ce livre a définitivement changé ma perception d’un monument de la littérature française. Les deux autrices nous montrent un Zola ardent, spontané, pétri d’humanité. Mais le personnage qui « crève les pages », c’est la truculente Alexandrine, sa femme ! Sans elle, pas de Zola, pas de Rougon Macquart, pas de Nana, nada ! Quel personnage ! Je n’en dis pas davantage pour vous laisser la surprise...

Quand on se plonge dans cet opus, on ne le repose plus : on lit ; on admire, on déguste. Tout concourt à nous séduire : le dessin soigné et frais, le travail sur les couleurs, le scénario enlevé : un moment de lecture rare !

ISBN 978 2205 07817 6
116 pages
2019
19,99€
  

samedi 2 novembre 2019

Le Juke-box du samedi - Mortel [ Fishbach ]




A peine sa voix se répand-elle sur les ondes que d’aucuns la comparent à Catherine Ringer ou à Claudie Fritsch-Mentrop (Desireless)… Les échotiers s’en donnent à cœur joie, prompts qu’ils sont à coller des étiquettes, à trouver des filiations entre les créateurs. Pour moi, Flora Fishbach est tout bonnement incomparable. Quand elle mue en Fishbach, elle devient la seule, l’unique, la singulière !

Des airs à la fois vintages et modernes, une allure à la fois chic et sauvage, une voix à la fois chaude et métallique, Fishbach est indéfinissable. Sa voix m’impressionne sur papier carbone, résonne dans mon crâne comme un écho et j’entonne à l’envi cet étrange refrain :

« Jamais rien vu d'aussi mortel que ces tirs au hasard,
Je quitterai dès demain ces terres sans vous dire au revoir.
Jamais rien vu d'aussi mortel que ces tirs au hasard...
Je te rejoins demain en l'air il n'y a pas de hasard. »

Fishbach est un ovni dans la scène électro-pop, à la fois fée bienveillante et déesse du vaudou, qui pique ses chansons au fond de mes tripes, un hologramme tout droit sorti du dark web.

Attention à vous, Fishbach, c’est Mortel !

Fishbach, Mortel (2017)

mardi 29 octobre 2019

Une bête au paradis - Cécile Coulon


"Elle l’avait laissé dehors pour qu’il se vide de ses larmes, de sa colère, de ses coups, oubliant que larmes, colères et coups sont des fleurs qui poussent en toute saison, même dans des yeux secs, même dans des corps aimés, même dans des cœurs réparés."
 
Âpre. Voilà le premier mot qui me vient à l’esprit en refermant ce roman.

Un livre que j’avais une terrible envie de découvrir. Puis une fois commencé, j’ai traversé les 120 premières pages sans plaisir, sans envie, sans empathie, pas plus accroché par le style que par l’histoire. Quelle histoire d’ailleurs ? Un flou indéfinissable…

Masse critique oblige et désireux de ne pas en rester là avec Cécile Coulon que je languissais de découvrir, j’ai tout repris à zéro. On oublie tout, on recommence, retour au début. Et là, la connexion s’est faite. Les personnages ont pris vie, la qualité de l’écriture m’est apparue. J’ai finalement dévoré ce roman en quelques heures. Peut-être cette récurrente question de moment ?

Et puis, il y a des gens qu’il faut se donner la peine de découvrir pour les apprécier vraiment, des atmosphères qui demandent un effort avant de s’y glisser vraiment. Le goût de l’effort, on l’a indéniablement au Paradis, ce petit bout de terre isolé abritant la ferme d’Émilienne qui élève seule ses deux petits-enfants orphelins, Blanche et Gabriel. La vie ne les a pas épargnés et le temps n’arrangera rien à l’affaire. 

Une Bête au Paradis, c’est une tragédie, un roman de peu de personnages, presque un huis clos, tant on les sent étouffés par leur devoir, entravés dans leurs envies. Des personnages terriens, taiseux, robustes, entiers mais que la passion et encore plus la trahison risquent à tout moment de faire vaciller jusqu’à basculer vers l’irréversible.

Approchez-vous discrètement, en faisant attention aux petites branches mortes qui risquent de craquer sous vos pas, observez-les attentivement et méfiez-vous des apparences, la bête de ce « Paradis » n’est pas forcément celle que l’on croit…



Merci à Babelio et aux Éditions L'Iconoclaste !
 
 
ISBN  978 2 37880 078 9
352 pages
2019
18€

 

samedi 26 octobre 2019

Le Juke-box du samedi - Aussi belle qu’une balle [ Taxi girl ]


1984, le chemin des vacances, 8 heures de route et paf : j’ai pris une balle perdue. Balle à blanc ou pas, cette balle-là m’a touché en plein cœur. Depuis lors, elle est restée fichée, là, dans mon myocarde qui, pourtant, palpite encore aujourd’hui.

"Juste une balle perdue 
Qui marche dans les rues 
Son cœur n'attend plus 
Rien qu'une balle perdue"

Heureusement, toutes les balles ne se perdent pas. Cette fois, elle est dans votre camp !


Taxi Girl, Aussi belle qu’une balle (1984)

mardi 22 octobre 2019

Aimez-moi, maintenant - Axl Cendres


Je ne connaissais pas Axl Cendres avant sa disparition. Je veux dire que je ne l’avais jamais lu. C’est l’émotion suscitée par sa disparition sur les réseaux sociaux, notamment les mots de son ami Antoine Dole qui m’ont donné l’envie de la découvrir.

C’est chose faite avec Aimez-moi, maintenant. Un titre plein de promesse. Un titre en forme d’avertissement. Aimez-moi, maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

« Il y a trois catégories de Familles d’Accueil : celles qui vous veulent du bien, celles qui veulent du fric et celles qui vous veulent du mal. »

Orphelin, le héros de cette histoire a été balloté de familles d’accueil en familles d’accueil. Il connaîtra les moins pires comme les pires, vraiment pires… Difficile de se reconstruire après ça.  N’aspirant qu’à être aimé, il croit y parvenir en réussissant brillamment dans les études grâce à un QI exceptionnel. Quand il comprend son erreur, il se détourne de ce nouveau milieu social prêt à l’accueillir à bras ouverts.

«  Va falloir t’y faire, mon vieux. Plus tu réussis et plus tu te fais d’ennemis ! »

Contre toute attente, c’est entouré de marginaux et laissés pour compte qu’il va découvrir des relations vraies où la seule chose qui compte est qui tu es vraiment.

Personnages écorchés vifs, attachants et pleins d’humour, quête de soi et envie d’être aimé font de cette histoire une vraie réussite, un premier roman percutant ! 

Aimez-moi, maintenant m’a fait découvrir une plume incroyable, un style direct, poignant qui vous prend aux tripes. Maintenant, je vous invite à tous découvrir ses livres, chez vos libraires, dans vos médiathèques car le plus bel hommage à rendre à Axl Cendres est sans doute de continuer à la lire, encore et encore…

*****

[…] on sait qu’on est trop grand pour être adopté le jour où on s’assoit sur une chaise et que les pieds touchent le sol. »

« Les Travailleurs Pauvres sont des gens qui savent qu’il n’y a aucun espoir de vie meilleur. Ils travaillent pour avoir juste de quoi subsister. C’est ça, l’Instinct de Survie, se battre pour continuer à vivre même quand on a perdu tout espoir. »

« Ce jour-là, j’ai appris qu’il n’y a rien de mieux qu’un joli bobard pour rendre quelqu’un heureux. De toute façon, les beaux mensonges vaudront toujours mieux que les sales vérités. »

ISBN  978 2 84865 261 0
152 pages
2008
9€
 
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