Affichage des articles dont le libellé est Catherine Locandro. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Catherine Locandro. Afficher tous les articles

vendredi 7 octobre 2022

Le portrait de Greta G. - Catherine Locandro

 

"" [...] On voyait sur le film ce qu'on n'avait pas tout à fait vu en réalité. Entre elle, la pellicule et l'écran, un accord inexplicable se faisait. Un rapport mystérieux..." Garbo, créature de cinéma par excellence, qui ne se révèle entièrement qu'à travers l'émulsion du film."

1982. Une certaine Mrs Brown, coiffée d’un bonnet, le regard caché derrière d’épaisses lunettes noires, se faufile dans le hall d’un petit cinéma new-yorkais.

Peter, le propriétaire, lui prend le bras pour la conduire à sa place habituelle, tout près de la sortie. Peter se souvient la première fois où enfant il a aperçu celle qui a désormais la silhouette plus voutée et la démarche plus hésitante.

Deux rangées plus loin, Frances n’en croit pas ses yeux quand elle reconnait « Mrs Brown ». Elle aimerait tellement oser l’aborder. Frances se souvient l’influence qu’elle a pu avoir sur son existence.

Mrs Brown ôte ses épaisses lunettes noires, chausse ses lunettes de vue. Le générique s’ouvre, le film peut commencer : « Greta Garbo in The Picture of Dorian Gray ». Garbo se souvient…

 

Pour le lecteur aussi, le film peut commencer. Le film fantasmé du destin de Greta Garbo, icône de l’âge d’or du cinéma. Garbo, la Divine.

Alternant les points de vue, les chapitres se déroulent sous nos yeux toujours amenés par d’astucieux et très cinématographiques fondus enchainés. L’écriture de Catherine Locandro est toujours aussi sensible, pertinente. Impossible de ne pas trouver de similitudes entre les deux femmes. Deux artistes talentueuses, à la beauté troublante et à la timidité qu’on devine.

Enfin, le parallèle entre Garbo et Le Portrait de Dorian Gray donne toute sa force à ce livre. L’ambivalence, le double, la dualité, vont tellement bien à La Femme aux deux visages.

 

Garbo, étoile nimbée de mystère mais surtout une femme libre, en avance sur son temps, une personnalité indéniablement inspirante.

"Greta séduisait les hommes et les femmes, ne demandant qu'à s'enflammer. Sa froideur est son garde-fou, elle la protège de ses embrasements. Et elle attise le désir chez les autres."

 

Merci aux Éditions Les Pérégrines

ISBN 979 10 252 0565 5
304 pages
2022
19€

dimanche 14 décembre 2014

L'Histoire d'un amour - Catherine Locandro

J'avais oublié simplement
que j'avais deux fois dix-huit ans.



« Mon histoire, c’est l’histoire d’un amour… »  


1995. Comme chaque matin Luca boit son café en lisant La Repubblica avant de regagner le lycée dans lequel il enseigne. Mais ce matin, le journal parle de La Chanteuse et de son histoire d’amour, gardée secrète jusqu’à ce jour, avec un jeune italien. Luca. C’est donc de lui dont il est question. De son histoire. De son secret.

1967. La Chanteuse se produit dans une émission de la RAI, la télé italienne. Luca y fait de la figuration pour la seconde fois. La Chanteuse se remet à peine d’une tentative de suicide qui a suivi le suicide de l’homme qu’elle s’apprêtait à épouser, Le Poète. Luca admire Le Poète et curieusement lui ressemble un peu. Luca en est conscient.

Une ressemblance. Un amour différent mais commun pour Le Poète. Une histoire qui commence, L’Histoire d’un amour… 

Au-delà de l’ombre lumineuse de La Chanteuse qui plane tout au long du livre, l’intérêt est ailleurs.

Dans la somme des différences à surmonter, le milieu social, elle est une vedette, lui un jeune étudiant qui vit chez sa mère, et bien sûr la différence d’âge, elle a trente-quatre ans, lui vingt-deux, même si dans ces cas-là, on refuse toujours de les voir vraiment. Et bien sûr, le secret qu'il faut garder.

