dimanche 25 avril 2021

DVD - Poly - Nicolas Vanier (2020)

 

Le cirque Poly débarque à Beaucastel, joli petit village du sud de la France. Le poney qui lui donne son nom est maltraité par son odieux propriétaire (Patrick Timsit aussi laid que détestable). La jeune Cécile (Élisa de Lambert) qui vient d’emménager dans le village avec sa mère (Julie Gayet aussi naturelle que rayonnante) se sent bien seule et va se prendre d’amitié pour le poney. Une nuit, ne supportant plus la maltraitance qu’il subit, elle décide de le faire échapper. S’en suit évidemment une foule de péripéties qui vont mettre toute la population du village en émoi…

 

Je n’ai qu’un souvenir flou des aventures de Poly. Je suis tout gamin, en vacances de Pâques ou d’été. Mes deux sœurs de huit et neuf ans de plus que moi se font une joie de la rediffusion des aventures de Poly. L’une adore les chevaux (On ne loupe pas un épisode de Prince Noir), l’autre est un peu amoureuse de Mehdi. Devant l’enthousiasme général, je suis le mouvement et je m’apprête à découvrir Poly à leurs côtés.

Près de quarante ans plus tard, me voilà devant l’adaptation de Nicolas Vanier qui a déjà offert aux jeunes générations une nouvelle version de Belle & Sébastien, l’histoire d’amitié entre un enfant et un chien, des images magnifiques et même une apparition clin d’œil de Mehdi.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la beauté des images, la qualité de la lumière et de la photo. Nicolas Vanier aime la nature et il sait la mettre en valeur, de superbes prises de vue de la Provence sous un soleil éclatant. Outre ces plans de la nature, d’arbres, de fleurs, de champs de lavande, il nous offre de jolis plans d’insectes, de papillons et même de grenouilles !

Petit plaisir régressif, Poly fleure bon la nostalgie et l’ambiance des films d’antan. Grâce au cadre des années 60 déjà, aux décors et costumes, mais aussi dans le traitement des personnages principaux ou secondaires un brin stéréotypés parfois.

François Cluzet déjà, dans un rôle de vieux bougon au grand cœur qui lui va comme un gant. Un duo de flics franchouillards et crétins ensuite, qui rappellera les grandes heures de la gendarmerie tropézienne. Le brave curé de campagne qui ne se déplace qu’à vélo. Enfin, la voisine un peu curieuse mais sympa. Le duo de crétin faire valoir d’un méchant qu’on croirait tout droit sorti d’un dessin animé des années 70, etc…

Par contre, reconnaissons au réalisateur une vraie volonté de mettre en avant la place des femmes, en pleine mutation à l’époque.

Déjà, il a fait du héros une héroïne. Dans la version originale crée par Cécile Aubry, c’est un petit garçon. Ensuite, la mère de Cécile, interprétée par Julie Gayet, vient de divorcer mais elle est forte et indépendante. Infirmière libérale, elle ouvre son cabinet en dépit des réticences des villageois devant l’arrivée « d’une divorcée », condition assez mal vue à l’époque. Enfin, elle va aider une voisine qui deviendra une amie à prendre de l’indépendance vis-à-vis de son mari en lui donnant des leçons de conduite. Les femmes qui conduisent sont encore rares à l’époque.

Ne loupez pas les bonus ! Ils vous rafraichiront la mémoire sur toute la genèse des deux feuilletons et sur le talent de Cécile Aubry, actrice, romancière, scénariste, réalisatrice. Diffusé à partir de 1961, Poly donna naissance à des romans jeunesses qu’elle écrivit, romans dans la veine de L’Étalon noir ou Prince Noir (On y revient !). Une femme pleine de ressources qui fit tourner son fils Mehdi, qui marquera le cœur de toute une génération de jeunes filles. Nicolas Vanier rend d’ailleurs un bel hommage à la créatrice en prénommant son héroïne Cécile.

Un film sympathique à savourer en famille pour le plus grand bonheur des petits. Poly peut-il arriver à figurer parmi les films français les plus adorés par les spectateurs ? Et quels seront les meilleurs films français de 2021 ? L'avenir le dira !

 


Un film M6 Vidéo
"En DVD, Blu-Ray, et VOD depuis le 14 avril"
 
Poly ressort aussi dans les salles de cinéma françaises le 19 mai 
 
 
 
Merci à Cinetrafic & M6 Vidéo ! 
Nicolas Vanier
2020
Avec Elisa de Lambert, Julie Gayet, François Cluzet, Patrick Timsit... 
 

samedi 24 avril 2021

Le Juke-box du samedi - Da Da Da - Trio

 


 J'ai dix ans, j'entends ce morceau pour la première fois, et je me dis que les martiens savent chanter en allemand : "Ich lieb' dich nicht, du liebst mich nicht"  

Mais moi j'aime bien ça !

