lundi 11 novembre 2013

Heidi, la merveilleuse histoire d’une fille de la montagne

Johanna Spyri

Flammarion
167 pages
1880 / 1933

(Acheté dans une foire aux livres et vieux papiers)



Mes impressions: 

40 ans ! Il m’aura fallu avoir 40 ans pour enfin lire le roman de l’auteur suisse allemande Johanna Spyri. Des années que je saoule proches et amis avec mon intérêt pour Heidi. Heidi, en livres, Heidi en bandes dessinées, Heidi en série télé, Heidi en dessin animé… Ce qui me vaut moult quolibets et/ou remarques indignés voire dédaigneuses… Si vous aimez Camus ou Proust, là tout va bien mais Heidi !... Mais je m’en fous et j’assume ! J’aime la simplicité de cette histoire, son côté un peu naïf aussi parfois. Je pense que c’est aussi lié à la montagne, les Alpes, le grand air et à tous ces souvenirs heureux de vacances passées chez ma tante moUmoUne, dans ses belles montagnes, tantôt vertes et à la végétation luxuriante, tantôt arides et rocailleuses. C’est aussi ça les Alpes, une grande variété de décors en quelques heures ou en quelques minutes de marche seulement. 

Le hasard faisant souvent bien les choses, je me promène en ville un samedi matin quand je tombe sur un panneau indiquant « Foire aux livres et vieux papiers » organisée au profit d’Emmaüs et Amnesty International. Comment résister et surtout pourquoi ? Je suis donc allé farfouiller et quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur un exemplaire d’Heidi, une veille édition de 1933 publiée chez Flammarion accompagnée d’une couverture à l’illustration désuète à souhait. C’est donc avec un brin de nostalgie que je me suis plongé dans ma lecture. Tout y est, comme dans mes souvenirs.

Heidi arrive au village avec sans tante Odette qui vient la conduire chez son grand-père, l’Oncle de l’Alpe, comme le nomme les gens du village. Comment peut-elle bien même seulement penser à laisser avec ce vieillard bourru, solitaire, renfrogné, une si petite fille, si jolie, avec ses belles boucles brunes ? Pour un peu, à les entendre, on prendrait le grand-père pour un suppôt de Satan. On va vite comprendre qu’il n’en est rien. Le grand-père, réticent au début, face à cette enfant qu’il ne connait pas, va vite s’avérer débordant d’amour pour sa petite fille et prêt à tout pour la rendre heureuse. Pierre, sa grand-mère aveugle et les chèvres contribuent aussi au bonheur et au bien-être de l’enfant dont on ne manque jamais de nous rappeler le teint frais et les joues roses. Vive le lait de chèvre ! Le regard des gens du village sur le grand-père va aussi beaucoup évoluer quand ils vont voir son amour pour sa petite-fille.

La suite vous la connaissez, après des mois de bonheur partagé pour l’enfant et son grand-père, la tante Odette revient sur l’Alpe et s’empare d’Heidi pour la conduire à Francfort afin qu’elle devienne en quelque sorte demoiselle de compagnie d'une jeune fille handicapée issue de la bonne société, chance unique pour elle de recevoir une bonne éducation. L’auteure joue beaucoup sur l’opposition ville montagne, la vie citadine grise et morne en opposition à la vie saine et épanouissante au grand air, forcément plus pur en montagne. Le choc des cultures se fait aussi au niveau de l’éducation, rigoriste de Mademoiselle Rougemont, la gouvernante, qui ne sait que faire de cette « sauvageonne » qu’on lui a imposée à son grand dam. Heidi va se devoir s’adapter à un milieu social et un cadre de vie très différent de celui sur l’Alpe.

Un petit regret, l’amitié entre Heidi et Claire est moins présente qu’on pourrait s’y attendre même si elle est indéniable. Beaucoup de faits sont traités assez rapidement, parfois en quelques lignes, ce que j’ai parfois déploré. Inutile de vous préciser que ce sont des passages entiers de la série télé que je voyais défiler, ponctuant ma lecture de « Ah, tiens, alors c’était dans le bouquin ça aussi ! ». Disons que c’est surtout au niveau du traitement que l’adulte que je suis a pu rester un peu sur sa faim, parfois espérant sans doute trouver une intrigue bien plus développée qu’elle ne l’est en réalité, littérature jeunesse oblige, et d’un autre temps aussi, je suppose. Il ne faut pas perdre de vue que cette histoire a été publiée en 1880 même si c’est la télé qui a contribué à la remettre au goût du jour à la fin des années 70. Ce volume se termine par le retour d’Heidi chez son grand-père, sur ordre du médecin, suite à ses crises de somnambulisme qui ont effrayé tous les habitants de la maison Gérard.

C’est donc avec une joie non dissimulée que je peux annoncer à la foule en délire que vous pourrez, bientôt, mais pas trop tôt non plus, il ne faut jamais abuser des bonnes choses, découvrir un prochain billet narrant la suite des aventures d’Heidi, la merveilleuse histoire d’une fille de la montagne intitulée Heidi grandit. Et oui, l’amateur de vide-grenier du dimanche matin que je suis est déjà parvenu à se procurer ce volume dans la même collection. Bande de petits veinards va !

« La montagne est tellement jolie
Quand on grandit auprès d'elle
Heidi en a fait son amie
Mais loin d'elle, elle s'ennuie

Au-dessus d'un petit village
Avec son grand-père
Heidi apprend la vie sauvage
La vie qu'elle préfère [..]

