Affichage des articles dont le libellé est Dargaud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dargaud. Afficher tous les articles

vendredi 19 novembre 2021

Interférences - Laurent Galandon & Jeanne Puchol


En 1978, les médias français se résument à trois chaines de télévision et une demi-douzaine de stations de radio. Très facile pour l’Etat d’avoir le monopole sur les ondes ! C’est dans ce désert médiatique que quelques hurluberlus se mettent à hululer illégalement dans le poste ! Interférences !

Ces pionniers se transforment en hérauts des temps modernes, en piratant les canaux hertziens de la France tranquille, en donnant la parole aux oubliés, à la France Underground. A l’instar des sites Internet aujourd’hui, les stations pirates apparaissent, disparaissent et jouent à cache-cache avec les autorités. Le sujet est intéressant surtout pour quelqu’un comme moi qui ai connu l’arrivée des radios libres et gouté sans modération à leur impertinence, leur irrévérence, leur insolence.

Par contre, que ce soit le dessin où le scénario, tout est un peu trop convenu à mon goût. Un sujet aussi punk aurait pu être traité de manière moins classique. Je m’attendais à quelque chose de plus incisif, de plus corrosif, de plus abrasif ! Aurait-il échappé aux auteurs que les médias français étaient passés des mains sales des politiques à celles des milliardaires ? A l’époque, l’arrivée des radios libres fleuraient bon la démocratie, alors que ces derniers temps, les réseaux sociaux instaurent peu à peu une forme de dictature : celle de la pensée unique ! Interférences !

ISBN 978 2 5050 6731 3
128 pages
2018
18€

lundi 15 février 2021

L'Été diabolik - Thierry Smolderen & Alexandre Clérisse

 

"- Hé ! M'sieur ?? L'Aston, c'est la vraie, au moins ? Elle a le siège éjectable ?
- Non, c'est le modèle français. Elle a une cave à vin."

Vingt ans après, Antoine se remémore l’été 1967, un été chaud, mystérieux, diabolique… Du haut de ses 15 ans, il avait eu l’impression de faire de nouvelles expériences en cet été diabolik, mais il lui faudra 20 ans pour faire de véritables découvertes, 20 ans pour faire la lumière sur son passé, 20 ans pour recoller les pièces du puzzle. Un puzzle qui mêle l’adolescence, les relations père-fils, l’espionnage, la littérature, le tout rondement mené par le scénario haletant de Smolderen et magnifié par le dessin de Clérisse. Cette association entre les deux hommes est un alliage en béton armé, en acier trempé. Les deux artistes nous font plonger dans les années 1960 fantasmée mêlant les univers de James Bond, des bandes dessinées italiennes des sœurs Giussani et des dessins du peintre britannique David Hockney. C’est prenant, étonnant, chatoyant !

 


Thème de février : Souvenirs d'enfance 
 
Les billets de Nadège, Nadine & manU
 
ISBN  9782205073454
168 pages
2016
21€

mercredi 22 janvier 2020

Une Année sans Cthulhu - Smolderen & Clerisse

"- Il suffit parfois de peu de choses pour réveiller un démon, Samuel. Le problème, c'est qu'on ne peut plus jamais le renfermer dans sa boîte..."

Dans le Lot des années 1980, un groupe d’adolescents tente de pimenter son quotidien avec un jeu de rôles : « l’appel de Cthulhu ». Tout droit sorti de l’imagination de Lovecraft, cette divinité aurait régné sur la terre avant l’arrivée de l’humanité. Exilé pour ses méfaits, il tente un retour en grâce. Il hante les rêves des humains les plus réceptifs, créant ainsi des adeptes prêts à toutes les extrémités, toutes les horreurs, tous les crimes…

Je ne connais pas l’univers de Lovecraft, je ne suis pas un adepte de science-fiction, mais je me suis laissé happer, par l’appel de Cthulhu, comme ensorcelé à mon tour, par un scénario bien ficelé, des dessins somptueux. 

En plus en tant que charentais bien chauvin, le dessinateur Alexandre Clerisse a fait ses classes à Angoulême, au Centre International de la Bande Dessinée et pour notre plus grand plaisir, il conjugue ses talents avec ceux du scénariste Thierry Smolderen. Quand on sait que ce dernier fut son professeur, ça ne manque pas de piquant ! 

