lundi 9 novembre 2015

Lever de rideau sur Terezin - Christophe Lambert





Victor Steiner, dramaturge juif, est arrêté et déporté en novembre 1943. Il est envoyé à Terezin en Tchécoslovaquie. Présenté comme un camp différent et plus humain, Steiner va vite se rendre compte que derrière l’apparence de paisible petite ville, la vérité est toute autre.

Si sa renommée va d’emblée lui attirer les faveurs du SS Waltz, grand admirateur de son œuvre,  Steiner se retrouve contraint d’accéder à une requête pour le moins surprenante. Waltz lui demande d’écrire une pièce qui sera joué lors de la visite de contrôle de la Croix-Rouge internationale. Les nazis ont tout prévu. Tout le camp doit donner le change face à ces visiteurs. Terezin doit passer pour un camp modèle, exempt de toute violence, et la pièce de Steiner doit être le point d’orgue de cette visite.

Le pari est complexe, le temps compté, mais impossible pour l’auteur de refuser, le nazi ne saurait évidemment tolérer un refus. L’enjeu prend une nouvelle ampleur quand un groupe de prisonniers vient annoncer à Steiner qu’il compte profiter de la représentation de sa pièce pour réaliser leur projet d’évasion…


Je connaissais peu de choses sur le camp de concentration de Terezin avant de commencer ce livre si ce n’est que Robert Desnos y est mort du typhus en juin 1945. Il se trouve que beaucoup de personnalités y ont été envoyées, artistes, écrivains, compositeurs, cinéastes et comédiens. De quoi susciter l’inspiration d’un romancier…

C’est justement de création dont il est question dans ce livre, au-delà du cadre particulier dans lequel il se déroule. Comment arriver à créer dans des circonstances qui n’ont rien de favorables ? Arriver à écrire sous la contrainte. Où comment la création peut susciter l’évasion, au sens figuré dans un premier temps puis au sens propre, peut-être.

J’ai aussi beaucoup apprécie l’idée de mise en abyme, la pièce dans le roman dont on suit l’évolution tout au long du livre. Pièce que l’auteur nous propose à la fin du récit. De même, le parallèle avec Molière, personnage de la pièce, et son travail, est vraiment bien trouvé.

Avec ce roman pour ados aux personnages attachants, à l’écriture rythmée et accrocheuse, l’auteur Christophe Lambert réussit amplement son pari de Lever de rideau sur Terezin.

 ***


Dessin d'enfant retrouvé au camp de Terezin...

 ***


"L'art est une version stylisée de la vie."

"A ses yeux, rien ne pouvait remplacer cette farandole d'émotions. Les planches rendaient la vie plus belle, plus intense..."

"- vous êtes nés à une mauvaise époque, monsieur Steiner,. Vous et beaucoup de vos semblables faites les frais de choses qui vous dépassent. Oui, nous arrêtons, oui, nous déportons et, oui, vos conditions de vie sont difficiles... Les Soviétiques ont un proverbes pour ça : "On ne coupe pas un arbre sans faire voler des copeaux !" "



Merci à Babelio et aux Éditions Bayard !


L'avis de Sandrine du blog Tête de Lecture.

Bayard
ISBN 978 2 7470 5683 0
457 pages
2015
14,90€
A partir de 13 ans

dimanche 8 novembre 2015

Vide-grenier du dimanche ! Ou presque... (4)

Pas de vide-greniers en ce dimanche mais une Foire aux livres d'occasion à Chaniers, petite commune située sur les rives de la Charente.

Moins d'une vingtaine d'exposants mais l'occasion quand même de trouver deux livres sur le cinéma, Grands hommes du cinéma chez Gründ et Héros d'Hollywood chez KingFisher.

J'ai également trouvé un livre chez Gallimard Jeunesse intitulé Auschwitz, l'histoire d'un camp d'extermination nazi, je sais qu'il fera plaisir à quelqu'un...

Un seul petit regret, ne pas avoir pris ce Découvertes Gallimard que je pensais déjà avoir et que je n'avais pas...

Bon dimanche & à bientôt !

mardi 3 novembre 2015

Scritch scratch dip clapote ! - Kitty Crowther





Scritch scratch dip clapote ! Quel drôle de titre !

Scritch scratch dip clapote !  Scritch scratch dip clapote ! Quel drôle de bruit !

Scritch scratch dip clapote, c’est le bruit qu’entend Jérôme, une petite grenouille, quand il se retrouve le soir, seul dans sa chambre, seul dans son lit. Et chaque soir, malgré les rituels avant le coucher, brossage de dents, lecture d’une petite histoire, bisous du soir, Jérôme a peur.

"Je suis tout seul dans ma chambre. [...] Tout seul dans mon lit, tout seul dans mon coeur."

Scritch scratch dip clapote !

Un soir, après avoir à nouveau entendu ce drôle de bruit, Jérôme court se réfugier, une fois de plus, dans le lit de ses parents. Il se couche entre eux, enfin serein. Mais il gigote et du coup, empêche Papa de dormir. N’y tenant plus Papa décide d’aller se coucher dans le lit de Jérôme. Et là, qu’entend-il ? Scritch scratch dip clapote…

Kitty Crowther avec le talent qu’on lui connait nous livre une petite histoire toute simple et joliment illustrée sur les terreurs nocturnes. J’ai apprécié cette ambiance douce et tendre qui me semble un bon prétexte pour aborder ce sujet sensible avec les plus petits. 

Scritch scratch dip clapote ! Ou comment vaincre ses vieilles terreurs nocturnes grâce à Kitty Crowther… 






ISBN 2 211 071 80 5
34 pages
2002
11,20€ 
 De 5 à 7 ans

dimanche 1 novembre 2015

Vide-grenier du dimanche ! (3)

En ce dimanche 1er novembre, point de "temps de Toussaint" mais un temps quasiment estival. Je n'avais jamais vu autant de gens en short et tee shirt un dimanche de Toussaint !