La montagne est un paradis
Pour faire l'école buissonnière
Chaque saison lui donne aussi
Des leçons à sa manière

Courir et vivre dans l'alpage
Avec ses amis
C'est le bonheur un peu sauvage
La vie pour Heidi
C'est le bonheur un peu sauvage
La vie ... pour Heidi »

❄❅❆

 Découvrez un site consacré à la série télé allemande:


 ❄❅❆
 


30 commentaires:

  1. On en apprend des choses quand même... Je ne me permettrais pas de tenter une analyse de ton goût pour les petites filles de la montagne, mais j'imagine en effet que ceux qui autour de toi connaissent ce penchant pour Heidi doivent s'en donner à coeur joie.
    Désolée de t'annoncer que malgré ton enthousiasme, tu n'as pas fait une adepte de plus en ma personne...

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    1. En effet, mieux vaut ne pas trop creuser...^^

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  2. Moi c'est la série allemande, justement, qui m'a touché et marqué. Un très joli souvenir que j'aime me remémorer. Quel joli billet, pour le coup qu'est ce que tu es bavard... Heidi oblige ;).

    Moi, un homme de ta verve qui assume aimer Heidi ça m'émeut et j'adore ...

    Merci de ton partage, merci de ce souvenir et merci à moUmoUne d'avoir contribué à être ce que tu es..... Un Amouuuuuuuuuuuuuuuuuuurrrrrr :D

    Tu es mon Peter ;) ^^

    Le blog Heidi's land j'adore :D

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    1. Ahh tu l'aimes, ma verve, hein ??!!... :D

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    2. Oh oui ! et pas que ta verve d'ailleurs :D

      ;)

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    3. Hey, moi aussi, j'ai du regarder des épisodes de la série allemande. Bon, peut-être qu'à l'époque, je n'étais pas encore un homme...

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    4. Ah, parce que maintenant tu en es un peut-être ?!... ^^

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  3. Je la trouve touchante ta passion pour Heidi, tu as bien raison de l'assumer, on s'en fiche des quolibets. Un billet aussi sincère et personnel, j'adore.

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    1. On ne peut plus personnel ce billet, n'est-ce pas ?!... ^^
      Merci Jérôme !

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  4. Tu viens de me faire plonger en enfance ... Moi aussi j'aimais beaucoup Heidi !

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    1. Une petite madeleine commune à beaucoup j'ai l'impression...

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  5. Me souviens avoir adoré Heidi...la série (allemande) qui passait sur Antenne 2 à l'époque...il n'y a RIEN à justifier quand on aime...on aime c'est tout...
    Signé: un fan de Dora l'exploratrice...(et même que je trouve toujours "Chippeur" quand il se cache...si si...^^)

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    1. "quand on aime...on aime c'est tout..."
      C'est tellement vrai !

      "Chippeur, arrête de chiper !!" ^^

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    2. Vous me faites trop rire les garçons de bon matin ... Vous êtes adorables...

      Bon ben puisque tout le monde "se livre" ^^ ya pas d'raison !

      Sac à dos, sac à dos
      Sac à dos, sac à dos

      C'est gagné yeahhhhhhhhh :D

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    3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  6. Mdr...pour que mon post précédent "passe" j'ai du taper le capcha suivant "69nabyla"...je jure que c'est vrai...mdr...non mais "Allo quoi...!!!!!"...

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    1. Trop drôle ça ne pouvait tomber que sur toi Jacky Jack, je ris encore ^^ :D

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    2. Quand on dit qu'il n'y a pas de hasards dans la vie... ^^

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  7. Ah mais tu es un conscrit alors, vive 1973 !!!!
    J'étais fan de Heïdi en série TV ! J'adorais la maison du grand père et qu'il travaillait le bois.
    Bon je ne pense pas lire le livre néanmoins mais merci de l'avoir fait pour moi !
    Bises

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    1. Je comprends maintenant pourquoi tu es si formidable !! ^^

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    2. Oui n'est-ce pas ;-) un sacré cru que cette année là ! 1973 !!!!! Yeeeppaaaa !
      Bises

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  8. toute mon enfance ! on se lisait des passages avec ma soeur...

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  9. oh dis donc, je devrais la faire découvrir à mes enfants, je suis sûre que ma fille adorerait! :-)

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    1. Je ne peux que t'y encourager ! ^^
      Je vais bientôt lire la suite, le suspens est à son comble...ou pas ! ^^

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  10. Salut, c'est Elo! En lisant votre post, je me suis totalement reconnue en fan de Heidi! J'ai 30 ans et j'assume! D'ailleurs, je suis à la recherche d'un exemplaire dont les illustrations sont de Marie-José Maury, celui que j'ai reçu à 7 ans au début des années 90! Impossible de le trouver pour l'heure, heureusement les souvenirs sont encore bien présents! Vive Heidi!

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    1. Bonjour !
      Pas de honte à assumer ses petites madeleines de l'enfance ! :)
      Quel exemplaire recherchez-vous ? J'en ai certains exemplaires en doubles, on ne sait jamais...

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  11. Quel beau billet plein d’émotions manU  Et quelle petite fille attachante. Je garde aussi de tellement beaux souvenirs de ces samedis matins..

    C’est merveilleux un homme qui s’en fout et assume, qui lit avec des souvenirs et de la nostalgie pleins les yeux, et qui rend hommage en même temps à sa tante moUmoUne dans ses belles montagnes…

    Une belle histoire d’amour avec son grand-papa, un homme dur qu’elle rapproche doucement des hommes. J’irai le relire, c'est trop beau :-)

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