Alors, à votre tour, venez-vous-y piquer !


Une BD découverte chez From the avenue !

ISBN 978 2205 07744 5
176 pages
2019
21€

lundi 13 janvier 2020

Une lecture, deux regards (3) : Le Detection Club - Jean Harambat

"Le roman policier est un jeu de l'oie, et dans ce jeu, le lecteur n'affronte pas le criminel mais l'auteur ! L'objectif du récit à énigme  n'est pas de faire l'obscurité mais la lumière. Le côté néuleux n'est qu'un écran de fumée destiné à révéler dans toute sa splendeur l'instant où tout s'éclaire. Le mystère doit rester simple." 

Dans les années 1930, le Detection Club réunit la fine fleur des créateurs de romans policiers au Royaume Uni. Et que se passe-t-il quand un milliardaire folâtre et farfelu se paye le luxe d’inviter ses illustres membres sur une île de Cornouailles ? Des situations rocambolesques, une guerre des égos jubilatoire, des joutes verbales truculentes et une véritable énigme à résoudre !

Je n’en dis pas davantage pour laisser le plaisir de la découverte à ceux qui tenteront l’expérience. Jean Harambat a concocté là un roman graphique qui mérite le détour : le dessin, les dialogues, le scénario, les références en pagaille, tout concoure à nous ravir, nous captiver, nous fasciner. Je l’ai lu deux fois en deux jours… Alors, adhérez, vous aussi, au cercle très fermé du Detection Club !

anthO

Un groupe de personnes convié par un mystérieux individu sur une île en Cornouailles, ça vous rappelle quelque chose ? On pense évidemment aux Dix petits nègres d’Agatha Christie et justement la romancière figure au nombre des invités, étonnant, non ? 

Jean Harambat a la bonne idée de redonner vie aux illustres membres du Détection Club et d’en faire les héros de son histoire.

Pour ceux qui l’ignorent, le Détection Club a réellement existé, regroupant la fine fleur des auteurs de romans policiers britanniques parmi lesquels Agatha Christie, G.K. Chesterton, et Dorothy L. Sayers entre autres, rejoints quelques années plus tard par l’américain John Dickson Carr.

Les éminents membres de ce Club se retrouvent donc invités par le milliardaire excentrique Roderick Ghyll, créateur d’un incroyable robot capable d’élucider les énigmes les plus retorses de romans policiers. Quand le milliardaire est retrouvé assassiné, les petites cellules grises de nos auteurs entrent en action. Lequel de ces enquêteurs de luxe va se transformer en suspect idéal ? Je vous laisse le découvrir...

www.bedetheque.com
Ce roman graphique est une pure merveille, tant au niveau de l’intrigue qu’au niveau du dessin. On pense à certains romans des auteurs présents et les clins d’œil à Edgar Allan Poe ou Gaston Leroux sont légion. La complicité vacharde entre Agatha Christie et Chesterton, les deux héros principaux, est savoureuse et le flegme britannique parfaitement retranscrit. La finesse du trait et la douceur des couleurs est en parfaite adéquation avec cette ambiance "so british" délicieusement vintage, entre "pudding" et "tea time" qui ravira les amateurs du genre.

Est-il besoin de rajouter que je me suis régalé ? "I don’t think so !"
manU 



Merci à Babelio et aux éditions Dargaud !

ISBN 978 2205 07943 2
136 pages
2019
19,99€
 

mardi 5 novembre 2019

Les Zola - Méliane Marcaggi & Alice Chemama


"- Et comme d'habitude, notre cher Cézanne clôt la soirée sur une note amère. Cependant, il est plutôt l'heure du sucré. Je vais chercher le dessert." 

Pour moi, Émile Zola se résumait aux romans imposés à l’école, à son fameux « j’accuse » de l’affaire Dreyfus, ainsi qu’à son austère photographie par Nadar dans tous les dictionnaires. Comme je n’ai jamais eu de véritable intérêt pour ce maître du naturalisme, je n’avais retenu que très peu d’éléments biographiques.

Mais c’était sans compter sur un duo 100% féminin composé de Méliane Marcaggi (scénariste) et Alice Chemama (illustratrice) et leur roman graphique intitulé « Les Zola » !