Trio, Da Da Da (1982)

 

samedi 17 avril 2021

Le Juke-box du samedi - My baby just cares for me - Nina Simone

 

 

Déjà reprise en 1958, cette chanson a connu une seconde vie en 1987 grâce au clip de Peter Lord. C’est à cette époque que j’ai découvert l’immense artiste et la femme engagée.

Nina Simone, My Baby just cares for me (1958)

 

samedi 10 avril 2021

Le Juke-box du samedi - There must be an angel - Eurythmics

 

 


Une des premières chansons que je savais chanter en anglais dans le texte. Mais ça, c’était avant ma mue…

 

Eurythmics, There must be an angel (1985) 

 

samedi 3 avril 2021

Le Juke-box du samedi - Le Sang de mon prochain - La Femme

 

 

Tiens, un groupe élégant, un son séduisant, un clip alléchant et surtout une chanson qui commence par ces mots : « Je suce » … Tout un programme. Je suce, tu suces, il ou elle suce, nous suçons, vous sucez, ils ou elles sucent…Tout le monde suce, c’est le Bescherelle qui le dit… 

Le comte Dracula doit se retourner dans son cercueil. On lui vole la vedette de suceur de sang… Les temps changent… Au moyen âge, Vlad empalait ses victimes. Aujourd’hui, il les suce, suce, suce… jusqu’à la moelle… jusqu’à la dernière goutte… Comme si c’était le dernier jour du reste de sa vie… Carpe Diem… avant de sucer les pissenlits par la racine… 

« Je suce … le sang de mon prochain
Je sème la mort et la tempête
Je suis la vengeance et la haine
Et je vais là où le vent m'emmène
Je cherche le cœur de mon amant
Pour y planter mes dents »
 
 
D'autres titres de La Femme sur le blog en cliquant ICI !
 
 
La Femme, Le Sang de mon prochain (2021)

mardi 30 mars 2021

Missouri 1627 - Jenni Hendricks & Ted Caplan

Traduit de l'américain par Sidonie Van Den Dries

Veronica a tout pour elle, jolie, brillante, populaire et un petit copain que toutes ses amies lui envient. Alors qu’elle est sur le point de devenir major de sa promo et qu’elle va intégrer une fac prestigieuse, un grain de sable, et non des moindres, va venir enrayer cette belle mécanique un peu trop bien huilée. Veronica est enceinte.

Tous ses beaux projets, son bel avenir tout tracé, semblent irrémédiablement compromis. Elle va donc prendre la décision la plus importante de sa courte existence. Accompagnée d’une improbable comparse, elle va parcourir les 1627 kilomètres qui la séparent d’une clinique, dans l’état voisin, où elle pourra se faire avorter.

Avec un sujet aussi grave que l’avortement, on se dit qu’on ne va pas s’amuser et pourtant. Ted Caplan et Jenni Hendriks ont réussi un road-movie pétillant et plein d’humour.

Ceci grâce à un savant dosage alliant l’humour à la gravité et à des personnages incarnés et attachants, Veronica bien entendu mais aussi Bailey, la compagne de cette incroyable galère. Ajoutez à cela une écriture accrocheuse, un style fluide et vous obtenez une histoire qui se dévore quasiment d’une traite tant on veut savoir comment tout cela va se terminer. Un roman sur les choix et leurs conséquences, sur l’amitié, sur la famille, la vie quoi !

 


Merci à Babelio et aux Éditions Bayard !

ISBN 979 10 363 0368 5
366 pages
2021
15,90€
 

samedi 27 mars 2021

Le Juke-box du samedi - I think I'm paranoïd - Garbage

 


“In think I’m paranoid, and complicated...”  Voilà, en quelques maux, c’est tout moi ! ^^

 

Garbage, I think I'm paranoïd (1998)

samedi 20 mars 2021

Le Juke-box du samedi - My Favourite Game - The Cardigans

 


 

Mon jeu préféré ? J’ai beaucoup joué mais je ne peux pas dire que j’ai eu un jeu favori. Mon enfance a été traversée par les miniatures Norev, les Lego, les Playmobil, les Big Jim, les flippers, le billard… et j’ai passé ensuite beaucoup de temps à jouer au docteur, comme une partie de Docteur Maboul sans fin.