Dans l’aspect universel de l’histoire de cet amour, dans sa magie, dans sa complexité. Comme dans toute histoire d’amour, mais finalement peut-être encore plus que dans tout autre, on a peur, on doute, de soi, de l’autre, de la vie…

Dans l’écriture sensible et juste de Catherine Locandro, dans sa finesse, dans sa pudeur, une retenue qui vous prend aux tripes et qui vous fait tourner les pages la gorge nouée.

Un petit bijou, une histoire touchante, une histoire prenante, L’Histoire d’un amour… 

« Ciao amore, ciao amore, ciao amore, ciao » ♫ 



                                         Un grand merci aux Éditions Héloïse d'Ormesson.


"Le décès du Poète, son amant italien, qui avait mis fin à ses jours huit mois plus tôt lors du festival de San Remo, ainsi que sa propre tentative de suicide, lui donnait la dignité des veuves et le regard lointain de ceux que la mort a embrassés un instant avant de les rendre aux vivants. Une aura mystique et scandaleuse l'enveloppait, provoquant l'engouement du public et des médias."
 
"Il avait baissé la tête, ne se sentant pas capable d'affronter son regard, mais le visage de la tragédienne et sa lumineuse tristesse avaient eu le temps d'entrer en lui, à jamais fixés sur la surface sensible de son esprit."

"Ce que Luca racontait à Alberto, c'était en fait à la Chanteuse qu'il le racontait, même s'il évitait de poser ses yeux sur elle de peut d'être encore plus gêné. Elle s'en rendait compte, il en était certain. Il ressentait physiquement l'attention qu'elle lui portait, ce fil invisible tendu entre eux..."

"Elle réalisait à présent qu'elle avait cherché son père, dans les hommes qu'elle avait aimés, et qu'elle s'était heurtée à chaque fois à l'antagonisme de ses propres sentiments : le désir de s'abandonner et la nécessité de se préserver, l'attirance et le rejet."

"J'aurais aimé pleurer pour toi, je n'ai pas réussi. Ma douleur, mes regrets... Tout est resté en dedans, caché, comme notre histoire..."

 

ISBN 978 2 35087 275 9
126 pages
2014
15€

dimanche 15 juillet 2012

Les Anges Déchus - Catherine LOCANDRO


Tel est tué qui croyait tuer.





Quatrième de couverture :

Nathan a promis à sa mère de ne pas partir avant elle. Maintenant qu'elle est morte, il est libre de mourir.
Gabriel habite un grand appartement vide. Il est l'assistant d'un dénommé Marcus, tueur à gages.
Secrète, sans attaches, Angèle vit d'hôtel en hôtel.

Entre débauche et trafic, trois êtres mystérieux promènent leur solitude, leur désespoir et leurs déceptions dans une ville sans nom. Double jeu, double visage, le trio va se chercher, se croiser - parfois sans s'en apercevoir - et jouer à la vie, à la mort, un ballet d'ombres.

Décors aux reflets bleu nuit, bande-son à la Chet Baker, ce scénario serré puise sa force dans l'épure jusqu'au choc final.

Un roman noir qui flirte avec la violence 
et capture la fragilité.


Mes impressions :

Une atmosphère électrique. Des personnages torturés qui se sont croisés et qui vont se recroiser. 

Un passé qu’on refuse d’oublier pour l’un. Des liens du sang qu’on voudrait effacer pour l’autre.

Doit-on aimer un frère ? Peut-on accepter de ne pas être aimé d’une sœur ? Peut-on choisir sa mort et attendre paisiblement de la voir venir ?

Anti-héros, psy, tueurs à gages, prostituées et relations compliquées sont les ingrédients de ce diabolique petit roman noir.  

Un livre dans lequel on entre et qu’on traverse à toute allure emporté par une écriture qui, par certains côtés, m’a rappelé celle d’Emmanuèle Berheim. Une écriture ciselée, concise. Un style rythmé, vif.  On se laisse prendre au piège, on veut savoir ce qui va se passer, comment les personnages vont évoluer. Et la fin déboule, percutante !

Un petit livre efficace. Un vrai bon moment de lecture.


  Catherine Locandro

Née en 1973, Catherine Locandro a travaillé plusieurs années dans l'audiovisuel. En 2004, paraît son premier roman, Clara la nuit, qui remporte le prix René Fallet. L'année suivante, elle publie Soeurs. Les Anges déchus est son troisième roman.

ISBN 978-2-35087-039-7
124 pages

(Prêté par une collègue)
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...