En effet, ce livre a définitivement changé ma perception d’un monument de la littérature française. Les deux autrices nous montrent un Zola ardent, spontané, pétri d’humanité. Mais le personnage qui « crève les pages », c’est la truculente Alexandrine, sa femme ! Sans elle, pas de Zola, pas de Rougon Macquart, pas de Nana, nada ! Quel personnage ! Je n’en dis pas davantage pour vous laisser la surprise...

Quand on se plonge dans cet opus, on ne le repose plus : on lit ; on admire, on déguste. Tout concourt à nous séduire : le dessin soigné et frais, le travail sur les couleurs, le scénario enlevé : un moment de lecture rare !

ISBN 978 2205 07817 6
116 pages
2019
19,99€
  

dimanche 25 novembre 2018

Les Beaux étés - Tome 5 - La Fugue - Zidrou & Jordi Lafebre


« - Eh bien, mon grand, voilà un réveillon de Noël qui restera dans les annales !
- Je… Pardon, Papa. À cause de moi, vous n’aurez pas vu le soleil !
- Ah bon ? Et le sourire de ta maman quand elle t’a retrouvé indemne, c’était quoi selon toi, alors ? »

En cette fin 1979, l’ambiance est un peu maussade chez les Faldérault. Les vacances d’été ont été une catastrophe. Pierre est pieds et poings liés par un contrat qui l’entrave dans sa création. Madeleine n’en peut plus de vendre des chaussures pour une vieille bique aussi acariâtre que ses clients sont pénibles. Quant aux enfants…

Pour finir l’année en beauté et repartir d’un bon pied vers 1980, la décision est prise de tracer la route à bord de cette bonne vieille 4L rouge Estérel, direction le soleil !

Mais Louis, qu’on a connu plutôt réservé jusqu’ici, a bien d’autres projets en tête, comme assister au concert unique des Pink Floyd à Londres. Obligé de suivre le mouvement mais bien déterminé à ne pas renoncer à ses projets, il va profiter d’un arrêt sur la route pour filer à l’anglaise à bord du camion d’une hollandaise…


Se plonger dans un nouvel opus des Beaux étés, c’est un peu comme retrouver des membres de sa famille, des cousins auxquels on est attaché. On est content de les revoir mais on appréhende un peu, se demandant si tout va bien se passer, si le plaisir des retrouvailles sera intact.

Cet été, j’attendais avec impatience ce moment (Le Repos du guerrier) et la façon dont tout s’est terminé m’a plutôt laissé sur ma faim. Cet automne, je les ai retrouvés non sans une certaine appréhension et je referme cet album avec satisfaction.

Des dessins toujours aussi bons, une mimique touchante tellement juste par-ci, des regards qui se croisent rendant dispensable tout commentaire ou dialogue par-là. Et puis tous ces moments bien croqués, bien vus, ces situations et ces dialogues qui sonnent vrais.

Ne boudez pas votre plaisir, retrouver les Faldérault, c’est un peu comme feuilleter un album de famille, regarder des photos, jaunies ou aux couleurs encore vives, faire sien des souvenirs qui ne le sont pas vraiment, se laisser bercer par une petite musique nostalgique. 

Les Beaux étés 5, La Fugue… en plaisir majeur !


L'avis d'Anthony :

Une fois n’est pas coutume, les Faldérault partent en vacances au mois de décembre ! La 4L Estérel tiendra-t-elle le choc ?

Ça tombe bien, la vieille Estérel est allégée car l’équipée n’est pas au complet : l’ainée reste à la maison pour ses études et le jeune Louis n’est présent que physiquement : son esprit est ailleurs.

Qu’est-ce qui peut bien trotter dans la tête de cet adolescent ? Une amoureuse ? The Wall, la chanson des Pink Floyd ? Une soudaine envie de liberté ?

En tous les cas, il va surprendre tout le monde, autant sa gentille famille que les lecteurs…

Dans ce tome 5 des Beaux Étés, on retrouve la famille belge avec plaisir, même si la magie des premiers opus est définitivement perdue… « All in all it's just another brick in the wall »



ISBN 978 2 5050 7400 7
56 pages
2018
14,00€
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...