Eh non, la Suède n’a pas généré que l’incontournable groupe Abba ! The Cardigans est un groupe 100% suédois, 100% rock et 100% désabusé. « My Favourite Game » est une chanson sur un amour qui dérape et que dire du clip sinon qu’il décape !

 

The Cardigans, My Favourite Game (1998)

 

lundi 15 mars 2021

Le Sursis - L'Intégrale - Jean-Pierre Gibrat

 
 
A contrecœur, Julien Sarlat doit quitter son village du Sud-Ouest, la maison où il a grandi, sa tante aimante, ses amis, sa routine. Il doit regagner sa nouvelle affectation. Il est réquisitionné pour le Service du Travail Obligatoire. On est en 1942. Dans la France de Pétain, c’est le sort de tous les jeunes hommes de 20 ans.

Un imprévu survient pendant le trajet et Julien en profite pour disparaitre, se volatiliser, s’octroyer un sursis. Il choisit de se cacher dans une maison abandonnée, au cœur de son village natal ce qui lui permet de surveiller ce qui s’y passe, les actes de résistance comme les délations des collaborateurs. Mais cette maison est vide, cette maison se transforme en prison, cette maison n’est pas la sienne… Va-t-elle le protéger ? Va-t-elle le trahir ?

Vous le saurez en lisant « Le Sursis » de Gibrat !

 

 Thème de mars : La Maison

 

ISBN 978 2 8001 4214 2
128 pages
2010
24,95€

samedi 13 mars 2021

Le Juke-box du samedi - Monde nouveau - Feu Chatterton

 


On nous promettait un « monde nouveau » et nous a servi du réchauffé, du prémâché, du dégueulis dans des assiettes en porcelaine de Limoges… En fait, l’ancien monde avançait masqué pour mieux nous absorber, nous abrutir, nous lobotomiser depuis le « serveur central »

Ça y est ! Ça fait déjà un petit moment que je suis de loin ce groupe prometteur sans adhérer vraiment. Il me manquait pour me faire chavirer, un « je ne sais quoi » de chavirant. Le virage électro mais pas trop, une mélodie propre et planante, des paroles amères sur l’avenir de l’humanité… Tous les ingrédients sont réunis pour ravir mes oreilles fichues et mon cerveau tordu !

"Un monde nouveau, on en rêvait tous
Mais que savions-nous faire de nos mains
Un monde nouveau, on en rêvait tous
Mais que savions-nous faire de nos mains
Zéro, attraper le Bluetooth
Que savions-nous faire de nos mains
Presque rien, presque rien"

Feu Chatterton, Monde nouveau (2021)

 

samedi 6 mars 2021

Le Juke-box du samedi - Naufrage en hiver - Mikado



 
"J'ai roulé dans tes doigts des colliers de varech
Où la nacre et le sel unissaient leur parfum
 
J'ai surpris ton reflet changeant
Dans les lames de l'océan
Dans l'écho de ta voix sucrée
J'ai bien cru que tout basculait"
 
Avec Mikado, j’ai parfaitement compris la définition du mot « kitch ». C’est parfaitement décalé. Reconnaissez-vous la patte des réalisateurs du clip ? Pierre et Gilles… Bravo à ceux qui ont deviné !

 Mikado, Naufrage en hiver (1985)

mercredi 3 mars 2021

Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges - Léonie Bischoff

 

D’un joli coup de crayon, Léonie Bischoff retrace la vie d’une auteure mystérieuse, aventureuse, sulfureuse : Anaïs Nin. Tout est dans le titre : « La mer des mensonges ». Je ne sais pas si Anaïs avait le pied marin mais elle avait un goût avéré pour dissimuler la vérité.

Menteuse invétérée, Anaïs rechigne à blesser son entourage mais elle confie la vérité dans son œuvre la plus célèbre : son « journal ». Elle aurait d’ailleurs dit : « la seule personne à laquelle je ne mente pas est mon journal. Et même à lui, par tendresse, il m’arrive de mentir par omission ».

D’aucuns diraient que cette femme est immorale. Elle est simplement un être de chair et de sang qui a vécu comme bon lui semblait, sans jamais se soucier des conventions sociales, légère comme l’air, tellement vaporeuse qu’elle a fini en cendres, éparpillée dans la baie de Santa Monica.

Pour cet album étonnant, Léonie Bischoff a obtenu le prix du public au festival d’Angoulême en 2021.

