mercredi 22 novembre 2017

L'usine à rêves - François Rivière




"Au réveil, les pires cauchemars d’ordinaire se dénouent, comme s’apaise une tempête ayant fait rage toute la nuit sur la côte… Mais la signature de Nilo et ses quelques phrases m’apostrophant depuis Bruxelles, réclamant ma venue ont agi comme un rappel à l’ordre : oui, lui et moi avons vécu dans le monde réel et, malgré tous mes efforts, ma « vie d’ermite » comme dit Sam avec moquerie, mes marottes de bibliophiles, je ne lui échapperai jamais."

Après Agatha Christie, Duchesse de la mort, Agatha Christie, La Romance du crime, Le Divin Chesterton, des biographies, Le Rendez-vous de Seven Oakes, une bande dessinée, et La Samba du fantôme, un livre jeunesse, encore un grand plaisir de lecture grâce à L’Usine à rêves, roman de François Rivière. J’apprécie beaucoup son talent de conteur, sa narration fluide et accrocheuse, cette atmosphère délicieusement surannée qu’il instille souvent dans ces récits.

Cette fois, il nous plonge dans l’ambiance des studios hollywoodiens vers la fin de son âge d’or à travers le destin de Charles Dulac, jeune français devenu héros d’une série américaine, Little Charlie Detective.

Quand des années plus tard, Nilo Pharell demande à le revoir, Charles se demande ce que peut bien lui vouloir ce fantôme ressurgit de son passé, passé qu’il s’est plutôt efforcé d’oublier jusque-là.

Entre les rêves de gloire de jeunes ados parfois prêts à tout pour atteindre le firmament des étoiles, les ambitions dévorantes des adultes qui les entourent et les prédateurs de jeunes éphèbes qui rôdent, l’auteur nous brosse un portrait bien sombre d’un milieu pourtant sous le feu des projecteurs.

L’usine, sans aucun doute, à rêves, rien n’est moins sûr…

ISBN 978 2 221 10970 0
211 pages
2009
18€


dimanche 19 novembre 2017

Les Tuniques Bleues 1 - Un chariot dans l'Ouest - Louis Salvérius & Raoul Cauvin (by Anthony)



J’avais une dizaine d’années quand je suis tombé par hasard sur un album des Tuniques Bleues. C’était dans les années 80.

D’emblée, j’ai été transporté dans les paysages américains, téléporté pendant la guerre de Sécession, engagé dans le camp des unionistes. J’adhérais aux aventures de Blutch et Chesterfield, pages après pages, albums après albums. Je pestais contre le sergent Chesterfield, conventionnel, un rien peigne-cul. Je riais aux facéties du caporal Blutch, à ses excès, ses accès de colère, sa subversion. Ce sont d’ailleurs ses propos engagés qui ont essaimé dans mon esprit des idées antimilitaristes.

J’ai collectionné les premiers numéros en couvertures souples à la manière des comics. Puis, j’ai continué d’attendre fébrilement chaque nouvel opus jusqu’à aujourd’hui pour retrouver mes héros. Menacé de toute part par les confédérés, les indiens, les mexicains, les déserteurs, les gradés tyranniques, ce duo improbable se sort toujours des mauvais pas, en chariot, en bateau, en ballon…

A votre tour, je vous invite à découvrir les aventures des Tuniques Bleues !

Dans ce premier tome, Bryan, Ripps, Blutch et Chesterfield, quatre soldats nordistes se voient confier la mission de conduire Un chariot dans l’Ouest, rempli de munitions. Vont-ils traverser les terres indiennes sans encombre alors que les Apaches et les Comanches convoitent les munitions de l’armée américaines ? Rien n’est moins sûr !

Courses poursuites dans des décors de western, passes d’armes entre les visages pâles et les peaux rouges : John Wayne n’a qu’à bien se tenir !

ISBN 978 2 8001 0858 2
46 pages
1972
10,95€
 

mardi 14 novembre 2017

Courir au clair de lune avec un chien volé - Callan Wink



"Dans le jardin, des lucioles voletaient ici et là. Il y avait longtemps qu’il n’en avait pas vu. Dans le Montana, on n’en trouvait apparemment pas. Peut-être y faisait-il trop froid. Des années auparavant, il avait campé dans le parc de Yellowstone à côté d’un vieux couple de hippies qui lui avait raconté qu’un soir, dans l’Iowa, après avoir pris du LSD, ils étaient sortis attrapés tout un bocal de lucioles dont ils s’étaient frottés le corps puis, nus et luminescents, ils avaient fait l’amour au clair de lune dans un champ de maïs. Le souvenir du bonheur évident avec lequel ils avaient raconté cette histoire lui donna le frisson. Il voyait en eux tous les couples du monde pour qui le passé renfermait davantage de promesses que n’importe quel avenir potentiel. Les rapports fondés essentiellement sur les  réminiscences vont et viennent. Était-ce qui renvoyait à l’idée de se caser et de vivre un amour tranquille ? Ou bien les vieux hippies et leurs pareils n’étaient-ils que des machines qu’on remonte, fonctionnant exclusivement sur les souvenirs ? Était-ce inévitable ?"

Courir au clair de lune avec un chien volé… 

Comme une promesse de bonheur, le titre à lui seul donne envie de découvrir ce livre. Vient ensuite la couverture, superbe, de ce recueil issu de la collection « Terre d’Amérique » des Éditions Albin Michel.

L’auteur, Callan Wink, nouveau venu dans la littérature américaine, n’a pas fini de faire parler de lui. Des nouvelles saluées par feu le grand Jim Harrison, ce qui ne surprendra personne tant la filiation semble évidente. On pensera aussi à d’autres de ces auteurs dits du Montana tels que Thomas McGuane, Rick Bass ou encore un auteur tel que Mark Spragg.

Le format de la nouvelle se prête à merveille à ces histoires d’hommes et de femmes plutôt terriens, plutôt taiseux. Des gens ordinaires, des vies ordinaires mais servis par une écriture qui transcende ces existences dont la rudesse n’a d’égale que celle de cette terre, comme un point d’ancrage pour bien garder les pieds sur terre justement.

Drames, conflits, rancœurs, remords, histoires d’amour bancales, histoires de filiation et de transmission, échappées aussi belles que sauvages, remises en question, introspection et puis bien sûr l’Ouest, sauvage, âpre, personnage à part entière de ces nouvelles…

Envie d’une virée mémorable entre Wyoming et Montana ? Faites confiance à votre nouveau guide, avec Callan Wink, plaisir de lecture et dépaysement garantis ! 

***

"Les cartons. Déménager, mourir, se séparer. Tous les drames de l'existence sont marqués par ces maudites boites cubiques et leur horrible couleur marron."

"Parfois, au réveil, assommés de chaleur, ils devaient se détacher l'un de l'autre, leurs membres emmêlés et collés ensemble comme les quartiers charnus de quelque fruit bizarre."

"Les pères sont les juges les plus intransigeants. C'est comme ça depuis toujours." 

Merci à Babelio et aux Éditions Albin Michel !




ISBN 978 2 226 32581 5
291 pages
2017
22€

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