mardi 13 novembre 2012

Contes de la folie ordinaire - Charles Bukowski



 Toute ressemblance...



Quatrième de couverture:

Bukowski est un écrivain considérable. Un homme en marche. Un homme étincelant. Avec l'énergie du désespoir, il secoue comme un vieux sac notre civilisation fin XXe siècle. Et ce qui tombe n'est pas joli, joli. C'est brutal.

Claire Gallois, Le Figaro.

Toutes les histoires de Bukowski sont aussi vraies qu'infectes et, en cela, font honneur à la littérature : il raconte ce que les autres enjolivent et dissimulent. Le sexisme, la misère du quotidien, la violence et les sentiments de ceux qui se curent le nez. Et c'est pour ça qu'il gêne : il parle à tout le monde.

Jean-François Bizot.

Les Contes de la folie ordinaire ont été portés à l'écran par Marco Ferreri avec Ben Gazzara et Ornella Mutti.


 
Mes impressions:



De Bukowski, je ne gardais en mémoire que quelques images tirées de feu « Apostrophes », l’émission de Bernard Pivot. Images pas vues en direct, j’étais beaucoup trop jeune (ah qu’il est bon mais surtout trop rare de pouvoir l’écrire !...) mais plutôt aperçues parmi la multitude d’images offertes par tous ces bêtisiers dont la télé nous inonde  jusqu’à plus soif, un comble pour ce vieux Hank ! Mon enfance étant ce qu’elle est, je n’ai pas de tendresse particulière pour les ivrognes, au contraire. Mais il se trouve que le talent du_Bison, grand fan de la dive bouteille et de cet auteur (ne me demandez pas dans quel ordre, j’aurais un peu de mal à me prononcer) m’a donné envie d’en découvrir davantage sur l’homme, sa vie, son œuvre, partagé que j’étais entre curiosité, fascination et amusement.

Suite à la lecture de son billet (chez le_Bison, on parle de billet, pas de critique), je me commandais « Contes de la Folie ordinaire » sur www.pochetroc.fr et je ne le regrette pas une seconde.

Une écriture bien plus fluide que je me l’imaginais. Un univers fascinant par son réalisme décadent. Du sexe, non du cul, oui, c’est ça, du cul et de la baise ! Oui, de la baise et ceux qui me connaissent ici vous diront que ça n’est pas pour me déplaire. Un côté pervers, vieux dégueulasse, qui finit par en devenir presque fascinant. Culs bénis s’abstenir ! Bukowski se met très immodestement mais toujours brillamment  en scène, parfois clairement, parfois moins.  Un savant mélange d’imaginaire, de « féerique » et d’autobiographique qui fait que toute cette « folie ordinaire », à l’échelle de sa vie, en devient parfois totalement surréaliste et en dehors de tout ordinaire pour nous pauvres mortels non alcoolisés. Un humour grinçant et un regard toujours percutant sur ses contemporains. Bref, des moments de lectures jubilatoires !

Et voilà qu’arrive déjà le final mais quel final, alcoolique,  zoologique, et apocalyptique…

Au-delà d’un basique travail d’imagination biographique, ce recueil de nouvelles m’apparaît comme un véritable travail sur la création et les difficultés de cette création. Non, sans laisser habilement penser, que tout ça a été fait comme ça, un peu par-dessus la jambe. Si c’est le cas, ce devait être une belle jambe, bien plantureuse…

Charles Bukowski, « Contes de la folie ordinaire », où comment porter le delirium tremens au rang d’art littéraire…


 
                                                      Et glou et glou et glou...                                                    






 Si vous voulez découvrir et savourer la critique du_Bison, c'est ici.



Extraits:

"Pour les gens c'est tout ce que j'ai, ma beauté. La beauté n'existe pas, la beauté ne dure pas. Toi, tu es laid, et tu ne connais pas ta chance : au moins, si on t'aime, c'est pour une autre raison." 

"Pourtant je ne fais pas de politique, trop d'arnaques: l'Histoire nous encule toujours et tous à la fin des fins."

"Pauvre Tania [...]. Elle n'a jamais désiré ni l'argent, ni les limousines, ni les résidences secondaires. Elle n'a jamais lu le journal du soir. Elle n'a jamais eu envie de télé couleur, de chapeau neuf, de bottines imperméables, de papotages imbécile avec des commères. Elle n'a pas souhaité épouser un docteur, un agent de change, un député ou un flic."

Et puis vous croisez au moins cinquante machines à baiser dès que vous posez le pied sur n'importe quel trottoir d'Amérique - seule différence: dans la rue elles se prennent pour des êtres humains. 

"J'ai connu un type qui se branlait avec un verre à whisky rempli de foie de veau. Moi, je ne fourrerais pas ma queue dans un truc aussi fragile. Vous me voyez arriver chez le toubib la queue en sang ? "C'est arrivé en baisant un verre à whisky.""

"Je suis allé aux chiottes et j'ai lâché une belle merde biéreuse. Puis je suis allé au lit, branlette et dodo."

"A quoi sert le mariage? A sanctifier la baise, jusqu'à ce qu'elle tombe inévitablement dans l'ennui, jusqu'à ce qu'elle devienne un boulot."

"Pour s’en sortir dans une nouvelle, il faut du cul, beaucoup de cul, si possible."

"J’ai trouvé une bouteille chez moi et je l’ai vidée, plus quatre cannettes de bière, et j’ai gratté mon premier papier. Ça parlait d’une pute de cent cinquante kilos que j’avais baisée dans le temps à Philadelphie. Ça faisait une bonne chronique. J’ai corrigé les fautes de frappe, une branlette, et au dodo..."   


Le Livre de Poche
ISBN 2-253-03133-X
190 pages

(échangé via www.pochetroc.fr)

10 commentaires:

  1. Si je ne devrais emmener qu'un seul livre sur une île déserte, je crois que je prendrais celui-là car les déboires du pauvre Hank sont toujours hilarants, me mettent de bon humeur et me donnent soit envie de baiser soit de me bourrer la gueule.

    Et puis, ces extraits sont si savoureux qu'ils m'éclatent toujours autant. Je crois que je reviendrai ici, demain, et après-demain, et encore... juste pour relire ces belles paroles du bon vieux Hank...

    Et puis, les histoires de Hank ne sont pas que gerbes et baises. Il y met de son âme et un peu de celles de ces compatriotes qui comme lui sont dans la merde jusqu'au cou... Oui, Hank est un humaniste qui boit, qui baise et qui sait foutrement bien raconter ses drames et ses délires.

    Et puis, chouette photo. ça donne soif de lire !

    Et puis, et puis une branlette et au dodo.
    A demain !

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    1. J'allais le dire, une branlette et au dodo !! :D

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  2. Pas du tout mon genre de lecture. Peut-être plus masculine que féminine !!
    Bonne journée, FLaure

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    1. Bukowski, on aime ou on n'aime pas mais il laisse rarement indifférent.
      Bonne journée à toi.

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  3. Je suis revenu juste pour me faire un extrait et une tranche de foie de veau ;)
    Hilarant, ce type !

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    1. Essaie et tu me raconteras !! :D

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    2. C'est une expérience perso, alors j'en dirai pas un mot.
      Il n'y a que Hank pour déballer tout sur la place publique !

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    3. C'est plus sage en effet !! ^^

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  4. http://www.youtube.com/watch?v=BlZKM30H4uw

    ;)

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