 

ISBN 9782203161917
192 pages
2020
23,50€
 

samedi 27 février 2021

Le Juke-box du samedi - Veridis Quo - Daft Punk

 


 

Il y a vingt ans, deux hommes casqués armés de séquenceurs, de synthétiseurs, de computeurs, débarquaient sur notre planète bleue avec pour mission de nous magnétiser, de nous hypnotiser, de nous lobotomiser. Et pendant vingt ans, c’est ce qu’ils ont fait minutieusement, consciencieusement, scrupuleusement… Aujourd’hui, les Daft Punk se séparent et nous avons des rires jaunes, des bleus à l’âme, du rouge aux yeux… Les Daft Punk retournent dans leur planète : comme je les comprends et si j’en avais la possibilité, j’en ferais tout autant ! Bye bye Les Daft Punk

Daft Punk, Veridis Quo (2001)

 

samedi 20 février 2021

Le Juke-box du samedi - P-Machinery - Propaganda

 


J’ai beaucoup écouté cette chanson du groupe allemand « Propaganda » ! Ce que j’aimais, je crois, c’était la voix chaude de la chanteuse qui contrastait avec la froideur des synthétiseurs. Dans le clip, je voyais une critique contre le conformisme ou quelque chose comme ça…

Sans doute avais-je aussi perçu ce cri d’alerte contre l’instrumentalisation, mais sans savoir que nous en serions un jour les victimes désignées, quelques décennies plus tard. N’est-ce pas ce qu’on appelle une prémonition ? Ce groupe avait tout prévu : nous sommes devenus des pantins à la merci des actionnaires, des algorithmes, des GAFAM. Et comme, ils ne servent plus à rien, nos dirigeants s’amusent à vider les bars, les restaurants, les salles de spectacles…. Ce qui leur garantit une paix royale pour finir de détruire ce qui reste à détruire. Ils ont les coudées franches pendant que nous ne pouvons même plus lever le coude sur le zinc d’un troquet bondé en devisant sur le monde…

P-Machinery sonne aujourd’hui comme le tocsin du monde d’avant. P-Machinery est une sorte d’hymne à l’apocalypse…

Propaganda, P-Machinery (1985)

 

lundi 15 février 2021

Une Sacrée mamie - Yoshichi Shimada & Saburô Ishikawa

 

"- Tant que les hommes éprouveront des sentiments de jalousie, de peur ou de discrimination, l'injustice continuera de frapper au hasard.
- Hélas..."

Même si je n’ai pas encore lu la totalité des 11 tomes qui composent cette série, il me reste encore à découvrir les tomes 7, 8, 10 & 11, j’aime beaucoup l’ambiance bienveillante et les valeurs portées par ce manga qui raconte les souvenirs d’enfance du petit Akihiro.

L’histoire se passe au Japon dans les années 50. Peinant à subvenir à ses besoins, sa mère décide d’envoyer Akihiro vivre chez sa grand-mère à la campagne près de la petite ville de Saga. Auprès de son aïeule, Akihiro va être confronté à la rudesse d’un nouveau monde et d’un mode de vie bien éloigné de ce qu’il a connu jusque-là.

Chaque tome se compose de petites histoires, récits d’apprentissage ou mésaventures avec les garnements de son âge, qui lui arrivent comme autant de petites leçons de vie.

Si cette « sacrée mamie » ne manque ni d’espièglerie, d’énergie ou d’humour malgré les conditions de vie relativement difficiles. Un terrible manque d’argent fait que l’un et l’autre s’endorment bien souvent le ventre vide. Au menu, on retrouve souvent du riz aux œufs sans œufs et comme elle dit « il suffit d’imaginer qu’il y en a » ! Une façon de faire la nique aux difficultés et une belle philosophie de vie !

Outre le confort matériel, Akihiro souffre surtout de ne jamais voir sa mère qui, par manque de moyens, est souvent contrainte d’annuler ses visites à son jeune fils. Les crises de larmes sont nombreuses et on compatit à sa douleur.

Enfin, je crois que jamais je n’oublierai le premier tome et la façon, entre chagrin et maladresse, sa mère le pousse dans le train pour Saga sans lui avoir expliqué au préalable ce qu’elle prévoyait pour lui. Une scène dont on imagine sans mal la violence morale pour un enfant de cet âge…

Le dessin est simple mais agréable, les visages et les regards très expressifs. Je ne le savais pas en débutant ma lecture mais ce manga est l’adaptation d’un roman autobiographique.

 


 

Thème de février : Souvenirs d'enfance 
 
Les billets de Nadège, NadineanthO

ISBN 97827566015163
224 pages 
2009
7,99€
 
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