Temps idéal pour aller chiner ! Puisque la saison de la chine se termine d'ailleurs, il ne devrait plus y avoir guère de vide-greniers, autant en profiter une dernière fois cette année...

Direction Meschers sur Gironde ce matin, puis après un rapide pique-nique sur le port, direction la citadelle de Brouage au coeur des marais pour quelques trouvailles !



- Ibicus, Livre 2 de Rabaté (Vent d'Ouest), l'occasion de découvrir cet auteur mais c'est vrai qu'avec le tome 1, ça aurait été pas mal !

- Lulu et la Grande Guerre de Fabian Grégoire (L'école des loisirs). Si son dessin me séduit moins ici que dans Le Phare de l'oubli et Les Évadés du Mont-Saint-Michel, j'ai envie de continuer ma découverte de cet auteur et voir son traitement de ce sujet.


- En voyant Le Bouc émissaire de Daphné Du Maurier (Picquier Phébus), je me suis rappelé un billet accrocheur lu sur L'Avenue.

- La Franc-Maconnerie de Luc Nefontaine me permet de continuer ma collection de Découvertes Gallimard, j'en ai une vingtaine.


- Et un Hitchcock de plus, signé cette fois Claude Chabrol et Eric Rohmer (Ramsay Poche Cinéma) ainsi que Tous en scène de Vincente Minelli (Ramsay Poche Cinéma) et Un demi-siècle à Hollywood de Raoul Walsh (Ramsay Poche Cinéma). Ma collection de livre sur le cinéma s'agrandit elle aussi.


- Et le DVD d'Incassable de M. Night Shyamalan !

Envie d'un petit tour de vélo ?

A bientôt !

vendredi 30 octobre 2015

Des Mensonges dans nos têtes - Robin Talley



Nous sommes en Virginie, un état du Sud des États-Unis en 1959. La Cour Suprême a statué depuis plusieurs années, les écoles ont l’obligation légale d’accueillir des élèves noirs. Beaucoup feront de la résistance pendant plusieurs années. Le Lycée Jefferson va pour la première fois accueillir des élèves noirs dans ses murs. Une victoire qui a un goût amer pour les Blancs qui comptent bien la faire payer à ces Noirs dont ils ne veulent pas chez eux.

Le roman débute par l’arrivée de ces lycéens. Une arrivée sous les huées, les insultes, les crachats, la colère et la haine. Sans parler des enseignants dont certains ferment les yeux. Une violence qui saisit le lecteur à la gorge.

Elèves noirs et élèves blancs vont donc être obligés de se côtoyer pour le plus grand déplaisir de chacun. L’occasion pour l’auteur de nous remettre en mémoire tous les préjugés qui avaient cours à l’époque. Si Sarah Dunbar est issue d’une famille noire, ouverte et pour l’intégration, Linda Hairston porte en elle tous les préjugés monstrueux inculqués par son éducation dans une famille blanche du Sud par un père haineux, au racisme échevelé, révolté par tous ces changements. Mais elle va finir par oublier les mensonges, ouvrir les yeux et son attirance, réciproque, pour Sarah n’y est pas pour rien…

Dans le contexte explosif ambiant, cet amour, doublement interdit, s’annonce pour le moins compliqué si ce n’est impossible…

J’ai vraiment été happé par ce roman. Au-delà de l’histoire d’amour entre deux jeunes filles que tout oppose, mise en avant dans la quatrième de couverture, c’est vraiment une histoire forte et poignante que nous livre Robin Talley avec ce premier roman dont la force vient notamment de sa construction. En nous mettant tour à tour dans la peau de ses deux héroïnes, dans des récits à la première personne, l’auteure amplifie l’identification à ses personnages.

Avec Des Mensonges dans nos têtes, c’est tout un pan de la déségrégation américaine que Robin Talley fait défiler sous nos yeux.

Merci à Babelio et aux Éditions Mosaïc !

"Quand papa était petit, il vivait en Alabama avec sa famille. Pour Thanksgiving, l'année de ses six ans, les gens de la ville ont commencé à dire qu'un de ses cousins, un adulte, avait volé une dinde. Les Blancs qui sont allés le voir chez lui ce soir-là n'étaient pas des policiers. Il n’y a pas eu de poursuites judiciaires, pas d'enquête. Après ce jour là, le cousin de papa n'a plus jamais marché."
"- Souviens-toi, dit-elle. Quand c'est trop dur, pense au Seigneur. Aie la foi. Il veille sur nous.
Je hoche la tête. Elle a raison, bien sûr.
N'empêche, j'ai souvent l'impression que le Seigneur veille sur nous d'un peu trop loin."
"C'est la première personne de couleur que le fréquente. Je croyais qu'ils étaient tous les mêmes, comme ceux dont parle papa - les fainéants trop bêtes pour entrer dans notre lycée, les criminels que l'on doit tenir à distance des femmes blanches.
Je ne savais pas qu'il y avait d'autres genres de Noirs. Des gens comme elle.
A part la couleur de sa peau, je ne pense pas que Sarah soit vraiment différente de moi."
"- [...] Et en parlant d'avoir quelque chose dans le crâne, tu trouves que détester des gens simplement à cause de la couleur de leur peau est une preuve d'intelligence ?"
"Intelligents et ségrégationnistes, c'est possible ça ? Où est la logique ? Où a germé l'idée de séparer les gens en fonction de la couleur de leur peau ?"  


ISBN 978 2 2803 3867 7
384 pages
2015
13,90€
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...