dimanche 6 juillet 2014

L'Exception - Audur Ava Olafsdottir






« Il faut du courage pour oser changer de vie [...]. » 

Soirée de la Saint Sylvestre. Les douze coups de minuit viennent de retentir. C’est ce moment, plutôt inattendu mais hautement symbolique, que Floki choisit pour annoncer à sa femme, Maria, qu’il la quitte pour aller vivre avec Floki, son collègue de travail. Pour Maria, le choc est rude. On le comprend aisément. D’autant plus rude, qu’elle n’a rien vu venir, elle ne s’est jamais douté de rien. C’est tout son univers, tout ce en quoi elle a cru jusqu’ici qui s’effondre. Entouré de ses deux enfants, les jumeaux, garçon et fille, comme un couple en miniature, et de sa voisine naine Perla, nègre et conseillère conjugale, Maria tente de faire face… 

« Celui qui part n'est jamais le même que celui qui revient. » 

Un livre sur la vie de couple et sur la dualité en générale. Tout au long de ma lecture, le chiffre deux revenait sans cesse, parfois de manière anodine, parfois de manière évidente. Floki et son amant ont tous les deux le même prénom. Les deux jumeaux. Les deux niveaux de la maison. L’entresol habité par Perla qui comme un elfe bienveillant veille sur Maria, l’aide à y voir plus clair, et l’étage où vit Maria. Ou encore la double vie de certains personnages sur laquelle je ne m’étendrai pas pour ne pas trop en dire. Les deux pères. Mais chut !... 

« Un mariage réussi ne dure pas forcément jusqu'à la tombe. » 

Ce qui m’a le plus surpris tout au long de ma lecture je crois, c’est de voir avec quel calme Maria gère la situation, sans cris, sans larmes, sans drames autrement dit avec intelligence malgré la douleur et la colère qui ne sont à aucun moment occultées mais simplement exprimées de manière inattendue. A chaque page, on sent poindre la tendresse de l’auteur pour ses personnages, ses petites pointes d’humour piquant et son sens de la répartie. Pour avoir eu l’occasion de la rencontrer et d’échanger, brièvement, quelques mots avec elle, elle a vraiment une personnalité attachante, ce genre de personne qu’on a d’emblée envie de connaitre davantage. Ses écrits sont là pour ça. 

« L'improbable a bien plus de chances de se produire dans la vie que dans un roman. 
A la différence de la vie, ce qui se passe dans les livres est plutôt prévisible. »

L’exception, encore un petit bijou de délicatesse et de sensibilité signé de l’islandaise Audur Ava Olafsdottir. 

« Tu es l’exception de ma vie, 
[…] je me sentais bien avec toi mais je savais que ça ne pourrait pas durer éternellement. »


Audur Ava Olafsdottir


ISBN 978 2 84304 695 7
338 pages
2012 / 2014

18 commentaires:

  1. Coucou,
    un écrivain dont j'ai aimé le Rosa candida et que je m'étais promis de lire encore... Je trouve que c'est un peu l'Anna Galvada du nord.
    Je note l'exception qui confirme la règle de roman agréable à lire.
    Bisous et bon dimanche

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    1. Tiens, c'est amusant, j'ai aussi l'intention de relire Rosa Candida, que j'ai adoré, et d'en faire enfin le billet...
      Non dimanche à toi aussi Didi !

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  2. Belle invitation... je suis tenté...

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    1. Alors n'hésite pas à te laisser tenter ! :)

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  3. « Il faut du courage pour oser changer de vie [...]. »
    Je reste sur cette première citation, tellement vraie et qui me fait terriblement peur...

    Après, si on ne me demande pas d'épeler le nom de l'auteur, je crois que je pourrais passer un bon moment avec ce bouquin. Il ferait partie de mes tentations parce que la littérature nordique ne se limite pas à ses polars noirs...

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    1. Oui, c'est tellement vrai...
      Il en faut du courage, envers et contre tout, contre tous...
      Tu peux commencer par Rosa Candida, toi qui est un homme sensible, ça devrait te toucher... ;)

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  4. La semaine dernière une amie m'a offert ce livre. En te lisant j'ai hâte de le lire.
    Bonne semaine, FLaure

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    1. J'espère qu'il te plaira autant qu'à moi.
      J'attends donc ton billet avec impatience... :)
      Bonne semaine à toi aussi !

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  5. Rebonsoir manU, je l'ai noté même si je n'ai pas beaucoup aimé le roman précédent d'Olafsdottir: L'embellie (qui est d'ailleurs le premier qu'elle ait écrit) mais j'avais été enthousiasmée par Rosa Candida. Je le mets en attente. Bonne soirée.

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    1. Je n'ai pas lu L'Embellie mais j'ai beaucoup aimé Rosa Candida.

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  6. Rosa Candida dort toujours sur mes étagères....

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    1. Le moment est venu d'humer le parfum de la Rosa Candida... :)

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  7. Je n'ai rien lu de cet écrivain et je n'avais pas forcément envie de m'attaquer à ses précédents romans. En revanche celui-là m'a fait de l'oeil et est tombé en un clic dans ma liseuse ;) j'espère le lire cet été ! je n'hésiterais pas à te donner mon avis ;)

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    1. Content de t'avoir convaincu ! :)
      Tu verras, la perception de l'épouse rétrospectivement est assez intéressante...
      J'attends ton avis avec impatience.

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  8. je viens de finir "Rosa Candida" et je serai ravie de retrouver cette délicatesse dans un autre de ses titres, alors ton billet tombe à point! ;)

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  9. Juste à lire tes citations touchantes je me sens déjà toute émue. Et quand je lis ton beau billet, je me dis qu’il ne faut surtout pas que je passe à côté de ce roman. Un livre sur la vie de couple déjà, écrit avec délicatesse et sensibilité. Je me souviens avec émotions de Rosa Candida… Une auteure qui me semble tellement humaine, à l’image de ses écrits. Quelle chance t'as eu de la rencontrer!
    Un beau billet comme je les aime...

    BisouilleS manUnouille

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    1. Humaine et pleine d'humour !
      Une personne que j'aimerai beaucoup connaitre davantage....

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