« Qui se souvient encore de Capucine ? »
C’est par cette phrase que je suis
venu à la lecture de ce livre. Je suis tombé en arrêt. En effet, qui se
souvient encore de Capucine ?
Moi-même, que sais-je vraiment d’elle ? Dans quels films l’ai-je
réellement vu jouer ?
En y réfléchissant, le premier
souvenir que j’ai d’elle remonte aux années quatre-vingt dans la mini-série
américaine La Griffe du destin, tirée
du roman de Judith Gould, Le Vent de l’oubli. Elle y incarne une
grande créatrice de mode française de l’après Deuxième Guerre mondiale. Un second rôle perdu au milieu d’une
pléiade de stars internationales. Capucine
semble y être rattrapée par son image d’éternelle représentante de la mode
française. Ce côté grande bourgeoise distinguée, un peu hautaine, et le regard
dans le vague.
Je me souviens aussi d’elle dans une
série policière allemande, Blaues Blut, dans le rôle de la Comtesse Von Altenberg. Impossible de m’en
rappeler le titre français et même le web semble l’avoir oublié. Encore un
second rôle, encore cette image qui la poursuivra inlassablement…
Née en 1928, Capucine passe ses premières années à Saumur. Jusqu’à ce jour où,
après avoir vu Joan Crawford sur
grand écran, elle annonce à son père qu’elle veut devenir actrice. Elle monte
alors à Paris où elle commence par servir dans les caves de
Saint-Germain-des-Prés avant d’exploser sur les podiums en tant que modèle.
Après un
bref mariage d’à peine
six mois, elle devient un des premiers modèles
à accéder au statut de mannequin vedette. De cette époque, elle garde
une amitié indéfectible avec Hubert de
Givenchy et Audrey Hepburn. Capucine devient alors l’incarnation de
l’élégance et du chic à la française et, après quelques petits rôles en France, ne tarde pas à succomber aux sirènes
d’Hollywood.
Là-bas, elle tourne avec les plus
grands, George Cukor, Henry Hathaway, Joseph L. Mankiewicz, Federico Fellini et Blake Edwards qui la fait jouer dans La Panthère Rose et ses deux suites. Jamais elle n’accède pourtant
à la reconnaissance de ses pairs et à des rôles à sa mesure. Le souhaitait-elle
vraiment ? Elle seule aurait pu le dire.
Au fil du temps, la star finit par se lasser de rôles toujours
un peu similaires et d’une vie qui ne lui convient plus. Son côté distant ainsi
qu’une propension pathologique à la dépression ont sans doute précipité les
choses.
Fuyant la capitale du cinéma, elle
se réfugie à Lausanne, où elle retrouve sa grande amie Audrey Hepburn. Elle y vit pendant vingt longues années, seule,
entourée de ses trois chats, totalement oubliée du monde du cinéma. Un jour de
mars 1990, sans doute plus insupportable encore pour elle que tous les
précédents, elle enjambe le
garde-corps de son balcon…
Souvenez-vous
de Capucine en lisant le livre de Blaise Hofmann !

ainsi qu'un lien vers l'hommage à la cinémathèque Suisse.
"My name is Germaine Lefebvre, but call me Capucine, just Capucine, nothing in front and nothing behind."
"Marylin. Capucine. La première s'est teint les cheveux en blond platine
et dessiné un grain de beauté sur la joue gauche. La seconde s'est
fabriquée un personnage de Parisienne glaciale et hautaine.
Deux styles aux antipodes pour un même objectif : captiver."
"Je jouais les femmes fatales. Mes couples se faisaient, se défaisaient,
je devins une croqueuse d'hommes, glamour, insolente. Je dénudais une
épaule, j'apprenais le regard de braise, la bouche de plaisir.
J'apprenais à ne jamais rater mon entrée. Un peu toxique, un peu
vénéneuse, un peu dangereuse, je voulais de l'action. Je voulais être
aimé à la folie ou pas du tout."
"Il m'avait dit que mes pommettes ressemblaient aux premières toiles de Picasso. Était-ce un compliment ?"
"Hollywood la fait rêver, même si Edwige Feuillère, avec qui elle avait sympathisé durant le tournage de L'Aigle à deux têtes, l'avais mise en garde :
Là bas, il faut sept ans pour créer une vedette internationale, à moins que ce ne soit pour détruire définitivement une vedette européenne !"
pour cette plongée dans le destin de Capucine !
ISBN 978 2 88182 960 4
224 pages
2015
18€